samedi 27 septembre 2014

La Palestine déclare qu'elle n'abandonne pas son droit à se défendre contre l'occupation israélienne

Le Président de l'État de Palestine, Mahmoud Abbas, a dénoncé vendredi, à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, le fait qu'Israël ait choisi de mener une nouvelle guerre contre son peuple à Gaza en cette Année internationale de solidarité avec le peuple palestinien.
« Je vous ai parlé dans cette même salle en 2012 alors que nous étions dans une situation similaire, en vous avertissant que la puissance coloniale occupante préparait une nouvelle Nakba contre le peuple palestinien et en vous demandant de reconnaître sans délai un État de Palestine libre et indépendant pour empêcher cette nouvelle catastrophe pour mon peuple », a dit M. Abbas. « Deux mois après, j'étais revenu devant vous après une nouvelle guerre contre la bande de Gaza qui avait fait de nombreux martyrs, dont des femmes et des enfants ».
La guerre lancée par Israël en juillet 2014 a détruit brutalement des vies, des maisons, des écoles et les rêves de milliers de Palestiniens, ainsi que les maigres espoirs de paix encore existant, a souligné M. Abbas.
Selon le Président palestinien, la différence est que, cette fois, l'ampleur du crime est plus grande et que la liste des martyrs, en particulier des enfants, était plus longue. En outre, environ un demi-million de personnes ont été déplacées et beaucoup de bâtiments, comme des écoles, des hôpitaux, des mosquées et des usines ont été détruits.
« Au nom de la Palestine et de son peuple, j'affirme ici, aujourd'hui, que nous n'oublierons pas et ne pardonnerons pas, et que nous n'accepterons pas que des criminels de guerre restent impunis », a dit le Président de l'État de Palestine en soulignant que les Palestiniens n'abandonneraient pas leur droit à se défendre, mais qu'ils ne perdront pas pour autant leur humanité, leurs valeurs et leur éthique.
M. Abbas a rappelé que cette guerre était survenue après huit mois de longues et difficiles négociations, dans lesquelles les Palestiniens se sont engagé de bonne foi et de manière constructive, tout en respectant leurs engagements.
« Cependant, et comme d'habitude, les Israéliens n'ont pas manqué l'occasion de saper cette opportunité de réaliser la paix », a-t-il déclaré.
Le Président Abbas a dénoncé les constructions de colonies israéliennes, la confiscation de terres palestiniennes, les démolitions de maisons, les campagnes de meurtres et d'arrestations, ainsi que les déplacements forcés de populations palestiniennes en Cisjordanie et le blocus imposé à Gaza, tout cela, pendant les mois de négociations.
« La campagne d'occupation israélienne a visé en particulier la ville de Jérusalem et ces habitants pour tenter de changer de façon artificielle l'identité l'esprit et le caractère de la ville sainte », a affirmé M. Abbas en déclarant qu'Israël refuse de mettre fin à son occupation, rejette l'État palestinien, et refuse de trouver une solution juste pour les réfugiés palestiniens.
« L'avenir que propose Israël pour le peuple palestinien est, au mieux, de vivre dans des ghettos isolés sur des terres fragmentées, sans frontières et sans souveraineté sur l'espace aérien, l'eau et les ressources naturelles », a dénoncé Mahmoud Abbas.

