vendredi 6 novembre 2009

Le rapport qui accuse Israël devant les Nations unies

publié le jeudi 5 novembre 2009

Entretien avec Jean Ziegler
Entretien avec Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, alors que le rapport Goldstone est en débat à l’Assemblée générale de l’organisation internationale.

Une assemblée générale extraordinaire des Nations unies a lieu aujourd’hui pour débattre du rapport Goldstone qui accuse Israël et le Hamas de crimes de guerre durant l’offensive sur Gaza en décembre et janvier derniers. Il enjoint aux deux parties de lancer des enquêtes dans les six mois, sous peine de voir engagées des poursuites devant la Cour pénale internationale de La Haye. La résolution présentée par les pays arabes, et qui devrait faire l’objet d’un vote, demande que l’assemblée « requière du secrétaire général qu’il transmette le rapport (…) au Conseil de sécurité ». Les États-Unis et les pays européens devraient s’y opposer.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution soutenant les recommandations du rapport du juge Goldstone, sans l’accord des pays occidentaux. Que pensez-vous des modalités de cette adoption  ?

Jean Ziegler. Il est scandaleux que les gouvernements occidentaux n’aient pas voté pour cette résolution qui demandait pourtant l’évidence aux deux parties, Hamas et gouvernement israélien, ouvrir des enquêtes sur les crimes constatés dans le rapport du juge Goldstone. Sinon, le Conseil de sécurité devrait transférer le dossier à la Cour pénale internationale (CPI). Sous la pression américaine, les Européens n’ont pas voté. C’est aussi une profonde déception vis-à-vis du gouvernement Obama, qui n’a pas seulement été instrumentalisé par les Israéliens, mais a pris l’initiative  : il a exercé une pression extrême sur Mahmoud Abbas pour que son ambassadeur à Genève s’oppose à la résolution.

Quelle suite peut-on attendre après cette adoption  ?

Jean Ziegler. La résolution adoptée demande que des enquêtes nationales soient menées, notamment sur le terrorisme d’État israélien, et que des procès soient ouverts pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre un certain nombre de responsables désignés dans le rapport. Si Israël ne donne pas suite, ce qui est probable, le rapport dit que le Conseil de sécurité de l’ONU doit demander l’ouverture d’une procédure devant le CPI, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre relevant de sa compétence [1]. L’incertitude est la suivante  : les Américains vont-ils opposer leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU  ? Le faire reviendrait à ratifier les crimes commis par Israël. Le masque tomberait alors totalement.

En quoi ce rapport et l’adoption de cette résolution constituent-ils, quoi qu’il arrive, une avancée  ?

Jean Ziegler. C’est la première fois qu’une commission d’enquête est acceptée en territoires occupés par le gouvernement israélien. En 2006, après les massacres de Beit Hanoun, la commission dirigée par l’archevêque Desmond Tutu avait été refoulée. Cette fois, les autorités ont dû accepter sous la pression de l’opinion publique, y compris en Occident.

Pendant seize jours, Richard Goldstone et ses collaborateurs ont séjourné et enquêté à Gaza, menant plus de 1 800 entretiens. Le résultat est une formidable masse de documents. Même les ambassadeurs occidentaux à l’ONU, qui n’ont pas voulu adopter la résolution, ont reconnu que c’est un travail extraordinairement précieux et précis.

D’autre part, le rapport a été adopté, le mécanisme est en route. Même s’il se heurtait finalement au veto américain au Conseil de sécurité, il va renforcer l’opposition interne en Israël, aider l’opinion publique mondiale à prendre conscience de l’effroyable tragédie vécue par le 1,5 million de personnes enfermées dans le ghetto de Gaza, et rendre très difficile la poursuite de la politique de soutien de l’Union européenne à la politique d’occupation du gouvernement de Tel-Aviv. Le travail réalisé dans ce rapport a une importance historique. C’est un immense acquis pour la vérité et la justice internationale.

[1] voir aussi associated press

Gaza : l’Autorité palestinienne veut saisir le Conseil de sécurité et la CPI

L’Autorité palestinienne a fait savoir mercredi qu’elle entendait saisir le Conseil de sécurité des Nations unies et la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes de guerre supposés commis lors de la dernière offensive israélienne dans la Bande de Gaza.

L’observateur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a appelé l’Assemblée générale à adopter une résolution, issue du rapport Goldstone sur l’opération israélienne, enjoignant Israël et les Palestiniens à mener des enquêtes indépendantes sur des violations des droits de l’Homme présumées pendant le conflit à Gaza en décembre et janvier derniers.

Il a toutefois insisté sur le fait que "les agressions et les crimes" d’Israël ne pouvaient être comparés aux "actions menées par la partie palestinienne en réaction".

"Nous sommes déterminés à suivre ce rapport et ses recommandations devant tous les forums internationaux pertinents, parmi lesquels le Conseil de sécurité et la Cour pénale internationale, jusqu’à ce que justice soit faite", a déclaré Riyad Mansour, ajoutant qu’"on ne peut parvenir à la paix sans justice".

L’ambassadrice israélienne à l’ONU, Gabriela Shalev, a, de son côté, déclaré que "le rapport Goldstone et ce débat n’agissent pas pour la paix" mais "nuisent aux efforts pour redonner vie aux négociations dans notre région".

Le rapport Goldstone -du nom du magistrat sud-africain Richard Goldstone qui l’a supervisé- accuse Israël et les Palestiniens d’avoir chacun commis des crimes de guerre lors de l’opération "Plomb durci". Il demande à Israël et aux Palestiniens de mener des enquêtes crédibles et de traduire les éventuels coupables devant leurs tribunaux. En cas de refus, le rapport recommande que le Conseil de sécurité soit saisi et transfère le dossier à la CPI.

Cette hypothèse parait toutefois peu envisageable. Les Etats-Unis, alliés d’Israël, ont en effet déjà fait savoir que le rapport Goldstone n’avait pas vocation à être traité par le Conseil de sécurité, mais par le Conseil des droits de l’Homme, à Genève.

http://fr.news.yahoo.com/3/20091104...

entretien réalisé par Charlotte Bozonnet

publié par l’Humanité

http://www.humanite.fr/2009-11-04_I...


Abbas ne se représentera pas

06/11/2009

Une décision qui intervient après les déclarations d'Hillary Clinton et alors que le Hamas et le Fateh n'arrivent pas à se réconcilier.
Le président Mahmoud Abbas a annoncé hier soir qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête de l'Autorité palestinienne lors des élections générales prévues le 24 janvier. « J'ai dit au comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et au comité central du Fateh que je ne souhaite pas me présenter à la prochaine élection (présidentielle) », a affirmé M. Abbas lors d'une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie. « Ce n'est pas une manœuvre. J'espère que tout le monde comprendra cette décision et je vais m'efforcer de la faire comprendre », a-t-il ajouté.
« Le président Abbas a dit plus d'une fois qu'il ne veut pas être un candidat (à la présidentielle) en raison de son sentiment de grande frustration devant la position américaine sur le processus de paix », a expliqué un dirigeant du Fateh (le parti de M. Abbas), Nabil Chaath.
Le week-end dernier, lors d'une visite à Jérusalem, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exprimé son soutien à la position du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui veut une reprise des pourparlers sans préconditions et ne propose qu'un gel partiel de la colonisation. Même si Mme Clinton a fait marche arrière depuis, ses propos à Jérusalem ont suscité une immense surprise et de l'incompréhension, sinon de la colère, dans le camp palestinien.
Illustration de son mécontentement face à la concession aux Israéliens par Hillary Clinton, Abbas a salué les efforts de l'administration Obama pour la cause de la paix, tout en ajoutant : « Nous avons été surpris de voir (les Américains) pencher pour la position israélienne. »
« Les Américains ont abandonné leurs obligations », a déploré Nabil Chaath, soulignant que les Palestiniens avaient de leur côté respecté tous les engagements envers la communauté internationale depuis l'adoption de la « feuille de route » en 2003. Hier soir, la Maison-Blanche a salué en Mahmoud Abbas un « vrai partenaire » des États-Unis. « Je dirais simplement que, quelle que soit sa décision, nous comptons continuer à travailler avec lui », a dit le porte-parole du président Obama, Robert Gibbs, à la presse sans s'exprimer sur l'impact d'une telle décision sur un processus de résolution du conflit israélo-palestinien qui est déjà bien mal en point et dont M. Abbas était un acteur primordial.
Le geste fort de M. Abbas intervient aussi alors que le camp palestinien est profondément divisé, le Fateh et le Hamas (qui contrôle la bande de Gaza) étant incapables de se réconcilier en dépit d'une médiation de l'Égypte. Le Hamas s'est abstenu de commenter « une décision interne du Fateh », mais il a fait porter la responsabilité de la décision de M. Abbas sur les États-Unis et Israël. « Nous interprétons cette initiative (de M. Abbas) comme un message de désaveu envers ses amis israéliens et américains après qu'ils l'ont ignoré et instrumentalisé », a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas. Les deux principaux mouvements palestiniens sont à couteaux tirés depuis la violente prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, en juin 2007, au détriment du Fateh, après 18 mois de coexistence houleuse au pouvoir. Mahmoud Abbas, 74 ans, plus connu auprès des siens sous son nom de guerre d'Abou Mazen, avait pourtant été triomphalement élu à la présidence de l'Autorité palestinienne le 9 janvier 2005. Depuis, il n'a eu de cesse de répéter qu'il œuvrerait à la création d'un État palestinien indépendant, avec Jérusalem comme capitale, au règlement du problème des réfugiés et la libération des détenus palestiniens. Mais ce négociateur infatigable à la réputation de pragmatique n'a pas réussi à faire fléchir Israël.