Comment Israël « forme » des journalistes étrangers

L’objectivité vue par Tel-Aviv. Du 30 août au 4 septembre s’est déroulée à Tel-Aviv une formation tous frais payés par le gouvernement israélien pour «apprendre à parler d’un conflit de manière neutre et professionnelle ». Au programme, des conférences sur le terrorisme et les sujets militaires et politiques, un « tour stratégique » de Jérusalem et des zones de conflit, et des rencontres et échanges avec des leaders politiques, des universitaires et des journalistes israéliens. Trente journalistes du monde entier, triés sur le volet, y ont participé.
« Les conflits sont partout. Notre vrai défi est d’en parler » : c’est sous ce slogan attrayant qu’une formation de cinq jours tous frais payés à Tel-Aviv, le Media In Conflicts Seminar (MICS), est proposée à de jeunes journalistes du monde entier pour les inviter à adopter une vision plus « objective » des agissements d’Israël. Une action de la hasbara1 très discrètement financée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou.
Les sauveurs de la Palestine
« Je préfère que la Palestine devienne terre d’Israël, plutôt que de la voir tomber aux mains du Hamas », les organisateurs du séminaire «médias en conflit » préviennent que l’interview est «off». Ce Palestinien ne donnera pas son nom. Il craint pour sa vie. Il explique que si « certaines personnes » venaient à apprendre ce qu’il pense, il serait menacé de mort. Il travaille dans le bâtiment, « avec des Arabes et des juifs, et tout va bien », assure-t-il. Selon lui, cette situation et les morts qui s’accumulent depuis des années sont la faute du Hamas qui utilise les gens de Gaza comme boucliers humains. La résonance avec le discours entretenu par l’armée israélienne laisse perplexe.
Parmi les seize intervenants du MICS, trois sont des Palestiniens, et les trois soutiennent la politique d’Israël. Là est toute l’étendue de l’«impartialité » proposée par la formation. Le message est asséné tous les jours : Israël nous sauvera tous.
Barak Raz est un ancien porte-parole de l’armée israélienne et un ancien chef d’opérations militaires. Il est présenté dans le séminaire comme « un fier sioniste qui aime à l’occasion partager ses pensées et ses impressions sur la situation en Israël et dans le monde ». Il assure que « Mahmoud Abbas et le Fatah savent très bien que seul Israël peut maintenir l’ordre et la sécurité en Cisjordanie. C’est pour cette raison qu’ils nous laissent intervenir ». La perspective israélienne est défensive et protectrice, et leur armée est une «force de défense »(2).
Miri Eisin, colonel à la retraite et aujourd’hui professeure de géopolitique, explique qu’Israël a besoin de diffuser ce message car les médias étrangers, en choisissant de ne montrer qu’une face du conflit, désignent les Israéliens comme les envahisseurs. « Si vous choisissez, sur une photographie, de montrer des soldats et des chars, vous choisissez de montrer l’occupation. Vous émettez donc l’hypothèse qu’il y a de la violence à cause de cette occupation. En revanche, si vous choisissez de montrer les bombes du Hamas, vous montrez la violence et supposez que l’occupation est nécessaire pour combattre cette violence. Malheureusement, les médias occidentaux ont décidé de montrer seulement l’occupation ».
Pourtant Israël est là pour Gaza. Sharon Banyan, ancien officier de l’armée qui a démissionné en octobre 2013 a toujours d’étroites relations avec le corps militaire et aime mettre en avant les efforts qui sont faits pour soutenir les Palestiniens. « Nous leur avons laissé la plus belle partie de la côte », dit-elle. « Nous leur avons permis de construire des hôtels de luxe en bord de plage, et vous pourrez les voir si vous y allez ». Elle insiste ensuite sur la façon dont le Hamas détruit tous ces efforts et transforme la vie des habitants en cauchemar : « La centrale d’Ashkelon fournit à Gaza toute l’électricité dont elle a besoin. Et pourtant les combattants du Hamas en ont fait une cible légitime et ont essayé d’y envoyer des missiles plusieurs fois ».
Schlomi Fogel est un homme d’affaires influent qui affirme qu’Israël assure également son soutien à l’ensemble des pays arabes grâce à des relations commerciales qui représentent plus de cinq milliards de dollars. « En tant que journalistes, vous devez faire attention à ce qui se passe sous la table », conseille-t-il.
Cet enfant qui doit mourir
Les journalistes occidentaux en prennent pour leur grade. Paul Hirschson, porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, assène que « ce qui s’est passé à Gaza n’était pas du journalisme. Des questions élémentaires n’ont pas été posées, ils [les journalistes] savaient qu’ils ne faisaient pas leur travail correctement ». Hirschson fait notamment référence aux enfants de Gaza.
« Personne, parmi l’IDF, ne veut tuer des innocents », déclare Arie Sharuz Shalicar, porte-parole auprès de l’Union européenne. « Mais nous y sommes forcés. Quel autre choix avons-nous lorsque nous les voyons courir vers nous avec une ceinture d’explosifs à la taille ? », continue-t-il. Photographies à l’appui, les conférenciers mettent en cause le Hamas et l’utilisation indigne de leurs propres familles comme boucliers humains. Les missiles se trouvent sur la terrasse d’un bâtiment avoisinant une école, un hôpital, un centre des Nations-Unies...
Boaz Ganor, fondateur et directeur de l’Institut international pour le contre-terrorisme, ajoute qu’« il ne connait pas une seule armée au monde qui ait dû faire face à une situation de cette complexité ». Bien triste, mais légitime et inévitable selon tous les porte-paroles de l’armée. Le but de chaque opération militaire israélienne n’est pas d’assassiner les têtes blondes de leurs voisins, mais de protéger les leurs.
Banyan, lors de la visite des participants au séminaire à Sderot, insiste : « Lorsque la sirène retentit, vous n’avez qu’une poignée de secondes pour choisir quel enfant vous voulez sauver. Si vous avez trois enfants, jouant à trois endroits différents, vous n’aurez pas le temps d’aller tous les chercher ; c’est une situation insupportable à vivre. »
Discours rôdé répété mot pour mot par plusieurs intervenants et saupoudré du témoignage poignant de parents ayant perdu leur fils ou leur fille. Nulle mention des abris anti-missiles construits dans chaque maison de Sderot. Nulle présence des parents palestiniens ayant perdu un ou plusieurs enfants. La compassion et l’empathie deviennent des armes au service de la légitimation de l’action militaire.
La « formation » devient digne des plus grandes campagnes politiques. Les organisateurs se disent étudiants ou anciens étudiants intéressés par les relations internationales. Mais qui paie les cinq jours tous frais payés (à l’exception du billet d’avion pour se rendre à Tel-Aviv), avec bus privé affrété tous les jours et séjour dans un hôtel à 150 dollars par jour ? Sans compter que devant le micro, ce sont pour la plupart des militaires haut-gradés, des porte-paroles ou d’anciens porte-paroles de l’armée qui se relaient.
Ce séminaire dit « professionnel » a en fait débuté en 2009, à l’initiative d’anciens membres de StandWithUs Israel, un groupe anti-palestinien basé aux Etats-Unis et généreusement soutenu par Israël à coups de plusieurs millions de dollars. Le projet est approuvé et reçoit la collaboration financière du ministère de la diplomatie (aujourd’hui englobé dans les services du premier ministre). En 2012, un rapport du Molad notait, se référant au MICS, que « le ministère de la diplomatie organise un séminaire annuel [...] pour des membres des médias et des journalistes européens en vue de développer des liens plus intimes et personnels qui encouragent une attitude plus positive à l’égard de la politique intérieure et étrangère d’Israël ».
Dans un article de 2010, « Conflict Reporting 2010 : Lessons from Israel », Howard Hudson, ancien éditeur au Centre européen de journalisme, mentionnait que les diplômes reçus à la fin de la formation portaient le sceau du ministère de la diplomatie. La « cérémonie » de remise des diplômes a toujours lieu, autour d’un buffet-traiteur accompagné de verres de vin rouge et blanc. Mais le sceau du ministère a disparu. Tout comme les communiqués de presse officiels qui approuvaient le programme du MICS. Restent l’ambiance estudiantine et le sentiment formidable d’appartenance à une même communauté, cultivés avec enthousiasme et loyauté par les étudiants d’Herzliyya.
Une gentille communication
Et à force de bons sentiments, le séminaire se transforme en camp d’été. Les 18 journalistes venus du monde entier, sélectionnés parmi plus de 300 candidats, ont entre 20 et 30 ans. La plupart sont à peine sortis de l’école, d’autres en sont au début de leur carrière. Ils arrivent frais et pleins d’enthousiasme devant des organisateurs du même âge. L’ensemble fait un peu colonie de vacances ; les « monos » rappellent à l’ordre ces jeunes « pioupious » excités qui ne savent pas se tenir.
Israël, vers lequel tous les yeux sont braqués depuis des décennies, est la terre promise pour le reporter en herbe qui n’a jamais mis un pied en zone de guerre. Quelle fierté d’y être ! Et pourtant. Les heures de conférences s’enchaînent, mais très peu parmi les auditeurs prennent des notes. Très peu de mains se lèvent pour protester contre les discours assénés. L’oreille semble attentive, c’est déjà bien assez. Tout le monde garde ses forces pour les sorties du soir. Selfies, tournée des pubs et dîner-pizzas initiés par les jeunes cadres dynamiques de la capitale israélienne font oublier les bombes qui pleuvaient sur Gaza il y a à peine quelques semaines.
Parce qu’au fond, ils ont l’air gentil ces Israéliens. Fi de violence dans les paroles, ils sont prévenants, attentifs, aux petits soins. Respectueux de tous. D’ailleurs « Israël n’a jamais violé les droits civils des Palestiniens en 60 ans », clame l’avocat Elyakim Haetzni.
Là, quand même, les pioupious se réveillent. Murmure dans la salle. Mais pas plus, il ne faudrait pas casser la bonne ambiance entre nous. Cela aura été l’unique véhémence journalistique de la semaine. Le séminaire se termine. Seuls deux participants sur 18 y attachent une tentative claire de propagande sioniste. Parmi les 16 autres, on arbore fièrement l’attestation de réussite reçue lors de la cérémonie de clôture. Aucun esprit critique, aucune réflexion personnelle de la part de ceux qui sont présentés comme les « plumes » de demain. Israël et sa stratégie de « communication gentille » peuvent se féliciter de leur succès. Et nous, nous inquiéter de cette trop facile manipulation des jeunes cerveaux du monde des médias.
Vinciane Jacquet
Journaliste basée au Caire.
(1) NDLR. La hasbara, mot hébreu qui signifie « explication » ou «éclaircissement», désigne la politique de communication et de propagande israélienne menée auprès de l’opinion internationale.
(2) NDLR. L’armée israélienne est appelée « armée de défense d’Israël », ce qui se traduit en hébreu par l’acronyme Tsahal, ou encore « forces de défense d’Israël » (Israel defense Forces, IDF).

Source: Orient XXI

Guerre des salaires : les employés du Hamas poussés à démissionner

À Gaza, 40 000 employés n’ont pas reçu leur salaire depuis neuf mois tandis que de nombreux autres ne peuvent plus gagner leur vie grâce aux tunnels vers l’Égypte.

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Septembre 2014 (Gaza) : un enfant palestinien accompagne son père, employé du Hamas, qui fait la queue à l’extérieur d’une banque pour être payé - Photo : AFP
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a pris l’antenne tard dans la soirée pour accuser les représentants officiels du Hamas de maintenir les postes de direction à Gaza et d’entretenir un gouvernement fantôme malgré l’accord de réconciliation palestinien conclu en avril.
Cet accord était censé mettre un terme à sept ans de division palestinienne. Les deux parties ont convenu de l’établissement d’un gouvernement d’unité nationale et de la préparation des élections présidentielle et législatives dans un délai de six mois après la signature de l’accord.
Compte tenu de la situation à Gaza, les accusations de Mahmoud Abbas sont légitimes : en pratique, l’ensemble des tâches et activités quotidiennes du gouvernement sont réalisées par le même gouvernement de facto dirigé par le Hamas, mais sans ministres.
Suite à la signature de l’accord de réconciliation palestinien, les ministres du gouvernement de facto ont démissionné, et les postes vacants ont été repris exclusivement par les sous-ministres d’anciens ministres de la bande de Gaza.
Seuls quatre des ministres du nouveau gouvernement d’unité sont originaires de Gaza. Les autres viennent tous de Cisjordanie et refusent, selon certaines sources, de communiquer avec leurs homologues de Gaza.
Selon Zakria al-Hur, directeur général du ministère de l’Éducation à Gaza, ce problème découle de l’incapacité de l’Autorité palestinienne à rassembler tout le monde.
Selon lui, l’Autorité palestinienne « refuse d’admettre l’existence de ministères et de membres du personnel travaillant déjà depuis 8 ans à Gaza ».
« Environ 40 000 employés n’ont pas reçu leur salaire depuis neuf mois », a-t-il déclaré.
« Jusqu’à présent, le ministre de l’Éducation du gouvernement de consensus ne nous a pas demandé de vérifier l’avancement des travaux, ni pendant, ni après la guerre », ajoute-t-il.
Il précise cependant que le problème dépasse les accusations de Mahmoud Abbas quant au gouvernement fantôme de Gaza.
« Le président Abbas devrait venir à Gaza. Nous lui donnerons les clefs des ministères avec tout le personnel », a-t-il indiqué.
Entre-temps, les quatre membres des ministères du gouvernement de consensus de Gaza déclarent disposer d’un contrôle total de leurs ministères, y compris des passages frontaliers.
Selon Zakria al-Hur, Mahmoud Abbas essaie d’affaiblir le Hamas en poussant les membres de son personnel à démissionner et à partir.
« Mahmoud Abbas a tenté de dompter le Hamas en prétendant que c’est lui seul qui décide. Il ne veut pas que le monde extérieur comprenne que la résistance a gagné la guerre et que sa voie politique est la seule correcte », a déclaré Zakria al-Hur.
Cependant, l’Autorité palestinienne continue de payer les salaires de ses quelques milliers de fonctionnaires au sein des ministères en fonctionnement. Mais la majorité du personnel des ministères qui travaillait pour le gouvernement du Hamas, y compris le personnel des hôpitaux, attend d’être payé.
Zakria al-Hur précise que sur 50 000 membres du personnel, « 40 000 employés ont travaillé pendant huit mois sans être payés, alors que des dizaines de milliers sont payés grâce aux fonds de la communauté internationale pour rester chez eux ».
Le personnel de l’AP, composé d’anciens employés avant la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en juin 2007, est payé pour rester chez lui. Suite à l’accord d’unité nationale, ces employés étaient censés reprendre le travail, mais ils ne l’ont pas fait.
A compter de la fin du mois de juin et le début de la guerre à Gaza, bon nombre de fonctionnaires n’avaient pas été payés depuis sept mois alors que d’autres n’avaient perçu qu’un salaire partiel. Les représentants du Hamas estimaient alors le montant des paiements rétroactifs dus aux employés à 1 milliard.
Pas moins de 600 000 Gazaouis, soit environ 36 % de la population de Gaza, comptent parmi les membres de leur famille des employés du gouvernement dont le salaire a été affecté par le blocage.
Une question demeure irrésolue pour les observateurs internationaux : comment les ministères fonctionnent-ils alors que les tunnels creusés sous la frontière entre Gaza et l’Égypte ont été fermés.
Jusqu’à la destitution du précédent président égyptien, Mohamed Morsi, des taxes étaient collectées auprès des exploitants de tunnels et utilisées pour payer les employés du secteur public. Avec l’avènement de tensions entre l’Égypte et le Hamas et la ramification des Frères musulmans suite au coup d’État égyptien, l’Égypte a accusé le Hamas de permettre à des hommes armés de se faufiler dans les tunnels jusqu’au désert voisin du Sinaï avant d’en détruire au moins 1370 et, par conséquent, une source de revenus majeure du Hamas.
Les ministères fonctionnent désormais grâce aux revenus de taxes et de redevances collectées localement alors que l’enclave se remet de la guerre. Ces revenus sont par exemple issus de révisions de voitures qui doivent être contrôlées par un organisme gouvernemental.
Zakria al-Hur indique que le ministère de l’Éducation a été contraint de réduire son coût de fonctionnement et le budget d’autres programmes vitaux, y compris celui d’un projet pédagogique pour la réhabilitation d’étudiants, mis en place par son service et dont le budget a dû être réduit de 100 000 à seulement 20 000 dollars.
Les bons de carburant ont également été réduits. Ainsi, les cadres supérieurs faisant la navette depuis différentes régions recevaient 130 à 150 litres de carburant par mois. Ils n’en reçoivent désormais plus que 30.
Les accusations des deux parties ont pris fin au cours de la guerre israélienne qui a duré sept semaines et ont été remplacées par l’expression et l’image apparentes d’une unité nationale. Mais celles-ci semblent s’effriter au vu des accusations grandissantes des deux parties dans les médias.
Cependant, le public palestinien espère que la réunion des deux partis politiques qui aura lieu ce mois-ci au Caire permettra d’établir de nouvelles bases communes. Abu Abdelhadi, âgé de 43 ans et enseignant à Gaza, déclare que le président Abbas et son gouvernement de consensus auraient dû visiter Gaza.
« Nous avons été massacrés. Ils n’ont jamais pensé à nous », dit-il. « Aucun Premier ministre ne se soucierait pas de son peuple après une tuerie massive. »
Mais il ajoute que le moment n’est pas approprié pour dénoncer et dénigrer. L’unité nationale doit fonctionner, car le peuple palestinien doit passer avant le Fatah et le Hamas.
« Après tout, nous sommes palestiniens, et le sang versé par Israël devrait nous unir », a déclaré Abu Abdelhadi.
Mahmoud Abbas a menacé de rompre l’accord d’unité avec le Hamas si le mouvement islamiste ne permettait pas au gouvernement d’opérer dans des conditions correctes à la bande de Gaza.
Mussa Abu-Marzouq, haut responsable du Hamas, a déclaré lors d’un récent séminaire à Gaza que le gouvernement de consensus avait une plus grande responsabilité dans la reconstruction de Gaza. Il a critiqué l’établissement par l’AP d’un comité pour la reconstruction de Gaza en Cisjordanie. 
« La bande de Gaza est capable de s’autogérer », a-t-il déclaré.
Alors que les partis continuent de s’attaquer à tour de rôle, on se demande qui paiera le prix de ces chamailleries politiques en pratique.
Certains représentants de l’UE s’étant rendus à Gaza récemment ont rencontré plusieurs acteurs importants de la société civile et évoqué le fait que l’UE et Israël ne s’opposent pas à payer les salaires du personnel à Gaza.
De son côté, le Hamas blâme Mahmoud Abbas.
« Il va y avoir une explosion massive, au nez de Mahmoud Abbas. Le public et les médias commencent à réaliser que le seul obstacle au paiement des salaires est Mahmoud Abbas », a déclaré Zakria al-Hur.
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Mohammed Omer est un journaliste palestino-néerlandais renommé, basé à Gaza.
http://www.middleeasteye.net/in-dep...
Traduction : Info-Palestine.eu - Claire L.

Washington juge "offensant" le discours d'Abbas à l'ONU

Les Etats-Unis ont fustigé vendredi le discours prononcé à la tribune de l'ONU par le président palestinien Mahmoud Abbas réclamant la fin de l'occupation israélienne et "l'indépendance de l'Etat de Palestine".
Il y avait dans "le discours du président Abbas aujourd'hui des descriptions offensantes qui sont profondément décevantes et que nous rejetons", a dénoncé la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki.
Dans un bref communiqué, elle a encore dénoncé des "déclarations provocatrices" de la part du dirigeant palestinien.
Le président Abbas avait réclamé auparavant devant l'Assemblée générale des Nations unies la fin de l'occupation israélienne et "l'indépendance de l'Etat de Palestine". Il avait aussi accusé Israël d'avoir mené "une nouvelle guerre de génocide" à Gaza, promettant de tout faire pour châtier les coupables.
Mme Psaki a encore critiqué des "déclarations contre-productives qui sapent les efforts destinés à créer un climat positif et à rétablir la confiance entre les parties".
La diplomatie américaine n'a pas abandonné l'espoir de relancer à l'avenir le processus de dialogue direct entre Israël et les Palestiniens. 
Le dernier cycle de neuf mois, sous les auspices du secrétaire d'Etat John Kerry, a capoté fin avril.

Le retour de 41 blessés à Gaza après avoir été soignés en Turquie

41 palestiniens sont retournés à la bande de Gaza sur un nombre de 123 blessés transportés à la Turquie pour le traitement depuis le 11 Août dernier après la guerre sioniste lancée sur la Bande de Gaza récemment.
Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué aujourd’hui que 41 blessés sont retournés à la bande de Gaza après la fin du traitement et que le nombre total des blessés qui sont arrivés en Turquie comprend le lot qui est arrivé le 23 de ce mois-ci, en soulignant que leur traitement est effectué dans les hôpitaux appartenant au ministère de la Santé dans différentes régions.
Le ministère a affirmé que la Turquie a contribué dans les efforts visant à mettre fin aux attaques sionistes récentes sur Gaza et à parvenir à un cessez-le feu permanent dans la région, soulignant son aide humanitaire continue pour soutenir le peuple palestinien dans la bande de Gaza.
L’Entité sioniste avait lancé une agression féroce sur la bande de Gaza qui a commencé le 7 Juillet et a duré 51 jours derniers au cours de laquelle 2200 palestiniens ont été tués, 11 milles autres ont été blessés et des dizaines de milliers de logements ont été détruits.