jeudi 5 novembre 2009

Israël étend son contrôle sur les ressources naturelles des Palestiniens

Montréal, le 4 novembre 2009 –

L’occupation et l’exploitation illégales des territoires palestiniens par Israël se font largement au détriment du droit d’accès des Palestiniens aux ressources naturelles présentes sur leur territoire. Dans un rapport circonstancié déposé le 27 octobre 2009, Amnistie Internationale accuse l’État israélien d’empêcher les Palestiniens d’accéder aux ressources d’eau potable en exerçant « un contrôle total sur les ressources communes et en menant des politiques discriminatoires ». Outre ces limitations abusives au niveau de l’accès à l’eau, les Palestiniens se voient également dépossédés de leurs terres et, partant, de leur moyen de subsistance. Chaque année, les paysans perdent ainsi des quantités importantes de fruits et de légumes, des têtes de bétail et des pâturages, de même que les revenus qu’ils peuvent en retirer.

Les chiffres évoqués dans le plus récent rapport d’Amnistie sont révélateurs: Israël accapare plus de 80 % de l'eau provenant de l'aquifère de montagne, principale source souterraine en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, mais limite à seulement 20 % la consommation des Palestiniens. Or, cette source d’eau est la seule disponible pour les Palestiniens de Cisjordanie, alors qu’Israël peut compter sur plusieurs sources d’approvisionnement et se réserve toute l’eau disponible du Jourdain. Les Israéliens consomment plus de 300 litres d’eau par personne et par jour, soit quatre fois plus que les maigres 70 litres des Palestiniens, une quantité nettement inférieure aux 100 litres recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« L’accès à l’eau potable est un enjeu stratégique de taille dans les relations israélo-palestiniennes et un puissant levier politique », rappelle Tom Woodley, le président de CJPMO. « Les restrictions imposées par Israël, notamment par l’annexion de nombreux points d’eau palestiniens avec la construction illégale du Mur, créent une situation particulièrement choquante dans laquelle des colons israéliens, établis en Cisjordanie en violation du droit international, bénéficient d’une abondance quasi illimitée en eau potable alors que leurs voisins palestiniens peinent à pourvoir à leurs besoins les plus primaires ».
Le droit d’accès des Palestiniens à leurs terres cultivées est également bafoué par l’occupation israélienne, particulièrement en ce qui a trait à la production des olives, activité agricole au coeur de l’économie palestinienne. La semaine dernière fut particulièrement difficile pour les cueilleurs d’olives de la région de Naplouse qui, tentant de se rendre à leurs oliveraies, ont été accueillis par un blocage israélien et interdit d’accès par les soldats parce qu’ils n’avaient pas obtenu le permis nécessaire. Cette loi injuste et discriminatoire avait pourtant été passée seulement trois jours avant le début de la cueillette et ce, à l’insu de la population locale. La situation est d’autant plus tragique que la vente des produits issus de la cueillette des olives représente 25 à 50 % du revenu annuel d’une famille de paysans.
On estime que dans plusieurs parties de la Cisjordanie, jusqu’à 80 pour cent des Palestiniens ayant des terres de l’autre côté du Mur n’obtiennent pas de permis de la part des autorités israéliennes, et sont donc dans l’impossibilité de cultiver leurs champs. « L’occupation israélienne prive les Palestiniens de leurs droits fondamentaux les plus élémentaires, tant le droit au développement, le droit à la souveraineté sur leurs ressources naturelles, voire le simple droit à l’alimentation », conclut Woodley.
À propos de CJPMO – Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) est une organisation séculaire, sans but lucratif, regroupant des hommes et des femmes d’horizons divers qui oeuvrent pour que la paix et la justice renaissent au Moyen-Orient. Elle a pour vocation de responsabiliser les personnes d’influence à traiter les protagonistes avec équité et à favoriser l’essor durable et équilibré de la région.

Pour plus d’informations, contactez Grace Batchoun au 514-745-8491 ou grace.batchoun@cjpme.org.

Canadiens pour la Justice et Paix au Moyen-Orient www.cjpme.org

Le droit international à l’épreuve d’un massacre

jeudi 5 novembre 2009 - 06h:24

Pierre Barbancey
L’Humanité

Malgré toutes ses tentatives et le soutien que lui ont apporté les États-Unis et les pays de l’UE, Israël n’a pu éviter que le rapport de la commission présidée par le juge Richard Goldstone soit présenté devant l’Assemblée générale de l’ONU. La résolution qui pourrait être votée 
à cette occasion ne serait certes pas contraignante 
mais accroîtrait très certainement la pression sur Tel-Aviv.

À quoi sert de dénoncer les atteintes aux droits 
de l’homme ou les crimes de guerre aux quatre coins de la planète si ces préceptes sont immédiatement oubliés dès lors qu’il s’agit d’Israël  ? À cet égard, Barack Obama ne fait pas montre de grande originalité  : il se comporte comme ses prédécesseurs, refusant toute sanction contre Israël. Ce n’est pas pour rien que Washington 
est toujours incapable d’imposer le moindre mécanisme de reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens 
ou d’empêcher la poursuite de la colonisation. 


Le comportement de la France n’est guère plus brillant. Il est vrai que son ambassadeur en Israël, Christophe Bigot, a déclaré, sans être rappelé à l’ordre par l’Élysée  : « J’ai du mal à croire que des soldats israéliens aient tué délibérément des civils palestiniens. Nous savons tous comment l’armée israélienne opère à Gaza. Nous savons bien que ce n’est pas le cas » (sic).

Côté israélien, alors que le gouvernement Netanyahou refuse de diligenter une véritable enquête sur le comportement de ses troupes à Gaza, l’historien Zeev Sternhell, dans un article publié par le quotidien Haaretz, 
a bien cerné le problème. « Plus le temps passe, plus l’aspect légal sera évité, et plus ce sera la dimension morale du rapport qui sera gravée dans notre conscience et celle du monde. » Si un pays peut tuer plus de 1 400 personnes, principalement des civils, sans avoir à rendre de comptes à la justice des hommes, alors ne nous étonnons pas si des massacres du même type sont perpétrés dans les prochaines années.

4 novembre 2009 - Le web de L’Humanité

Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.humanite.fr/2009-11-04_I...

Multiplication des dépôts de plainte contre les criminels de guerre israéliens

mardi 3 novembre 2009 - 20h:09

Mel Frykberg - IPS

Alors que les implications juridiques et morales du rapport du juge Goldstone concernant l’agression militaire d’Israël contre Gaza continuent à se développer, les Palestiniens de Gaza prennent les choses en main et préparent des poursuites judiciaires.

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Des colonnes de fumée s’élèvent au-dessus de Rafah après des frappes aériennes. Tous les moyens possibles ont été déployés par Israël pour s’attaquer à la population civile dans Gaza - Photo : AFP

Le service juridique du ministère de la défense israélien a reçu environ 1500 avis de procès civils à venir contre l’armée israélienne suites aux dommages causés aux Palestiniens et à leurs biens pendant l’opération « Cast Lead », nom de code donné par Israël à son attaque qui a duré trois semaines sur le territoire côtier.

Israël devrait répliquer en affirmant qu’il se battait sur un territoire étranger et donc qu’il ne porte aucune responsabilité juridique à la suite de sa campagne de bombardements intensifs.