L'occupation arrête deux garçons au camp d'Aida et deux autres à Selwad

Les forces armées de l'occupation israélienne ont arrêté, le vendredi soir 26/9, deux garçons palestiniens du camp d'Aida et deux autres lors de violents affrontements ont éclaté dans la partie ouest du village de Selwad, à l'est de la ville de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie occupée.
Le militant Ibrahim Musalam a déclaré que l'occupation a arrêté les deux garçons Mouath Nedham Abou Aker et Yacine Mamoun Boudair du camp d'Aida dans la province de Bethléem, les deux ont l'âge de dix-sept ans.
Il a ajouté que l'arrestation de deux garçons a été effectuée lors de l'invasion de soldats israéliens dans un magasine dans le camp qui était le lieu de violents affrontements au cours desquels les soldats israéliens ont délibérément chassé les jeunes hommes et envahi un certain nombre de maisons et de magasins dans le camp.
Il a poursuivi que les deux garçons achetaient certains produits de la boutique à l'heure de l'assaut, soulignant que les autorités de l'occupant israélien ont libéré le garçon Boudair, une heure après son arrestation, alors que l'autre garçon est encore captif.
Dans le même contexte, les forces armées occupantes ont arrêté, le vendredi soir, deux garçons palestiniens qui ont 13 et 15 ans après avoir encerclé un groupe de jeunes hommes et les chassés lors de violents affrontements dans la région occidentale du village de Selwad, à l'est de la ville de Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie occupée, selon des témoins oculaires et des sources locales.

Cisjordanie: L'occupation poursuit les campagnes d'arrestations et l'installation des barrages

Les forces armées de l'occupation israélienne ont poursuivi les campagnes quotidiennes d'arrestations et les inspections de nuit dans les maisons des citoyens palestiniens, où les soldats israéliens ont kidnappé un citoyen palestinien du village de Beit Awa, à l'ouest d'Hébron dans le sud de la Cisjordanie occupée et ont inspecté plusieurs maisons dans la province.
Des sources locales ont déclaré que les forces armées occupantes stationnées sur le barrage de Kontanir à l'est de Jérusalem ont arrêté le jeune Youssef Hassan Abdul-Fatah Masalema (25 ans) lors de son passage via le barrage.
Les forces armées occupantes ont envahi plusieurs quartiers dans la ville d'Hébron et ont inspecté plusieurs maisons, sous prétexte de la recherche d'armées.
Les soldats israéliens ont installé des points de contrôle militaire sur les entrées du village de Seir et Halhoul dans le nord de la ville d'Hébron, et al-Dhaheria au sud et ont fouillé les véhicules des citoyens palestiniens, en vérifiant leurs cartes d'identité, ce qui a entravé leur circulation.
Des témoins oculaires de plusieurs régions à Jénine, Naplouse et Ramallah, ont déclaré que les soldats israéliens ont mis des barrages mobiles sous prétexte de la poursuite des recherchés par les forces armées occupantes.

Centre juridique: L'occupation porte l'entière responsabilité d'harceler le prisonnier Raed Moussa

Le Club du captif palestinien a tenu le gouvernement de l'occupation israélienne responsable totalement de la vie du prisonnier gréviste de la faim pour le cinquième jour consécutif, Raed Faiçal Fares Moussa (35 ans), du village de Silat Dhaher à Jénine et purge une peine de 4 mois de la détention administrative pour la troisième fois consécutive.
Le Club du captif à Jénine a mis en garde contre le harcèlement continu de l'occupation contre le prisonnier Moussa à la lumière de son refus de prendre les médicaments et son transfert de la prison du Néguev à une direction inconnue.
Selon les autres prisonniers, le prisonnier Moussa s'est expos à un chantage et menaces par les geôliers d'utiliser la force dans le but de lui obliger de manger, en cas de continuer sa grève de la faim, ce qui viole les droits internationaux et le droit du prisonnier dans la grève de la faim pour réaliser ses demandes justes, y compris la fin de la politique de la détention administrative injuste contre lui et les autres prisonniers.
Le Club a appelé le CICR à intervenir immédiatement pour révéler le sort du prisonnier Moussa, où son sort est inconnu depuis le moment de son isolement individuel.

Palestine: Une tempête prévue le dimanche et le lundi prochain

Les prévisions météo indiquent que la Palestine et Sham seront influencées par une tempête, le dimanche et lundi prochains, tandis que les pluies seront concentrées sur le nord de la Palestine occupée durant la journée du dimanche.
Selon le Département météorologique, le climat sera partiellement nuageux, tandis que la température sera basse et des pluies probables durant les heures du soir et de la nuit, avec le vent d'ouest et sud-ouest et la mer aura des légères et moyennes vagues.
Le climat sera partiellement nuageux lundi et une autre dégringolade sur les températures et le vent nord-ouest modéré à rapide, et les vagues seront légères et moyennes dans la mer.
C'est la première tempête après l'agression israélienne sur la Bande de Gaza qui a commencé, le 7 Juillet et a duré 51 jours, ce qui a causé le déplacement de milliers de leurs maisons, après que l'occupation a détruit leurs maisons, tandis que les centaines de Gazaouis vivent sans abri avec le début de l'hiver.

Plusieurs victimes de suffocation dans des affrontements à Hébron

Des dizaines de personnes ont été victimes de suffocation et d’évanouissement, aujourd’hui (27/9), en raison de l'inhalation de gaz lacrymogène lors d'affrontements avec les forces occupantes israéliennes au quartier Karaki dans la ville d'Hébron.
Le journaliste de l’agence "WAFA" a cité que des affrontements ont éclaté entre les soldats et les citoyens au cours de la prise d’assaut du quartier Karaki, au milieu du lancement de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes en direction des citoyens et leurs maisons, ce qui a causé la blessure de dizaines d'entre eux.
Le correspondant a ajouté que les soldats israéliens ont roué de coups le jeune Mouhammad Rajabi (22 ans) ce qui lui a causé des contusions et des blessures dans les différentes parties de son corps. Il a ensuite été transporté à l'hôpital de Mohammad Ali à Hébron pour le traitement.

Les dispositifs de l’AP arrêtent et convoquent 8 membres du Hamas

Les dispositifs de l’AP ont poursuivi leur campagne de poursuites menée contre les cadres et les partisans du «Hamas» en Cisjordanie occupée, arrêtant cinq d'entre eux et convoquant trois autres pour enquête. Ils ont attaqué la maison d'un jeune homme sans pouvoir l'arrêter et ont étendu la détention de cinq jeunes hommes de Bethléem.
A Ramallah, la "sécurité préventive" a arrêté le prisonnier libéré Sami Ibrahim Matir du camp de réfugiés de Qalandia après avoir passé six ans dans les prisons israéliennes, selon un communiqué du mouvement «Hamas».
Selon les détails de l'arrestation, une force du dispositif a intercepté un bus transportant des enfants à la maternelle dans lequel Matir travaille comme chauffeur et ont arrêté ce dernier devant les enfants qui ont pleuré et crié pendant plus d'une heure.
Un état de colère a régné parmi les habitants de Qalandia à cause de ce comportement honteux de la part des dispositifs de l’AP. Les jeunes du camp ont fermé la rue principale et ont menacé de recourir à des mesures d'escalade si le jeune Matir n’est pas libéré.
Le service de la sécurité préventive a aussi convoqué pour la troisième fois au cours de ce mois l’étudiant Asid Mohammed Abu Adi qui a annoncé son refus d'aller à l’entrevue.
A Hébron, l’étudiant Jihad Abrioch qui étudie à l'Université d'Hébron a été arrêté alors qu'il se rendait à l'université et a été transféré au centre de la sécurité préventive dans la ville.
Le même dispositif a également fait irruption dans la maison de l’étudiant Louay Asafrah sans pouvoir l'arrêter et a menacé les membres de la famille d’arrêter l’un d’entre eux si Louay ne se rend pas.
Le préventif d’Hébron a aussi arrêté l’étudiant à l'Université de Bethléem et directeur du site de Météo de la Palestine sur Internet Qusay Hulaiqa et convoqué le prisonnier libéré Jibril Shaher al-Atrash de la ville, tandis que le service de renseignement a arrêté le prisonnier libéré Adel Dababsah de la ville de Tarqumiya après avoir été appelé pour une entrevue.
A Qalqilya, le dispositif a convoqué l’étudiant dans l’université d’Al-Quds Luqman Tawil du village de Fara’ata pour enquête le lendemain de la détention de sa carte d'identité et de son téléphone, en plus de l’arrestation d’Anas Farid Abou Dhaher.
À Tulkarem, la sécurité préventive a arrêté Mohamed Salah après avoir été convoqué pour une entrevue alors que l’étudiant à l'Université de Khadouri Mohammed Yasine est encore en détention dans les prisons de l’AP pour la deuxième journée consécutive, sachant qu'il a été libéré il ya quelques jours des prisons des services de sécurité palestiniens où il avait passé quatre jours sans être présenté au procureur.
A Bethléem, le tribunal a prolongé la période de détention de cinq prisonniers libérés pendant 15 jours, tandis que le captif libéré Shadi Abu Aker du camp d’Aida est toujours en détention chez les services de sécurité de l’AP depuis plus de 8 jours.

Al-Qassam : Nous révélerons bientôt quelques surprises de la guerre de Gaza

Le porte-parole des Brigades d'el-Qassam, la branche armée du mouvement du Hamas, a déclaré vendredi soir que de nombreuses surprises lors de la bataille de Gaza seront révélées dans les prochains jours.
Le porte-parole, Abou Hamza, a confirmé dans son discours lors du festival "La victoire" pour honorer les martyrs du bataillon "Redwan" au nord de la Bande de Gaza, qu'el-Qassam a les moyens d'obliger l'occupation israélienne à répondre aux demandes de la résistance.
Il a souligné que la bataille sera le début de la route devant les victoires à venir jusqu'à la libération de toute la Palestine.
Abou Hamza a souligné que le départ des martyrs renforce les Brigades d'el-Qassam pour poursuivre le chemin de la résistance et mettre fin à l'occupation israélienne dans toute la Palestine.

Mouchir al-Masri : Nous réaliserons un nouvel accord pour la libération des prisonniers

Le dirigeant du mouvement du Hamas, Mouchir al-Marsi, a déclaré que le peuple palestinien a un rendez-vous avec un accord "Fidélité de Libres" contre les soldats israéliens capturés par la résistance lors de la bataille de Gaza.
Dans son discours lors du festival intitulé "La Victoire" à la mémoire des martyrs du bataillon "Redwan" dans le nord de Gaza, al-Masri a déclaré vendredi 26/9, que les négociations indirectes réaliseront une nouvelle opération pour libérer le plus grand nombre possible de prisonniers, en soulignant que la résistance restera fidèle au sang des martyrs et les cris des prisonniers.
Il a souligné que son mouvement poursuivra les négociations indirectes avec l'occupation pour obtenir toutes les demandes du peuple palestinien à vivre en liberté et dignité, notant que son mouvement et les factions de la résistance obligeront l'occupation à répondre aux demandes palestiniennes.
Al-Masri a insisté sur le fait que l'occupation n'a pas réalisé ses objectifs lors de l'agression sur la Bande de Gaza, après la chute intensive des roquettes sur les villes occupées, tandis que les tunnels travaillaient jusqu'au dernier moment et la bataille a été transférée derrière les lignes de l'ennemi.
"La prochaine bataille sera sur le point du Néguev et Ashkelon et tous les territoires palestiniens occupés en 1948 vers Jérusalem", a-t-il poursuivi; tout en indiquant que la tentative de négocier les armes de la résistance pour la reconstruction est perdu d'avance.
Le festival a été organisé par le mouvement du Hamas afin d'honorer les familles des martyrs de Redwan, avec un défilé de l'élite des Brigades d'el-Qassam et d'autres sections.

Une force sioniste prend d’assaut la prison d’" Eshel " humiliant les prisonniers

Le Centre palestinien des droits de l'homme a confirmé qu’une force sioniste spéciale a pris d’assaut hier l’une des sections de la prison d’Eshel à Beersheba.
Le Centre des "prisonniers de la Palestine" a indiqué dans un communiqué de presse le samedi (27|9) que les éléments de l'unité ont pris d'assaut un certain nombre de chambres de manière barbare et ont menotté les prisonniers puis les ont fait sortir pendant plusieurs heures en dehors de leurs cellules pour mener une inspection minutieuse.
 La déclaration a mis en garde contre le retour de la "Matsada" qui est connue par son "histoire effrayante contre les prisonniers", ajoutant que "la prise d’assaut de la prison d’Eshel est intentionnel en raison de la présence de 73 prisonniers libérés par l’accord Wafa al-Ahrar qui ont été arrêtés à nouveau."

Rapport: 540 palestiniens souffrent extrêmement en détention administrative

Le Centre des «prisonniers de la Palestine » a annoncé que le nombre de détenus administratifs dans les prisons israéliennes a augmenté au cours des trois dernières semaines jusqu'à environ 540 prisonniers palestiniens après le transfert de plusieurs dizaines de personnes à la détention administrative, en plus du renouvellement de la détention pour plus de 70 autres au cours de la période écoulée.
Un communiqué publié par le centre le samedi (27/9) a confirmé que l'occupation a intensifié dans ces trois derniers mois son utilisation de la politique de la détention administrative suite à la disparition et le meurtre des trois soldats à Hébron, ce qui a élevé le nombre de prisonniers administratifs à plus de 500 prisonniers jusqu'au début du mois de Septembre, tandis que ce nombre a encore augmenté au cours de ces dernières semaines pour atteindre plus de 540 prisonniers.
Le Centre a appelé les pays signataires du « Pacte international relatif aux droits civils et politiques» et à «la Quatrième Convention de Genève» à intervenir d'urgence pour arrêter ces violations commises contre les palestiniens.

Hamdallah: des partis internationaux payeront les salaires du personnel de Gaza

Le chef du gouvernement palestinien de compatibilité Rami Hamdallah a déclaré le samedi (27/9) que des études sont en cours d'élaboration pour payer les salaires du personnel civil de Gaza temporairement par un troisième parti international.
Hamdallah a rejeté au cours d'une conférence de presse tenue au siège du gouvernorat de Naplouse, après une réunion avec les dirigeants des services de sécurité en Cisjordanie, la divulgation de ce parti.
Il est à noter que l'État du Qatar était prêt à payer les salaires du personnel du gouvernement précédent dans la bande de Gaza dont le gouvernement de consensus refuse de leur payer le salaire.
Il a souligné que le paiement de ces salaires ne serait pas effectué par l'Autorité palestinienne, "mais en coordination avec elle pour résoudre ce problème".
Dans le cadre des accords conclus par les mouvements de "Fatah" et du "Hamas" au cours des réunions effectuées par les délégations des deux mouvements au Caire mercredi et jeudi derniers il a été décidé d’exiger que le gouvernement donne une récompense financière aux employés de la bande de Gaza jusqu'à la fin du travail du comité juridique et administratif.

Les prisonniers réclament la suppression des brouilleurs cancérogènes

Les prisonniers palestiniens dans les prisons de l'occupant israélien ont appelé les organisations internationales et humanitaires à travailler afin d'éliminer les dispositifs plantés par l'administration pénitentiaire israélienne, depuis des semaines, dans le cadre de la politique du meurtre lent, qui vise à briser la volonté de mouvements des prisonniers à la liberté et la vie en dignité.
Selon un message infiltré de l'intérieur des prisons et publié le vendredi 26/9, les brouilleurs cancérogènes sont encore en train d'envahir les prisons sionistes et émettent des rayonnements inconnus qui causent différentes maladies chroniques.
Les prisonniers ont considéré que ces dispositifs font partie de la campagne de restrictions et les sanctions imposées par l'administration pénitentiaire sur le mouvement national palestinien captif, y compris la privation de la visite, du médicament, des médias et de sortir dans la cour de la prison et aussi les simples droits humanitaires.
Les prisonniers ont appelé les Palestiniens, y compris leurs familles et les ex-prisonniers libérés, les institutions et les factions à travailler pour les soutenir.

L'occupation mate les marches de la Cisjordanie et blesse des dizaines de militants

Les dizaines de citoyens palestiniens ont été asphyxiés dans de violents affrontements éclatés avec les forces armées occupantes, qui ont maté plusieurs marches dans les différentes zones de la Cisjordanie occupée.
Les forces armées occupantes ont maté après la prière de vendredi 26/9, deux marches anti-colonisation dans la zone du nord de Ramallah dans le centre de la Cisjordanie.
Dans le village de Nabi Saleh, les forces armées occupantes ont attaqué une marche qui s'est dirigée vers la colonie de "Halmish" et les terres menacées de confiscation dans ses alentours avec les bombes du gaz et les balles en caoutchouc, ce qui a causé l'asphyxie sévère d'un certain nombre des jeunes hommes et de femmes.
De violents affrontements ont eu lieu sur l'entrée orientale du village, tandis que les jeunes ont lancé des pierres sur le site militaire dans le lieu.
Dans le village de Bilin, les soldats israéliens ont maté une marche comprend des militants de paix et des solidaires étrangères, après être arrivée dans la zone occidentale menacée d'être confisquée en raison de l'expansion coloniale de la colonie "Kyriat Siver", où les soldats ont intensivement lancé les balles en caoutchouc et les bombes du gaz.
Les dizaines de citoyens et de militants étrangers ont été blessés avec l'étouffement, après que les forces armées occupantes ont maté la marche hebdomadaire anti-colonisation de Bilin et contre le mur de séparation raciste.
Un certain nombre de Palestinien ont été asphyxiés dans de violents affrontements avec les soldats israéliens dans le village de Wadi Foukin, à l'ouest de Bethléem.
Dans le même contexte, les forces armées occupantes ont réprimé, le vendredi après-midi, la marche hebdomadaire de Kafr Qadoum et ont arrêté plusieurs manifestants, alors que les dizaines ont été asphyxiés en raison du gaz lacrymogène.