Toutefois, en vertu du droit international, le territoire de Gaza est toujours considéré comme occupé par Israël car les autorités israéliennes continuent à contrôler les frontières, l’espace aérien, les côtes, l’enregistrement de la population, et les approvisionnement en électricité et en eau.

L’armée israélienne a également établi des zones tampon à l’intérieur des frontières de Gaza et interdit aux agriculteurs palestiniens de s’approcher de leurs terres agricoles situées dans les zones tampon. Un certain nombre de Palestiniens ont été tués ou blessés pour avoir pénétré dans ces zones.

En outre, la marine israélienne empêche les pêcheurs palestiniens de gagner leur subsistance le long du littoral de Gaza en limitant la pêche dans une zone de trois miles nautiques. Plusieurs pêcheurs ont été tués, plusieurs autres blessés, et des dizaines de bateaux ont été détournés ou détruits pour s’être avancés au-delà de cette limite [et dans d’autres cas même en l’ayant respectée... N.d.T].

Tandis que le rapport des Nations Unies sur les crimes de guerre à Gaza, réalisé sous la responsabilité du juge Richard Goldstone d’Afrique du Sud, continue de gagner en légitimité internationale, les habitants de Gaza à l’origine des poursuites civiles - qui comprennent des revendications se montant à des dizaines de millions de dollars - lancent leur action sans attendre le verdict final des Nations Unies.

Le rapport Goldstone devrait être discuté à l’Assemblée générale de l’ONU cette semaine.

Ce n’est pas la première fois que les Palestiniens ont intenté des poursuites contre les militaires israéliens. Il y a eu des précédents au cours de la première et deuxième Intifadas [ou soulèvements] où des Palestiniens ont obtenu une compensation financière pour les blessures subies lors d’affrontements avec l’armée israélienne.

En raison de ces précédents, la Knesset - le parlement israélien - travaille sur l’élaboration d’une nouvelle loi qui limitera considérablement les poursuites judiciaires pouvant être lancées par des Palestiniens contre l’État. Seules des plaintes exceptionnelles sur des questions humanitaires seront examinées.

En même temps que les habitants de Gaza se préparent à prendre des initiatives sur le plan juridique, des avocats des droits de l’homme et des militants pro-palestiniens dans un certain nombre de pays européens préparent des listes avec les noms des officiers israéliens qu’ils disent être impliqués dans des crimes de guerre à Gaza.

Les avocats ont recueilli des témoignages palestiniens ainsi que d’autres preuves. La législation dans un certain nombre de pays européens permettrait que des mandats d’arrêt soient lancés contre les officiers en cause au cas où ils mettent le pied dans ces pays, qui comprennent la Grande-Bretagne, la Hollande, l’Espagne, la Belgique et la Norvège.

Daniel Machover, l’un des avocats en question, a déclaré au quotidien israélien Haaretz qu’une liste de noms d’officiers israéliens était déjà paux mains de la police britannique et qu’en cas de voyage en Grande-Bretagne, ils pourraient se retrouver en détention.

L’armée israélienne a déjà informé les officiers israéliens concernés de consulter des experts juridiques au ministère israélien des Affaires étrangères pour obtenir des conseils avant de voyager à l’étranger. Ces conseils recommandent notamment de garder un profil bas dans certains pays et d’en éviter d’autres.

Le rapport Goldstone a renforcé les arguments des avocats européens ainsi que la préparation des procès intentés par les habitants de Gaza, et il a aussi poussé le ministère israélien des Affaires étrangères à prendre des mesures en conséquence.

Pour contrer le rapport Goldstone, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a approuvé mardi la création d’une équipe spéciale comprenant le Procureur général Menachem Mazuz et le procureur militaire général Avihai Mandelblit ainsi que le conseiller juridique du ministère des Affaires étrangères.

Nétanyahou a promis qu’aucun soldat ou officier israélien ne sera amené devant une commission d’enquête, mais la réaction israélienne semble trop faible et trop tardive.

Gabriela Shalev, ambassadeur d’Israël au Nations Unies, a averti mercredi que les dommages causés à Israël à l’étranger ne disparaîtraient pas, même si Israël menait une enquête indépendante sur la guerre comme il est conseillé par la communauté internationale.

« Il ne s’agit pas ici de questions juridiques et nous ne devrions pas nous leurrer en imaginant que le rapport va disparaître si nous lançons une enquête », dit Shalev au cours d’un débat tenu à l’institut de la démocratie en Israël.

« Nous assistons à un mouvement montant et insidieux contre l’État d’Israël, du genre que nous n’avons pas vu depuis de nombreuses années », a-t-elle ajouté.

Le Docteur Samir Awad de l’Université de Birzeit, près de Ramallah, estime que même si Israël suit les conseils de ses alliés et mène une enquête sur la guerre de Gaza afin de minimiser les critiques internationales, sa réputation s’est dégradée de façon irréversible.

« La seule façon possible de réduire les dommages à la réputation d’Israël serait pour Israël d’entamer de véritables et sérieuses négociations de paix avec les Palestiniens, et encore je ne pense pas que cela réussirait à contrer la crédibilité du rapport Goldstone, » a déclaré Awad à IPS .

« Le dommage a été fait », reconnaît le professeur Moshe Maoz de l’Université hébraïque de Jérusalem. « Les informations sont partout dans le monde. Même si Israël arrive avec une contre-rapport et une enquête indépendante crédible, tout ce que cela ferait c’est de réduire les retombées », a déclaré Maoz à IPS.

2 novembre 2009 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : Info-Palestine.net

Il est temps d’admettre qui sont les véritables victimes

mercredi 4 novembre 2009 - 06h:19

Jerusalem Post
The Palestine Telegraph

Auschwitz, les agneaux allant à l’abattoir. Vous vous rappelez de nous, le peuple de l’Holocauste ? Ce n’est pas la superpuissance du Moyen-Orient que vous avez vu combattre à Gaza. C’était les six millions.

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Netanyahu évoquant Auschwitz à la tribune de l’ONU le 24 septembre 2009 - Photo : Reuters


Le rapport en nombre de morts est de 1 à 100, en notre faveur. S’agissant des destructions, c’est beaucoup, beaucoup plus. A ce jour, des milliers de Gazaouis vivent dans des tentes parce que nous ne leur permettons pas de faire venir le ciment pour reconstruire les maisons que nous avons démolies. Nous avons fait de la bande de Gaza une zone sinistrée, une question humanitaire, et nous la maintenons en l’état avec notre blocus.

Pendant ce temps, ici, du côté israélien de la frontière, nous n’arrivons pas à nous rappeler quand la vie a été aussi tranquille et sécurisée.

Alors décidons : qui ont été les victimes de l’opération Plomb durci, eux ou nous ?

La question ne se pose pas, c’est nous. Nous, les Israéliens, nous avons été les victimes et nous le sommes toujours. En réalité, notre état de victime ne fait qu’empirer de jour en jour. Le rapport Goldstone est le véritable crime de guerre. Le rapport Goldstone, les débats aux Nations unies, Amnesty International, Human Rights Watch, la Croix-Rouge, B’Tselem, les soldats traîtres de Briser le Silence et l’Académie des Rabins - tous sont les vrais crimes contre l’humanité. C’est cela qu’on entend par « la guerre est un enfer ».

C’est nous qui avons traversé l’enfer de la guerre à Gaza. C’est nous qui avons souffert.

Les Gazaouis ? Ils souffrent ? Mais de quoi parlez-vous tous ?

Nous leur permettons de manger, non ?


Ce monologue imaginaire montre en réalité comment nous nous voyons aujourd’hui. Nous avons lancé la guerre à Gaza, nous avons déclanché l’une des campagnes militaires les plus inégales qu’on puisse connaître, mais nous sommes les victimes.

Nous nous battons contre le monde avec l’Holocauste ; à preuve les propos du Premier ministre Binyamin Netanyahu à l’ONU sur Auschwitz. Et son protégé, le ministre des Finances, Yuval Steinitz, qui promet : « Nous n’irons pas à l’abattoir comme des agneaux une fois encore, » lors d’une discussion au cabinet à propos du rapport Goldstone.

Auschwitz, les agneaux allant à l’abattoir, l’opération Plomb durci. Pour les Israéliens aujourd’hui, tout cela forme un tout, une seule histoire, l’héritage ininterrompu d’une vertueuse position de victime.

La vérité c’est que l’Etat d’Israël n’a jamais été une victime, et le fait que nous nous assimilions aux six millions a été gênant dès le début - mais maintenant ? Après ce que nous avons fait à Gaza ? Avec la mainmise que nous avons sur cette société, alors que nous vivons ici libres et tranquilles ?

Des victimes ? Des agneaux à l’abattoir ? Nous ?

Non, et c’est devenu bien plus que gênant, c’est absolument honteux.

Et malgré nos excuses, il n’est pas vrai que nous soyons « traumatisés » par le passé dans la conviction que nous sommes toujours des juifs faibles, apeurés, impuissants, sur le point d’être conduits aux chambres à gaz. Beaucoup de survivants de l’Holocauste gardent cette conviction, et dans une proportion très limitée, ce vestige de peur occupe encore l’esprit israélien.

Mais maintenant, 64 ans après l’Holocauste, 42 ans après avoir vu avec la guerre des Six Jours à quel point nous étions devenus forts, nous savons, que nous nous l’avouions ou pas, que nous ne sommes plus les victimes. Nous savons que nous ne sommes pas la continuité des six millions mais au contraire qu’on s’en éloigne délibérément, purement et simplement.

LA RAISON pour laquelle nous nous disons et que nous disons au monde que nous sommes les victimes, c’est parce que nous savons, que nous en convenions ou pas, que l’état de victime représente un pouvoir. L’état de victime c’est la liberté. On ne peut pas demander à une victime de se contenir. Une victime qui se bat pour sa survie ne peut être accusée d’abuser de son pouvoir puisque après tout, elle a le dos au mur, elle est désespérée.

Au vu des faits, il est très difficile de nous convaincre nous-mêmes, et à fortiori de convaincre les autres, que Gaza et ses Qassams avaient mis la forteresse Israël le dos au mur, que nous étions désespérés, que nous combattions pour survivre. Aussi, pour se convaincre et pour convaincre le monde qu’il en était vraiment ainsi, nous faisons deux choses.

Un, nous refusons de reconnaître le moindre fait qui contredise cette image qui nous montre comme des victimes et, au contraire, nous ressassons encore et encore tout ce qui est conforme à cette image.

Nous parlons uniquement des milliers de Qassams qui furent lancées sur Sderot ; nous ne mentionnons jamais les milliers de Gazaouis que nous avons assassinés dans le même temps.

Nous parlons uniquement de Gilad Shalit ; nous ne mentionnons jamais les 8 000 Palestiniens que nous retenons prisonniers.

Nous ne parlons jamais de notre blocus que nous maintenons sur Gaza, ni des ravages qu’il provoque dans sa population.

La seconde chose que nous faisons pour nous convaincre et pour convaincre le monde que nous sommes toujours les victimes, c’est de ne jamais, au grand jamais, sortir de l’Holocauste - parce que c’est là que nous avons vraiment été des victimes. Des victimes comme personne n’en a jamais eues, des victimes un million de fois pire que les Gazaouis.

Auschwitz, les agneaux allant à l’abattoir. Vous vous rappelez de nous, le peuple de l’Holocauste ? Ce n’est pas la superpuissance du Moyen-Orient que vous avez vu combattre à Gaza.

C’était les six millions.

Alors, vous ne pouvez pas nous blâmer. Nous sommes immunisés contre vos critiques. Nous sommes les plus grandes victimes que le monde ait jamais connues. Nous sommes désespérés, alors ne nous parlez pas de ratios sur le nombre de tués, ni d’usage disproportionné de la force, ni de punition collective. Nous combattons pour notre survie.

C’est ce que nous nous disons à nous-mêmes et que nous disons au monde, et, vu ce que nous avons fait et que nous faisons toujours à Gaza, c’est devenu intolérable. Non, nous ne sommes pas les 6 millions. Les 6 millions était des juifs impuissants, il y a de cela trois générations ; nous ne pouvons pas enrober nos abus de pouvoir de leur tragédie.

Au lieu de cela, jetons un regard, un vrai regard critique sur ce que nous avons fait et faisons toujours à faire à Gaza. Jetons un vrai regard critique dans la glace. Et avouons alors qui est la véritable victime, ici et maintenant.

Et plus important encore, qui ne l’est pas.

1er novembre 2009 - The Palestine Telegraph - traduction : JPP

Les colonies sont un terreau fertile pour le terrorisme

jeudi 5 novembre 2009 - 06h:19

Gideon Levy
Ha’aretz

La parade des bien-pensants s’est ébranlée dimanche soir. Ils ont décrit Yaakov Teitel comme un « élément étranger », une « pomme pourrie » et une « épine sauvage ». Même s’il a agi seul, s’il a parlé et halluciné en anglais, même s’il est mentalement perturbé comme l’a prétendu son avocat, cela ne change rien au fait que ce Jack l’Eventreur venant de la colonie cisjordanienne de Shvout Rachel - contrairement à son prédécesseur londonien - a agi sur un terreau des plus fertiles.

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L’organisation juive Mishmeret Yesha entraîne ses membres à combattre les Palestiniens qui se révoltent contre la spoliation de leurs terres par les colons. Mishmeret Yesha ne reconnaît aucun droit aux Palestiniens. Sur cette image, des membres de l’organisation terroriste s’entraînent dans une école de la colonie d’Yitzhar.

Oui, les colonies et en particulier les avant-postes illégaux où Teitel vivait et avait ses armes, de même que la colonie kahaniste de Kfar Tapuah où il a fait ses débuts, ce sont vraiment des endroits pour de dangereux fêlés comme lui. C’est leur refuge, là où ils peuvent cacher des armes sans être embêtés et partir pour des expéditions haineuses et meurtrières sans être vus.

Ce n’est pas une coïncidence : jamais un terroriste ou un tueur n’est sorti de La Paix Maintenant, de Gush Shalom ou de Yesh Gvoul. Par contre, avec l’aide de dieu, nous avons déjà vu deux terroristes assassins issus de Shvout Rachel. Jamais un gauchiste n’a appelé à la mort de quelqu’un qui n’était pas d’accord avec lui - c’est quelque chose que nous devons toujours nous rappeler quand nous parlons de gauche et de droite.

Bien sûr, nous devons prendre nos distances de tout le groupe des colons qui ne cessent de répandre ces métastases. Quand une colonie est issue d’une faute, le péché de la terre volée, le fusil reste au repos pendant le premier acte, l’acte de confiscation illégale de la terre. Mais vous pouvez être sûr qu’il y aura toujours quelqu’un pour presser la détente durant l’acte final.

N’importe qui n’est pas un Teitel, et il est clair que tout colon n’est pas un tueur. Mais aucune équipe d’investigation spéciale n’a été constituée quand une expédition meurtrière s’est mise en route il y a quelques semaines, laissant une oliveraie rasée. L’erreur fatale de Teitel fut de se tourner vers d’autres juifs. S’il s’était contenté d’actes meurtriers contre la population palestinienne, jamais il n’aurait été pris.

Teitel avait une vision du monde organisée, panoramique. Mort aux arabes, aux homosexuels, aux chrétiens, aux gauchistes et aux juifs messianiques. Tous étaient des « sodomites » impurifiables. Teitel a mis à prix leur tête à chacun, tout comme l’ont fait d’autres de ses amis colons. La différence est que les autres mettaient à prix la tête des seuls Palestiniens, si bien que personne ne se préoccupait de les arrêter. Teitel était tout aussi « déséquilibré » que ses compagnons. Et du reste, est-ce qu’un terroriste palestinien a jamais été déclaré « déséquilibré » ? Le Shin Beth a-t-il jamais utilisé l’expression « a agi seul » pour justifier des folies meurtrières ininterrompues et non résolues pendant toute une décennie, commises par un Palestinien solitaire ?

Aujourd’hui chacun hoche la tête. Les colons prétendront « ne rien avoir à faire avec tout cela », ils lèveront les yeux au ciel et clameront bien vite de rudes et creuses dénonciations. Le Shin Beth et la police brandiront le drapeau de la victoire pour montrer qu’ils ne lésinent pas avec les colons, et la Belle au bois dormant qu’est la gauche continuera à se draper de complaisance. Mais il y a d’autres Teitel qui se baladent dans ce pays d’occupation et de négligence, et aussi longtemps qu’ils ne porteront pas la main sur d’autres juifs, personne ne leur demandera des comptes - et même cela pourrait bien changer.