Israël/Palestiniens: "les choses n'ont pas beaucoup avancé", regrette Fabius


Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a reconnu vendredi à New York que "les choses n'avaient pas beaucoup avancé" sur la question du conflit israélo-palestinien.
"Le conflit israélo-palestinien n'a pas été absent de cette session (de l'Assemblée générale de l'ONU) mais il a été moins présent que certains pouvaient imaginer. Sur la question des relations entre Israël et Palestine, pour le moment les choses n'ont pas avancé", a déclaré M. Fabius lors d'une conférence de presse.
"Il y aura une réunion sur la reconstruction de Gaza le 12 octobre au Caire, mais il est évident qu'il faut trouver une solution sur le fond. Or, force est de constater que les choses n'ont pas beaucoup avancé", a-t-il dit.
"Il y a des projets, nous avons travaillé sur une résolution, mais d'une façon générale nous connaissons les paramètres pour les négociations. On ne peut pas continuer pour l'éternité, il faut trouver une solution", a-t-il insisté.
Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU travaillent depuis des semaines sur un projet de résolution consacré à Gaza (trêve, reconstruction, levée du blocus, démilitarisation) après la guerre meurtrière cet été entre Israël et le Hamas, qui a fait plus de 2.100 morts côté palestinien, en majorité des civils, et plus de 70 côté israélien, dont 66 soldats.
Toutefois, les Palestiniens sont opposés à une résolution ne traitant que de la question de Gaza, et la résolution a peu de chances de voir le jour, selon une source diplomatique.

vendredi 26 septembre 2014

Abbas appelle à mettre fin à l'occupation israélienne "maintenant"

Le président palestinien Mahmoud Abbas a réclamé vendredi à la tribune de l'ONU la fin de l'occupation israélienne et "l'indépendance de l'Etat de Palestine".
Il a aussi accusé Israël d'avoir mené "une nouvelle guerre de génocide" à Gaza, promettant de tout faire pour "châtier les coupables".
M. Abbas n'a cependant pas fixé, contrairement à ce qu'il avait annoncé lundi, un nouveau calendrier précis pour des négociations de paix, se contentant de demander une résolution au Conseil de sécurité qui n'a aucune chance d'être adoptée.
"Il est grand temps de mettre fin à cette occupation accompagnée de colonisation, dès maintenant", a-t-il martelé. "L'occupation doit cesser maintenant (...), l'heure de l'indépendance de l'Etat de Palestine est arrivée".
Affirmant que la récente offensive israélienne à Gaza était "la troisième guerre en cinq ans menée par l'Etat raciste occupant", il a ajouté: "la différence, cette fois-ci, est l'ampleur plus grande de ce crime génocidaire".
"Au nom de la Palestine et de son peuple, j'affirme que nous n'oublierons pas et que nous ne pardonnerons pas et que nous ne laisserons pas des criminels de guerre échapper au châtiment", a-t-il affirmé.
Il n'a cependant pas fait allusion à une saisine de la Cour pénale internationale (CPI), une menace souvent brandie par des responsables palestiniens.
La Palestine a désormais la possibilité d'adhérer à la CPI depuis qu'elle a obtenu en 2012 le statut de pays observateur non membre à l'ONU, et donc de porter plainte contre Israël auprès de la Cour. Celle-ci juge les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et actes de génocide.
La guerre à Gaza en juillet et août a fait plus de 2 100 morts palestiniens, pour la plupart des civils, et plus de 70 côté israélien dont 66 soldats.