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2 novembre 2009 - Haaretz - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.haaretz.com/hasen/spages...
Traduction de l’anglais : Marie Meert

La fin du « tout est permis » ?

jeudi 5 novembre 2009 - 06h:21

As’ad AbuKhalil - Al Jazeera

Un Etat qui a déclaré avec arrogance être une « lumière pour les nations » est devenu un symbole d’agression, de crimes de guerre, et de discrimination ethnique et religieuse, écrit As’ad Abu Khalil.

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10 janvier - Manifestation à Barcelone contre les crimes israéliens à Gaza - Photo : AP

Plus de 60 années après avoir été fondé en lieu et place d’une nation existante, Israël fait face à d’inhabituelles circonstances.

Cet Etat a amassé un énorme arsenal d’armes de destruction massive et a construit un appareil militaire impressionnant (en grande partie grâce à des soutiens extérieurs venus d’abord de France puis des États-Unis). Il a aussi remporté des guerres successives contre les régimes arabes.

Pourtant, Israël fait face à de nombreux défis politiques et même existentiels. Un Etat qui a déclaré avec arrogance être une « lumière pour les nations » est devenu un symbole d’agression, de crimes de guerre, et de discrimination ethnique et religieuse.

Un Etat qui a toujours bénéficié du soutien américain pour maintenir sa supériorité militaire sur les régimes arabes a été humilié par quelques centaines de jeunes combattants sur le champ de bataille du sud-Liban en 2006.

Un Etat qui se vante depuis des décennies des compétences et de la supériorité de son appareil de renseignement, a loupé une tentative d’assassinat contre Khaled Mishaal, le dirigeant du Hamas, et ont enlevé un agriculteur libanais en 2006 parce que son nom était Hasan Nasrallah (et il a fallu des « experts » israéliens et plusieurs jours pour réaliser que ce n’était « pas le bon » Hasan Nasrallah).

Un Etat qui a signé des traités de paix avec plusieurs régimes arabes et qui entretient des relations secrètes avec beaucoup d’autres, reste haï par le public arabe et musulman.

Il semble que plus Israël devient fort, plus il devient impuissant à faire changer son statut dans la région.

L’opinion dans le monde a changé

Le rapport Goldstone n’a fait qu’ajouter aux problèmes d’Israël.

Israël a d’abord compté sur les États-Unis pour couvrir ses crimes de guerre et les Etats-Unis se sont toujours précipités, que ce soit au Nations Unies ou au Congrès, pour sauver Israël de la condamnation et la honte.

Les États-Unis ont le plus souvent utilisé leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies au bénéfice d’Israël.

Israël a compris, en particulier depuis la Guerre froide, qu’il pouvait toujours compter sur son allié américain pour le sauver de poursuites internationales pour crimes de guerre, pouvant en particulier venir de la Cour pénale internationale (CPI).

Mais Israël est également conscient que l’opinion publique à l’égard d’Israël a changé partout dans le monde. Même le gouvernement turc (un allié stratégique clé depuis des décennies) a été obligé de prendre ses distances, en grande partie pour répondre aux pressions de son opinion publique.

L’opinion publique dans les pays européens a changé en faveur des Palestiniens, même dans les pays - comme l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Suède et le Danemark - où le soutien fanatique à Israël a été une constante politique de la part des gouvernements depuis des dizaines d’années.

Les votes concernant Israël à l’Assemblée générale des Nations Unies sont tout à fait indicatif. Année après année, Israël se retrouve dans un petit groupe qui comprend les États-Unis, les Îles Marshall et la Micronésie. Le reste du monde est de l’autre côté, bien que certains alliés européens des Etats-Unis s’abstiennent souvent de voter par peur de mesures de rétorsion.

Erreur de calcul

Quand Israël a demandé l’aide des États-Unis, l’administration de Barack Obama, le président américain, a cru que la question serait simple.

Mahmoud Abbas, le président palestinien, ne peut refuser aucune demande venue des États-Unis, peu importe l’humiliation imposée. Ainsi, M. Abbas a succombé aux pressions américaines et a demandé à son ambassadeur à Genève d’écarter tout débat sur le rapport Goldstone au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Les Etats-Unis (et le régime d’Abbas, ironie du sort) ont fait un mauvais calcul. Ils ne se rendaient pas compte qu’il y avait des limites que même la direction du Fatah ne pouvait franchir. Mais, il était trop tard pour inverser la tendance : Le gouvernement israélien a dû choisir entre permettre à la discussion d’aller de l’avant ou saper la crédibilité - ou le peu qu’il en reste - du régime d’Oslo de Ramallah.

Et Israël est confronté à d’autres dilemmes sur cette question. Il peut insister en disant que le rapport est partial, mais cette fois il ne peut pas accuser son auteur d’antisémitisme. On ne peut pas accuser Goldstone de sympathiser avec l’islam ou l’intégrisme islamique. Le juge, comme sa fille en a informé les médias israéliens, est un sioniste qui se soucie Israël, mais les preuves de crimes de guerre ont été écrasantes.

Le gouvernement israélien ne peut pas recourir à la propagande avec les clichés utilisés pendant des décennies au complet mépris des lois et du droit au niveau international.

Les États-Unis ne devrait pas pouvoir tirer Israël d’affaire cette fois-ci, car de nombreux pays ont vu de leurs yeux les scènes de l’agression brutale contre Gaza et sa population civile.

Un nouveau cadre moral

Israël sait aussi qu’il y a un nouveau cadre moral qui émerge au niveau international : un cadre qui a produit la CPI, aussi faible qu’elle puisse encore être.

La capacité d’Israël à lancer des guerres et des invasions, sans aucun égard pour le droit international ou la moindre morale de base sera plus limitée dans le temps, même si le soutien américain à Israël reste constant.

L’Union Européenne a fait avancer l’idée d’une intervention internationale au nom d’une morale internationale dans les cas où des crimes de guerre se produisent, surtout s’ils se répètent sur une même modèle sur toute une période.

Il est possible que la sauvagerie des attaques israéliennes sur le Liban en 2006 et sur Gaza en 2008, puissent être plus difficile à renouveler dans l’avenir, ce qui ne fera qu’aggraver la situation problématique d’Israël, un État qui a toujours considéré que seule la force brute peut résoudre ses problèmes.

Israël prétend (comme les États-Unis) qu’aucun organisme international n’a le droit d’enquêter, de lancer des poursuites ou de juger sa conduite de la guerre parce qu’elle est une « démocratie ».

Cette ligne de défense a une faible résonance aujourd’hui, et pas seulement parce que le racisme de l’Etat d’Israël (qui se manifeste à plusieurs niveaux : au gouvernement et dans le discours officiel) est plus visible, mais aussi parce que la conduite de la guerre israélienne ne se distingue pas de celle des régimes les plus brutaux. Israël ne peut pas non plus faire valoir d’enquêtes internes crédibles sur le comportement de ses forces armées.

Des champs de bataille aux tribunaux

Il est peu probable que la défaite du projet sioniste qui se passera dans la façon dont les Arabes ont espéré depuis des décennies. Toutefois, il est possible - surtout si les États-Unis perdent leur suprématie internationale - qu’Israël puisse être forcé de reconnaître les aspirations politiques fondamentales des Palestiniens, et même leur droit au retour, sur injonction de la communauté internationale.

Les options israélienne options, excepté les invasions et les bombardements brutaux, sont en nombre plutôt limité.

L’ironie de la situation est que l’influence d’Israël n’a pas grandi en même temps que sa puissance militaire, et sa puissance militaire n’a pas réussi à faire une brèche dans le rejet populaire d’Israël dans la région.

De toute évidence, les Arabes - du moins la populaire à défaut des régimes - ne sont toujours pas prêts à accepter les diktats israéliens et les « faits accomplis sur le terrain ».

Il est possible que la prochaine phase du conflit israélo-arabe puisse se déplacer du champ de bataille vers les organisations internationales et les tribunaux. Dans un tel cadre, la supériorité militaire israélienne est plutôt obsolète.

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As’ad AbuKhalil

* As’ad AbuKhalil est professeur en sciences politiques à la « California State University, Stanislas », et auteur du blog Angry Arab

4 novembre 2009 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/focus/...
Traduction : Nazim


Mechaal : les interventions étrangères empêchent la réalisation de tout consensus national

[ 04/11/2009 - 14:23 ]
Damas - CPI

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal s'est réuni, le lundi 2/11, à Damas, avec les représentants d'une haute délégation britannique, regroupant des députés de la chambre des communes britannique, dans le cadre des efforts européens déployés pour bien entamer des contacts avec le Hamas et comprendre de prés sa position stratégique.

Les membres de la délégation britannique ont affirmé qu'il est impossible d'isoler le Hamas de la scène politique palestinienne, surtout qu'il représente la légitimité du peuple palestinien, et après les derniers résultats des élections législatives, où le Hamas a remporté la majorité écrasante de ces élections démocratiques et transparentes, tout en confirmant leur solidarité et soutien aux droits palestiniens, appelant à briser le blocus injuste et soulager les souffrances du peuple palestinien et surtout les réfugiés palestiniens pour qu'ils puissent retourner à leurs maisons et foyers confisqués par l'occupation.

La délégation britannique a examiné situation très difficile des réfugiés palestiniens, sur les frontières entre la Syrie et L'Iraq.

De son côté, Khaled Mechaal a grandement estimé la position de la délégation britannique, en expliquant la position et la vision de son mouvement, au moment où il a fortement critiqué le non engagement humanitaire pour reconstruire la Bande de Gaza et secourir ses habitants totalement sinistrés à cause de la guerre sauvage sioniste et le blocus très suffoquant qui dure depuis plus de 3 ans consécutifs, en exigeant une solution immédiate et adéquate pour sauver les réfugiés palestiniens sur les frontières syriennes et iraquiennes.

En appellent la communauté internationale à presser sur l'occupation israélienne pour la réalisation des droits légaux palestiniens, le respect de la volonté et le choix libre du peuple palestinien et ses droits nationaux, démocratiques, ainsi que l'acceptation des résultats concrets, Mechaal a souligné que les interventions étrangères continuent d'empêcher la réalisation de toute réconciliation palestinienne.

La direction de la prison de Nafha interdit aux familles des captifs de rendre visite à leurs fils

[ 04/11/2009 - 18:16 ]
Naplouse – CPI

Le club du captif palestinien a déclaré, le mercredi 4/11, que la direction de la prison de Nafha a pris des mesures oppressives contre les captifs palestiniens en interdisant les visites de leurs familles durant le dimanche, lundi et jeudi prochain.

Le club a dit que ce pas vient dans le cadre d'une réaction après le refus, hier, des captifs de manger durant 3 repas pour protester contre la politique des fouilles nocturnes contre eux et pour demander l'amélioration de leurs situations.

Il a ajouté que la direction de cette prison a transféré certains détenus à des cellules individuelles dans la prison d'Ashkelon.

Le club a souligné que le mouvement du captif étudie plusieurs pas pour répondre à cette mesure agressive sioniste, en affirmant qu'il refuse les demandes de la direction et qu'il est capable de reprendre ses droits selon les lois et chartes internationales.

“Cette accalmie ne durera pas”

Palestine - 05-11-2009
Par Leila Khaled
Leila Khaled est interviewée par Jon Elmer pour IPS.
Leila Khaled est devenue une icone de la lutte palestinienne en 1969, lorsqu’à 24 ans, elle faisait partie du dispositif du Front Populaire de Libération de la Palestine qui a planifié le détournement d’un Boeing 707, le premier d’une série d’actions d’envergure destinées à mettre les Palestiniens sur la carte politique. Elle faisait partie du groupe qui a détourné le vol TWA Los Angeles-Tel Aviv en 1969 après être monté dans l’avion pendant une escale à Rome et l’avoir contraint à se rendre à Damas, où ils ont fait évacuer les 116 personnes présentes à bord du Boeing qu’ils ont fait ensuite sauter.

Elle a participé ensuite à une tentative de détournement d’un vol El Al Amsterdam-New York l’année suivante, mais a été arrêtée et remise à la police britannique après que le vol soit dérouté sur Londres. Elle a été libérée le 1er octobre 1970 lors d’un échange de prison de prisonniers.

"Héroïne de la guérilla”, comme l’a appelé le Time Magazine en 1970, Khaled a été chassée de sa maison d’Haifa lors de la création d’Israël. Elle est restée un dirigeant de premier plan de la gauche palestinienne, et une porte-parole déterminée de la lutte pour les droits palestiniens. Elle répond aux questions d’IPS depuis sa maison, à Amman.


IPS : Peut-être pouvons-nous commencer par le Rapport Goldstone sur l’invasion à Gaza, et en particulier sur les retombées politiques du rôle de Mahmoud Abbas dans le retard du débat sur le rapport à Genève.

Leila Khaled : Nous avons déclaré que c’était une erreur politique – une grosse erreur. Ce n’est pas seulement une erreur tactique. Nous avons demandé une enquête complète. Qui a donné les ordres de report du débat ? C’est un rapport des Nations Unies. Il a fallu des mois pour le finaliser. Nous aurions dû l’accepter directement, parce qu’il dénonce l’invasion et tous les actes qui en ont résulté – au point qu’Israël devrait être présenté devant la Cour Pénale Internationale pour inculper les criminels de guerre, que ce soit au niveau politique ou militaire.


IPS : Quelle est votre réaction à l’invasion de Gaza en général ?

LK : Ce n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois. Mais aujourd’hui, nous avons une opportunité d’inculper les criminels de guerre.


IPS : Au sujet du conflit entre le Fatah et le Hamas, quelle est votre réaction sur ce qui s’est passé à Gaza en 2007, mais aussi sur ce qui s’est passé en Cisjordanie sous Fayyad et Abbas ?

LK : C’est une situation très grave, parce que les Palestiniens sont toujours sous occupation. Notre peuple est sous siège à Gaza. A Ramallah, l’Autorité Palestinienne n’a aucune souveraineté, ni sur la terre ni sur les frontières. Les Israéliens continuent de confisquer les terres, de démolir les maisons, d’arrêter les gens n’importe quand et n’importe où.

Une division entre Palestiniens, d’un point de vue politique, entrave notre capacité à relever tous ces défis des Israéliens. Nous et d’autres appelons à la réconciliation entre ces deux factions parce que la division ne va pas dans l’intérêt de notre peuple. Elle a affaibli les Palestiniens vis-à-vis d’Israël, et elle a aussi affaibli la solidarité avec les droits humains palestiniens au niveau international.

Nous la considérons comme une catastrophe.


IPS : Pensez-vous que l’élection du Hamas en 2006 lui a donné la légitimité de traiter la contestation à Gaza d’Abbas et de Dahlan et le projet israélien de le renverser ? Chaque bord accuse l’autre de coup d’Etat. Qu’en pensez-vous ?

LK : Nous ne pensons pas que le Hamas ait utilisé sa légitimité de la bonne façon. Ils ont eu la majorité aux élections, mais ils n’auraient pas dû aller jusqu’à résoudre les contradictions entre eux et le Fatah par les armes. Cela n’a rien amélioré pour les Palestiniens. Gaza est toujours sous siège. Et pendant ce temps, ils ont laissé l’Autorité Palestinienne faire ce qu’elle voulait en Cisjordanie.

Ils auraient pu se servir du dialogue et de davantage de discussions sur les différents problèmes, les négociations. Cela aurait montré à la société que nous sommes un peuple démocratique. Dans notre histoire, nous avons toujours eu des divergences, des visions différentes, mais n’avons jamais eu recours aux armes. La contradiction principale est avec l’occupation, pas entre nous.


IPS : Le général U.S. Keith Dayton entraîne une force palestinienne de sécurité qui vise ouvertement le Hamas, mais aussi le Front Populaire. Comment voyez-vous ces contradictions à la lumière de cette situation ?

LK : Le plan Dayton met sur pied un appareil non pas pour défendre notre peuple, mais pour empêcher notre peuple de résister. Ce qui veut dire non seulement l’entraînement, mais aussi la traque de toutes les cellules de la résistance – de toutes les factions, pas seulement le Hamas. Pendant ce temps, tous les jours, Israël entre dans les villes, arrête les gens, les assassine.

Au lieu de cela, l’Autorité Palestinienne devrait renforcer ceux qui sont prêts à résister. Malheureusement, c’est l’une des principales contradictions au niveau palestinien : l’Autorité Palestinienne, le gouvernement, ou l’appareil sécuritaire ou la police sont construits selon la vision Dayton, et non au bénéfice de notre peuple.


IPS : Comment voyez-vous la prochaine intifada qui se profile ? Avec le mur encerclant les communautés palestiniennes, avec les forces de sécurité entraînées par Dayton, beaucoup en Cisjordanie voient que toute forme de résistance à Israël se heurte à ce projet. Est-ce la création d’un paradigme où la prochaine intifada serait contre l’Autorité Palestinienne ?