RÉCIT DE GAZA

Récit d’un génocide répété
Ziad Medoukh
C’est difficile pour moi, Palestinien de Gaza, de parler, de témoigner et de retracer cette nouvelle offensive militaire israélienne qui a duré plus de 50 jours en juillet-août 2014. C’était terrible! J’aurais besoin de pages et de pages pour décrire ce carnage, ces crimes et ces massacres israéliens contre les civils de Gaza. Mais je vais essayer le plus succinctement possible de narrer une partie de mon vécu pendant les événements horribles qu'a subi toute la population de la bande de Gaza.
Je ne vous cache pas que, bien que les bombardements soient arrêtés depuis plus d’un mois, je suis toujours, comme tout mon peuple, sous le choc, et que je ne réalise pas que je suis encore vivant, car c’était vraiment un génocide, personne n’était à l’abri, et tout le monde attendait son tour d’être tué par le missile d’un avion militaire israélien ou l’obus d’un char ou d'un tank.
Personnellement, je n’attendais pas le début de cette agression commencée le 8 juillet, car on était en plein mois de Ramadan, un mois sacré avec des rituels spéciaux. Mais, avec ce gouvernement d’extrême droite et cette occupation israélienne illégale, rien n’est sacré. Ils attaquent à n’importe quel moment.
Je me souviens du début de cette agression, le mardi 8 juillet 2014, vers 11h. J'étais au département de français de l'université avec mes étudiants et une solidaire française. Ils échangeaient avec elle, quand, soudain, les bombardements ont commencé, on a décidé de continuer bien que l’université ait évacué ses étudiants. On est resté jusqu’à 12h, puis on a quitté à cause de l’intensification des tirs. Je suis retourné à mon domicile. Sur le chemin, des ambulances et le bruit des missiles qui tombaient partout. En arrivant chez moi, j’ai demandé des nouvelles de tout le monde. En fait, les écoles avaient déjà été évacuées et chacun était rentré chez soi.
Dans l’après-midi, premier appel téléphonique d’un journaliste français qui voulait des témoignages directs, puis j'ai commencé à envoyer le premier bilan du début de cette nouvelle agression israélienne aux amis et aux solidaires, sur internet et sur Facebook, une première nuit terrible suivie de 49 jours encore plus difficiles: le début de la troisième offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza en 5 ans!...
Cette offensive militaire contre notre peuple était différente de celles de 2008 et de 2012, bien que la guerre c’est la guerre, mais la particularité de cette attaque se résume en 7 points :
- Sa longue durée, plus de 50 jours de bombardements et d’attaques sanglantes, l’armée d'occupation a mené plus de 7000 raids.
-Le nombre de victimes, 2200 morts palestiniens, parmi eux plus de 500 enfants, et 11000 blessés.
-La destruction massive, notamment des quartiers entiers effacés de la carte, partout des tours et des centres commerciaux détruits 
-Les attaques sanglantes qui ont visé des écoles abritant les réfugiés, le centre de la ville de Gaza soit disant sécurisée, où personne dans aucun lieu n'était à l’abri.
-La résistance militaire palestinienne acharnée, les factions ont lancé des roquettes jusqu’à la dernière minute avant le cessez le feu
-La résistance exemplaire de notre population civile, solidarité familiale et unité nationale.
-La forte mobilisation internationale et les manifestations de soutien à la population de Gaza et contre les crimes israéliens, partout dans le monde.
Pendant cette guerre, l’armée de l’occupation a semé la terreur et l’horreur dans une région qui subit déjà un blocus inhumain et illégal, depuis plus de sept ans.
Le véritable objectif israélien est de casser la volonté remarquable de cette population civile résistante qui, malgré ce blocus et deux guerres passées, continue de résister et d’exister.
Pour moi, j’ai vécu cet évènement comme toute ma population avec un quotidien particulier : bombardements- missiles qui tombent toutes les trois quatre minutes-attaques-peur-inquiétude- pénurie d’électricité et d’eau-isolement-manque de médicaments et de produits alimentaires.
Mais avec cette particularité que j’ai été sous pression et débordé. Primait mon devoir de rédiger un compte rendu quotidien et un bilan de l’agression israélienne et de l’envoyer via internet et les réseaux sociaux à tous les amis solidaires, aux associations de soutien à la Palestine et aux médias francophones, une tâche difficile, notamment à cause des coupures d’électricité permanentes et de la situation de guerre. Il faut ajouter à cela mes témoignages de tous les jours, voire de toutes les heures à plusieurs chaînes de radio, de télévision et aux journaux francophones qui me sollicitaient sans cesse. Sans exagération, je devais répondre par jour à 30 à 40 appels téléphoniques qui venaient de tous les pays francophones.
Je peux dire que durant cette guerre, ma seule joie était le retour du courant électrique, ne serait-ce que deux ou trois heures par jour, pour envoyer les nouvelles et charger mon portable. C’était très important pour moi ce bilan quotidien, car je tiens beaucoup à la solidarité populaire avec notre cause de justice, notamment devant le silence complice de la communauté internationale officielle et la brutalité de l’agression israélienne.
Quand le courant électrique revenait à n’importe quel moment de la journée, le matin, le soir, à l’aube, même à 2h ou 3h du matin, un état d’urgence était décrété chez moi, personne dans la maison n’avait le droit de me parler ou de me demander quoi que ce soit, la priorité était d’envoyer mon compte rendu, et j’ai laissé tomber beaucoup d’obligations familiales, car je suis convaincu de l’importance de cette solidarité internationale. Je voulais informer sur notre quotidien et le bilan de l’agression. Je profitais au maximum du courant électrique Je regroupais les photos et les informations de plusieurs sites et sources médicales pour les envoyer, je n’avais pas le temps de m’occuper de mes enfants et de ma famille, et même quand on a reçu chez nous des familles et des proches qui venaient d’autres régions menacées, ils n'osaient me parler quand l'électricité revenait.
Pendant les premiers 24 jours du carnage israélien, j’ai réussi à envoyer mon bilan quotidien à des milliers de personnes, et même si je n’avais pas le temps de lire et de répondre à tous les messages qu'ils m’adressaient, combien j’ai été conforté de savoir le soutien sans relâche de ces gens de bonne volonté. Et maintes fois, malgré le risque et les bombes qui tombaient, je suis allé chez des voisins et chez des amis qui avaient de l’électricité pour envoyer mon bilan journalier, car je voulais que tout le monde connaisse notre souffrance et notre douleur suite à ce nouveau génocide israélien.
Vous ne pouvez imaginer ma tristesse et ma frustration quand la centrale électrique de Gaza a été totalement détruite par l’aviation israélienne fin juillet 2014. Pendant 8 jours, aucun foyer de Gaza n'a eu d’électricité, j’étais isolé, je ne pouvais pas sortir de chez moi, car c’était la ville de Gaza qui était visée. Heureusement qu’il y avait le portable , les amis m’appelaient, je ne voulais pas répondre afin de ne pas décharger ma batterie mais les dizaines d’appels de ceux qui s’inquiétaient pour moi, eux et des centaines de personnes qui demandaient de mes nouvelles, m’ont rassuré. Cinq amis de France, Belgique, Algérie et Maroc ont décidé de m’appeler tous les jours pour avoir des informations sur moi et sur la situation à Gaza, afin de rassurer sur internet les autres amis qui étaient très inquiets de mon silence.
Le moment le plus difficile durant cette agression fut quand je ne pus sortir de chez moi pendant une semaine, quand le centre de la ville de Gaza soit disant sécurisé fut bombardé- même mon quartier a été visé , 3 maisons ont été détruites, et 4 voisins tués- Le seul endroit où je pouvais aller était la maison de mon voisin qui a un générateur, pour charger mon portable, trente minutes seulement tous les deux jours. Mon voisin comme beaucoup de mes amis me parlait souvent de cette mobilisation pour Gaza, notamment en France, et de la volonté des gens de manifester dans les rues, malgré l’interdiction officielle.
Pendant les 50 jours, je n’ai pas dormi, même pas deux heures par jour, j’ai quelquefois passé deux ou trois jours sans dormir, pas seulement par inquiétude de ces bombardements aveugles, mais pour répondre aux appels téléphoniques qui venaient de beaucoup de pays, en particulier du Québec, avec le décalage horaire.
Pendant cette agression israélienne, j’avais comme tout mon peuple plusieurs sentiments : fierté, confiance, force, courage, peur, inquiétude et soulagement.
Mon quotidien durant cette guerre a été très difficile et très particulier : aller au marché tous les deux, trois jours avec beaucoup de risques, acheter de quoi nourrir ma famille, demander des nouvelles aux voisins, appeler les amis et les proches quand il y avait des bombardements dans leurs quartiers, puis rester tout le temps chez moi pour suivre les informations, notamment à partir des radios qui fonctionnent à l'aide de batterie, et quand le courant électrique revenait, l’installation devant mon ordinateur pour écrire mon bilan et garder le contact avec le monde. Cette situation m'était particulière car je n’ai pas l’habitude de rester chez moi, je restais souvent tard au département de français. J’ai profité des jours de trêve pour aller à mon travail préparer la rentrée prochaine.
Lors de l’écriture de mes témoignages quotidiens et de leur envoi à mon réseau, trois éléments m’ont marqué :
- J’étais gêné quand les amis et les solidaires me remerciaient, je n’avais pas besoin de remerciements, je faisais mon devoir d’informer, et ce n'est rien par rapport aux sacrifices de nos martyrs et de nos blessés qui ont donné de leur sang pour que vive la Palestine et pour que Gaza reste digne, l’information fait partie de la résistance.
- Le soutien de ces amis et solidaires à Ziad Medoukh, c’était un soutien à Gaza, ce sentiment me rendait fier, mais responsable devant ces milliers de personnes que je devais informer au jour le jour sur la situation
- Le regret de ne pas avoir le temps de répondre à tous les messages: j’ai découvert plus de 20000 messages sur ma boite email et sur Facebook venant de centaines d’amis et de solidaires.
Un aspect très positif, j’ai gagné beaucoup de nouveaux amis- plus de 3000 nouveaux qui m’ont ajouté sur Facebook-, j’ai découvert des personnes extraordinaires, de vrais solidaires, des gens de bonne volonté, qui veulent soutenir Gaza et la Palestine. Ces personnes de beaucoup de pays étaient très inquiètes quand je ne pouvais pas envoyer mon bilan, leurs messages si sincères et si proches me rendent plus déterminé que jamais, ces gens ont gardé le contact avec moi et on continue d'échanger.
J’ai parlé en direct à 15 manifestations en France et en Suisse, les cris des solidaires du slogan « Palestine vivra, Palestine vaincra !» Me rendent fort et m’encouragent à résister, car derrière nous il y a des millions de personnes dans le monde qui expriment leur colère contre les crimes israéliens et pour soutenir les Palestiniens de Gaza.
Un aspect qui m'a frappé dans les appels et les messages de beaucoup de personnes de différentes nationalités et de différentes confessions est que tout le monde prie pour moi : les amis musulmans, les chrétiens, les juifs, même les non croyants et les athées, j’ai été très ému par le nombre de messages mais surtout par leur contenu. Parmi ceux qui m’ont vraiment touché :
1-« Et j'écrirai votre nom Ziad Medoukh et celui de Gaza dans une prière spéciale pour vous, que les sources d'eau pure jaillissent en grand nombre à Gaza. »
2- : « Je l'ai écouté hier, en pleine circulation... j'ai failli emboutir la voiture qui était devant moi. Entendre le témoignage de Ziad Medoukh, alors que j'ai plutôt l'habitude de le lire... Entendre sa voix triste énoncer l'horreur absolue... :'( »
3-: « ‎Je ne souffle que quand tu nous écris Ziad Medoukh, mais à mon grand malheur dès que je te lis je suis encore plus anéantie ».
4-« Avec toi,Ziad j'ai eu peur, avec toi, j'ai pleuré, avec toi, j'ai espéré! »
5-« Nous sommes tous des Palestiniens, nous sommes tous des Gazaouis »
Parmi les moments douloureux de cette guerre, celui où j’ai composé mon poème : « Ne pleure pas maman si je tombe en martyr ». J’attendais mon tour comme tous les civils de Gaza, avec les bombardements intensifs et aveugles. Ce poème a suscité beaucoup de réactions chez mes amis malgré sa tristesse, mais il montre l’état d’esprit de ce danger qui touche tout le monde à Gaza.
J’ai profité de la trêve pour aller au département préparer la rentrée prochaine et établir un programme de soutien pour mes étudiants. A propos de ceux-ci, j’ai été fier d’eux : ils ont écrit et informé leurs amis sur les réseaux sociaux de ce que se passe à Gaza, ces jeunes étudiants de 19-20 ans qui témoignaient tous les jours, écrivaient des articles et répondaient aux questions des journalistes malgré une situation de guerre, et malgré leurs deux ou trois ans de français, quel courage!
J’ai pleuré plusieurs fois, je me suis senti impuissant devant les corps des enfants massacrés, mais je n’ai jamais montré mes larmes ni à ma famille, ni aux amis quand ils m’appelaient pour avoir de mes nouvelles, eux qui pleuraient au téléphone.
En dépit de notre vécu tragique pendant ces 50 jours de terreur où Gaza a supporté l’insupportable, les deux éléments qui m’ont rassuré sont :
-la volonté remarquable et la patience exemplaire de notre population civile malgré l’ampleur de cette guerre.
-la mobilisation internationale et le soutien populaire partout dans le monde, toute la population a apprécié cette solidarité qui a participé à faire pression contre les gouvernements.
On peut dire qu’aucun objectif israélien de cette nouvelle offensive n’a été réalisé, notre population digne est toujours débout.
Un mois après l’arrêt de cette nouvelle agression, de ce nouveau génocide contre notre peuple, rien n’a changé à Gaza, le blocus est toujours là. Tant que les crimes israéliens ne sont pas jugés et tant que dure l’impunité d’Israël, un nouveau génocide se prépare.
La forte mobilisation pour Gaza partout dans le monde pendant l’agression israélienne, très appréciée par notre population civile, devrait être poursuivie, car, avant et après cette agression, la situation est toujours marquée par le blocus israélien, la fermeture des frontières et l’interdiction d’acheminer beaucoup de produits et de matériel.
Après tout, malgré toutes les pertes humaines et la destruction massive, malgré ces 50 jours de terreur, je suis plus que jamais déterminé à continuer ma résistance quotidienne dans la bande de Gaza à travers l’éducation et le travail avec mes jeunes pour une ouverture sur le monde, avec le soutien des solidaires de notre cause juste pour une Palestine de liberté et de paix durable, une paix qui passera avant tout par la justice.