LK : Toute intifada a ses raisons objectives. La situation n’est pas suffisamment mûre pour une troisième intifada, avec toute cette pression contre notre peuple, qu’elle vienne du côté palestinien ou du côté israélien.

Les gens se sont rendus compte qu’après la première et la deuxième intifada, ils avaient fait beaucoup de sacrifices, celui de leurs familles, de leurs maisons, de leurs enfants, qu’ils soient martyrs ou prisonniers. Nous avons actuellement 11.000 prisonniers dans les prisons israéliennes. Derrière eux, il y a 11.000 familles.

Je pense que nous devons commencer par mettre fin à cette division. Cela donnera plus de pouvoir à notre peuple. Nous avons vu, au moment de l’invasion de Gaza, que les manifestations étaient réprimées par la police palestinienne, pas par la police israélienne.

Je ne pense pourtant pas qu’une intifada soit proche.


IPS : Où en est le Front Populaire en particulier et la gauche en général, en ce moment, en particulier dans la division entre le Hamas et le Fatah ? La gauche est à l’évidence à un de ses niveaux le plus bas dans l’histoire du mouvement national.

LK : Je pense que les Accords d’Oslo ont été un tournant dans la lutte palestinienne. Une partie de notre peuple en Palestine a soutenu les négociations avec les Israéliens. Ils pensaient qu’ils leur apporteraient l’indépendance, un Etat national. Mais après des années (à ne rien obtenir), les gens ont réalisé qu’ils ne leur apportaient rien. C’est la raison pour laquelle la deuxième intifada a éclaté.

La gauche a été affectée par ce qui s’est passé, et elle est affaiblie par ses divisions. Nous avons essayé pendant des années de bâtir un seul front de gauche, pas en tant que parti, mais comme un front avec un programme politique et une résistance unifiés.

Nous avons le sentiment que si nous réussissions, cela créerait une troisième ligne. Dans les médias, on n’entend parler que du Fatah et du Hamas, mais en fait, ce n’est pas comme ça. Et ça affaiblit la situation toute entière.

Au sujet du Front Populaire, il fait face à de nombreux défis. Notre secrétaire général, Abu Ali Mustafa, a été assassiné. Ahmed Sa’adat est en prison. Beaucoup de nos cadres ont été arrêtés. Beaucoup ont été tués par les Israéliens. Des centaines de nos cadres et membres sont en prison. Tout ceci affaiblit le Front Populaire.


IPS : J’ai discuté de cette question avec le secrétaire général Ahmed Sa'adat en 2003. Il m’a parlé d’Israël se servant de l’intifada pour se centrer immédiatement sur le FPLP, pour casser les reins de l’organisation par les assassinats et les arrestations. Non seulement parce qu’il voyait le FPLP comme une menace historique, mais aussi parce qu’il avait été tellement affaibli par le climat politique tout au long des années 1990 – tant localement que globalement.

LK : Abu Ali Mustafa a été assassiné parce qu’il a déclaré que le FPLP était là pour résister et pas pour compromettre nos droits. Ca, les Israéliens l’ont très bien compris. Ce fut la première fois que les Israéliens ont assassiné une personnalité politique comme Abu Ali Mustafa.

Les Israéliens savaient très bien que le FPLP était dans une position de résistance. Qu’il avait son programme de résistance, ce qui signifiait qu’ils n’allaient pas chercher à négocier. Ils savaient que soit en assassinant, soit en arrêtant la direction, ils affaibliraient le FPLP, et ils l’ont fait. Mais nous pouvons aussi nous reconstruire, et nous avons encore beaucoup à faire.

Mais la situation générale n’est pas, elle non plus, avec la résistance – au niveau palestinien, mais surtout au niveau arabe. Ceci affaiblit la situation globale, pas seulement le Front Populaire.


IPS : Je me demande si nous pouvons parler un peu de la trajectoire de la lutte palestinienne armée : quelles sont les possibilités et les limites de la lutte armée, avec le mur et le paradigme du nouveau ghetto ?

LK : En général, les gens trouvent toujours les moyens de résister. Après 1967, nous avons utilisé les détournements d’avion. Puis notre peuple s’est servi des pierres pour exprimer sa résistance, puis ce qu’on appelle les attentats-suicide, qui ont cessé. Puis les roquettes depuis Gaza, parce que les Israéliens sont partis et qu’il y avait de nouveaux espaces, alors qu’en Cisjordanie, elle est réduite au silence.

Vous avez utilisé le terme de « ghetto » - oui, nos villes sont comme des ghettos aujourd’hui. Elles sont encerclées par des colonies, par le mur, à toutes les entrées des villes, nous avons des checkpoints.

Mais les gens trouveront les moyens de leur résistance, auxquels je ne pense pas moi-même. Personne n’avait pensé à une intifada des pierres, que les enfants les utiliseraient eux aussi. Cela a provoqué beaucoup de critiques contre Israël, et davantage de solidarité avec les Palestiniens.

Donc, par tous les moyens. Où il y a occupation, il y a toujours résistance. Chaque fois, cette résistance a sa propre forme et ses propres moyens. Je pense que la situation d’accalmie ne durera pas. Notre peuple a une très longue expérience de lutte et ne peut pas accepter que cette situation perdure. Un jour, ça éclatera à nouveau. De quelle manière, je ne peux le dire. Mais ça viendra.

Chaos à Jérusalem pendant que les politiciens radotent

Palestine - 05-11-2009
Par Mazin Qumsiyeh
Hier, pendant que les politiciens s’excitaient sur des termes comme “ralentissement” ou “retenue » au sujet des activités coloniales illégales, les autorités israéliennes ont continué de démolir des maisons et ont expulsé 30 personnes de Jérusalem. Une pièce dans un immeuble démoli abritait une vieille dame handicapée, ses amis et voisins l’avait aidée à y faire des modifications qui lui facilitaient la vie.























Ce soir, nous avons entendu un rapport plutôt déprimant d’une organisation du quartier Al-Bustan, à Silwan (Jérusalem occupée) où 88 maisons (hébergeant 1.500 personnes, dont 60% d’enfants) vont être détruites pour créer un « Parc Roi David ».

Dans une ville normale, les parcs sont créés pour le bien-être des résidents du coin, pas à des fins de nettoyage ethnique. Il y a à côté suffisamment d’espaces pour créer des parcs, mais les projets d’Israël pour Jérusalem impliquent le nettoyage ethnique de ses habitants arabes pour qu’il ne reste plus rien à négocier et qu’elle devienne une ville juive (la capitale éternelle d’Israël).

Le plan d’ensemble pour la judaïsation de la ville est décrit dans le projet «Jérusalem 2020 ». Après la construction de deux anneaux de colonies autour de Jérusalem (qui seront reliés par des tramways qui feront un réseau de « faits accomplis »), les projets de cet anneau le plus proche des colonies, des parcs, des synagogues et des musées est le plus destructif pour les habitants du secteur. Le fait qu’Israël viole le droit international (les conventions de Genève et les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies) semble ne rencontrer que des protestations étouffées de la « communauté internationale ».

On nous parle d’un gamin de 7 ans dont la mère a remarqué le sac de classe plein à craquer quand il est parti à l’école. A son retour, elle l’a ouvert pour découvrir qu’il était rempli de jouets. Lorsqu’elle lui a demandé pourquoi, il a répondu qu’il avait entendu ses parents parler de l’ordre de démolition qu’ils venaient de recevoir, et il voulait être sûr que lorsqu’il reviendrait de l’école pour trouver sa maison démolie, ses jouets les plus précieux seraient sauvés.

J’ai le cœur brisé pour ces familles. Je suis triste pour les partisans du sionisme qui provoquent tant de douleurs dans notre nouvelle génération d’enfants qui souffrent sous la brutalité de l’Etat colonisateur. Comment parvenir à une réconciliation lorsque 7 millions de personnes ont été transformées en réfugiés ou déplacées, jusqu’à maintenant (en bien plus encore à venir). Le droit international soutient-il la résistance ? Et la résistance est-elle de la seule responsabilité des victimes, ou bien aussi celle de tous les êtres humains dignes, quelles que soient leurs religions ?

Une autre nouvelle nous dit qu’un colon terroriste juif américain, Jack (c’est-à-dire Yaakov) Teitel, responsable d’un crime et de saccages contre des Palestiniens il y a 12 ans (il avait tué Isa Mahrama en 1997 et avait été libéré sans aucune peine de prison) vient d’être arrêté par la police israélienne… parce qu’on le soupçonne d’avoir projeté de cibler des Juifs de gauche et homosexuels !

La vie et les biens palestiniens continuent de ne pas valoir bien cher, sur cette terre impie.

Hamas, ne permets pas qu’une mascarade d’élections ait lieu

Palestine - 04-11-2009
Par Khaled Amayreh
Quiconque écoute Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, ces jours-ci pourrait penser que l’homme est le parangon de la démocratie et de la liberté. Abbas, qui est resté à la tête de l’Autorité Palestinienne en dépit de l’expiration de son mandat, a exhorté les Palestiniens à se préparer à des « élections présidentielles et législatives », qu’il qualifie d’ « impératif constitutionnel ». Toutefois, l’observation plus profonde du comportement d’Abbas montre que le président de l’AP n’est pas vraiment intéressé par la tenue d’élections véritables, libres et honnêtes. Et les actes sont plus éloquents que les mots.

Aujourd’hui, Abbas préside un régime despotique brutal, à un niveau de répression sans précédent depuis le début de l’occupation israélienne de 1967. (photo ci-contre :répression d'une manifestation à Ramallah au début de l'année par les forces de la collaboration).

L’absence de droits humains et de libertés civiques est presque totale, et la primauté de la loi est virtuellement paralysée. Quelques associations de droits de l’homme, auxquelles les citoyens lésés faisaient appel, ont fermé leurs portes, sous la pression semble-t-il des agences de sécurité de l’AP.

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré un jeune enseignant palestinien qui a été viré de son poste par l’appareil sécuritaire pour des raisons encore inconnues et incompréhensibles.

« Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça. Je suis un bon enseignant et j’ai été nommé à ce poste de façon tout-à-fait légale. Tout d’un coup, le chef d’établissement me notifie mon licenciement, pour des raisons non divulguées.»

Cet enseignant, père de trois enfants, dit qu’il soupçonne que la raison principale de son licenciement a à voir avec le fait que certains membres de sa famille ont ouvertement critiqué le régime de l’AP.

En plus de son renvoi, l’AP refuse de lui régler des milliers de dollars de salaires impayés, dont il dit qu’ils l’aideraient à réorganiser sa vie.

Il a fait appel à l’Union Européenne et à d’autres donateurs, pour qu’ils fassent en sorte que l’AP traite ses citoyens avec un semblant de justice, de dignité et de décence. « Ne permettez pas à l’AP de nier à ses propres citoyens leurs droits humains fondamentaux. Ne permettez pas à l’AP de nous opprimer, de nous brutaliser et de nous humilier. »

Ce professeur, qui vit dans la région d’Hébron, dit qu’il envisage d’émigrer en Scandinavie pour échapper à la « tyrannie du Fatah. »

« Je ne fais partie du Hamas, je n’en ai jamais été membre. Je ne suis même pas particulièrement religieux. Pourtant, j’ai été pourchassé et finalement licencié pour aucun autre raison que le fait que certains des membres de ma famille sont religieux. »

« J’ai été enseignant pendant trois ans, et maintenant ils ont décidé de se débarrasser de moi comme d’une vieille paire de chaussettes. Ils ne m’ont même pas payé ce qu’ils me doivent, et qui pourrait m’aider à réorganiser ma vie. Qu’est-ce que je suis censé faire ? Devenir un collaborateur du Shin Beth ? Ou aller chercher du travail dans les colonies juives pour subvenir aux besoins de ma famille ? Ou émigrer en Australie ou au Canada, ou dans tout autre pays ? »

En réalité, cet enseignant, qui est réticent à donner son identité par crainte d’autres représailles, personnifie des centaines de fonctionnaires qui ont été virés de leurs boulots sans cérémonie, sur le soupçon de sympathie avec le Hamas. Leurs tentatives d’en appeler à la justice sont restées sans résultat car l’establishment de l’AP a promulgué des « lois d’exception » statuant que les services de sécurité avaient le droit de licencier tout fonctionnaire sans justifier leur décision.

En d’autres termes, si vous voulez garder votre emploi, vous devez vénérer le gouvernement.

Cette sorte de gouvernement a un nom. C’est purement et simplement un gouvernement fasciste.

L’absence de justice en Cisjordanie va main dans la main avec l’absence de libertés civiles, dont la liberté d’expression.

Aujourd’hui, tout geste d’opposition au régime soutenu par les USA est rapporté aux services de sécurité. Jusqu’à 9.000 personnes, pour la plupart soupçonnées d’avoir des sympathies du Hamas, ont été arrêtées par ces services, en Cisjordanie, depuis 2007.

Beaucoup, ou la plupart, des détenus sont soumis à des tortures physiques et psychologiques. Au moins 10 détenus en sont morts dans les services de police subventionnés par l’argent des contribuables américains et européens.

L’auteur de ces lignes connaît personnellement beaucoup de jeunes gens qui ont été arrêtés et maltraités pour avoir hissé le drapeau vert portant la profession de foi islamique. D’autres ont été soumis à des interrogatoires musclés pour tenter de leur faire dire pour quel parti ils avaient voté lors des élections de janvier 2006.

Dans les collèges partout en Cisjordanie, on a demandé à la moitié de la population estudiantine de donner des informations sur l’autre moitié, ce qui empoisonne l’atmosphère des collèges et crée un climat de défiance parmi les étudiants.

De même, des informateurs de l’AP récemment recrutés dans toute la Cisjordanie ont remplacé, ou plus exactement augmenté les collaborateurs du Shin Beth chargés du « boulot » d’informer sur toute opposition au régime de Ramallah et à l’occupation israélienne. Certains d’entre eux donnent même des informations sur qui fréquentent le plus les mosquées, en particulier ceux qui assistent aux prières de l’aube.

En bref, une véritable atmosphère de police d’Etat virulente prévaut dans toute la Cisjordanie, où les agences de sécurité jouent un rôle dominant.

Dans ces conditions, on peut réellement se demander si des élections libres et honnêtes peuvent avoir lieu.

Il faut être intègre sur cette question, parce que des élections libres requièrent une vraie liberté qui permette aux citoyens de choisir les candidats sans crainte d’être arrêtés, ni d’être soumis à des représailles du gouvernement et de ses services de sécurité.

De plus, comment de véritables élections peuvent-elles être tenues quand un parti, c’est-à-dire le Fatah, est autorisé à faire campagne, alors que l’autre parti, c’est-à-dire le Hamas, est dénié de ce droit ?

Le Hamas peut-il, par exemple, organiser un seul rassemblement en Cisjordanie aujourd’hui ? Y a-t-il la moindre garantie que les services de sécurité de l’AP ne cribleront pas de balles les partisans du Hamas pour clamer ensuite que les Islamistes « tentaient un coup d’Etat contre la légitimité palestinienne » ?

Un autre point : supposons que le Hamas gagne les élections, si et quand des élections vraiment libres auront lieu. Le Fatah en acceptera-t-il le résultat ? Le soi-disant Quartet international (l’ONU, les USA, l’Union européenne et la Russie) acceptera-t-il le résultat ? Le Général Keith Dayton, le dirigeant de facto de la Cisjordanie, et ses patrons et subordonnés accepteront-ils le résultat ? Le Hamas sera-t-il reconnu comme la direction légitime du peuple palestinien ?

Et, plus important, Israël autorisera-t-il le Hamas à prendre part aux élections ? Et l’armée israélienne d’occupation se retiendra-t-elle d’arrêter les candidats du Hamas, au motif que c’est Israël, et non l’AP, qui a le dernier mot au sujet des élections ?

Il faut d’abord répondre à ces interrogations légitimes avant d’organiser des élections.

Si les masses palestiniennes n’obtiennent pas de réponses satisfaisantes à ces questions légitimes et logiques, alors le peuple palestinien revivra la même expérience amère qui a commencé immédiatement après les élections de 2006, où des millions de Palestiniens ont été sévèrement punis pour avoir élu le Hamas.

En vérité, il semble que rien n’a réellement changé depuis, puisque le Quartet continue d’insister pour que le Hamas reconnaisse la « légitimité » d’Israël, même sans reconnaissance israélienne réciproque d’un Etat palestinien.

Le maintien du blocus de la Bande de Gaza, ainsi que le refus d’Israël d’autoriser l’entrée dans la Bande du matériel de construction, sont la preuve que les élections prévues le 24 janvier ne seront pas organisées pour permettre au peuple palestinien de choisir une nouvelle direction, mais plutôt pour se débarrasser du Hamas par des élections frauduleuses.

Hamas ne doit pas permettre que cela se produise