Israël "ignore la loi et agit dans l'impunité la plus totale"

Israël ignore les lois et conventions internationales, et agit dans l'impunité la plus totale, a dénoncé jeudi le Tribunal Russell sur la Palestine (RToP), au lendemain d'une session extraordinaire organisée à Bruxelles.
"Il y a urgence, nous sommes à deux doigts d'un génocide comme on n'en a plus connu depuis des années", a souligné l'avocat Michael Mansfield.
Les témoignages recueillis permettent au Tribunal Russell d'affirmer que l'Etat hébreu s'est rendu coupable, lors de l'opération "bordure protectrice" lancée début juillet, de crimes contre l'humanité tels que le meurtre, l'extermination et la persécution, et de crimes de guerre tels que des exécutions délibérées, destructions injustifiées, attaques dirigées intentionnellement contre des civils ou encore un usage disproportionné de la force. "Il ne s'agit pas d'une guerre entre deux Etats, Israël est l'occupant et ne peut prétendre à l'auto-défense. A contrario, le droit international autorise une population à résister à une occupation", souligne le Tribunal.
"Ce fut une journée choquante qui nous a laissés estomaqués, ces témoignages ne peuvent être ignorés", a commenté le réalisateur Ken Loach, qui a insisté sur la rhétorique de destruction qui prévaut au sein d'une partie de la classe politique israélienne et qui fournit, selon le Tribunal, le cadre dans lequel s'inscrivent les crimes perpétrés à Gaza. Le RToP a conclu sa session par une série de recommandations destinées à Israël, l'Autorité palestinienne, l'Egypte, l'Union européenne, les Nations Unies et la société civile. "Des lois et conventions existent, il faut les faire respecter", a martelé l'artiste Roger Waters.

Accord Fatah-Hamas pour un retour à Gaza du gouvernement d’union

Les mouvements palestiniens Fatah et Hamas ont annoncé jeudi au Caire un accord pour permettre à leur fragile gouvernement d'union, menacé d'implosion en raison de leurs différends, d'exercer son autorité dans la bande de Gaza.
Cette annonce intervient alors que les deux mouvements étaient à couteaux tirés depuis plusieurs semaines, le président Mahmoud Abbas ayant accusé le mouvement Hamas de maintenir un "gouvernement parallèle" à Gaza et d'empêcher le gouvernement d'union formé en juin d'y exercer son autorité.
Ce gouvernement composé d'indépendants avait vu le jour à la suite d'un accord de réconciliation signé en avril par le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), dont le Fatah d’Abbas est la principale composante, après des années de divisions.
"Le Fatah et le Hamas sont parvenus à un accord complet pour un retour du gouvernement d'union dans la bande de Gaza" a indiqué à l'AFP un membre de la délégation du Fatah au Caire, Jibril Rajoub.
De nombreuses capitales conditionnent leur aide à l'exercice de l'autorité du gouvernement d'union dans l'enclave, le Hamas étant considéré comme un groupe "terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne.
'Stratégie unifiée face à Israël' 
Début septembre, des experts palestiniens avaient estimé à six milliards d'euros les coûts de la reconstruction de Gaza et affirmé qu'elle durerait cinq ans dans l'hypothèse d'une levée totale du blocus imposé par Israël sur l'enclave palestinienne.
Selon l'accord, "le gouvernement d'union supervisera les points de passage vers Gaza (...) pour faciliter la reconstruction" de Gaza et l'entrée de matériel de construction, a annoncé un haut responsable du Hamas, Moussa Abou Marzouk, lors d'une conférence de presse clôturant deux jours de pourparlers.
Abou Marzouk a également annoncé qu'une "solution" avait été trouvée "au problème des fonctionnaires", alors que le Hamas a accusé l'Autorité palestinienne d’Abbas, dont le siège est à Ramallah, en Cisjordanie, de ne pas payer les 45.000 fonctionnaires de Gaza.
"Cette rencontre était très importante, elle a traité de tous les sujets qui faisaient obstacle" à l'application de l'accord de réconciliation signé en avril, a ainsi indiqué Abou Marzouk.
Mercredi, un haut responsable du Fatah, Azzam al Ahmad, avait affirmé que les discussions du Caire devait également permettre aux Palestiniens de définir "une stratégie unifiée" face à Israël, alors qu'Abbas doit s'exprimer vendredi devant l'Assemblée générale des Nations unies, pour demander l'adoption d'une résolution demandant la fin, d'ici à trois ans, de l'occupation israélienne.

Moi, Arabe israélien, je ne veux pas vivre avec vous !

La Cour suprême israélienne a validé le 17 septembre une loi autorisant les petites localités à refuser l'installation de nouveaux résidents pour des raisons d'"incompatibilité sociale ou culturelle". Il s'agit d'une mesure de discrimination antiarabe, estime le journaliste arabe israélien Oudeh Basharat.
Quand mon fils était petit, j'ai passé une demi-heure à tenter de contourner un terrain miné : lui expliquer le sens de momis [prostituée], un mot d'arabe littéraire qu'il avait lu dans un roman. Avec beaucoup de chutzpah [culot en hébreu], il m'a dit, comme s'il venait de découvrir l'Amérique : "Ça veut direcharmouta [pute en arabe] !"
Moi, Arabe israélien, je ne veux pas vivre avec vous !
Des Palestiniens de 48 protestent contre la mascarade des élections législatives du régimesioniste du 22 janvier 2013
En somme, les vénérables juges de la Cour suprême israélienne n'ont nul besoin d'écrire 135 pages d'explication philosophique, comme ils l'ont fait en donnant leur feu vert à la loi sur les comités d'admission [de nouveaux résidents dans les petites localités], pour expliquer que l'Etat d'Israëlconsidère la légitimité du racisme.
C'est tout Israël. Un jour, j'ai rendu visite au poète Taha Muhammad Ali, aujourd'hui décédé. Il me montra un chèque de 6 shekels (1,50 euro) qu'il avait reçu d'Israël Electric Corporation [principal fournisseur d'électricité] à la suite d'un trop-perçu. Avec son sens de l'humour unique, il m'a dit : "Voilà un pays qui suit scrupuleusement la loi. Ils volent tout un territoire sans demander la permission, mais ils vous remboursent 6 shekels sans faute."
Une bande de racistes
Mais il avait tort. Après tout, Saffouriyya, le village [arabe en Galilée] d'où il a été déraciné, est passé sous contrôle juif dans le cadre de la loi sur la propriété des absents [utilisée pour saisir les terres des Palestiniens qui avaient été forcés de les quitter], qui reste une page sombre dans l'histoire de la civilisation.
Cette loi, j'ai beau avoir grandi avec et y avoir été confronté quand on m'a interdit l'accès aux terres de mes parents, elle ne passe pas, je n'arrive pas à la digérer. Et voici maintenant la loi sur les comités d'admission : après avoir été chassés de leurs terres en toute légalité, les Arabes qui cherchent un endroit où vivre se font envoyer paître tout aussi légalement.
J'aimerais signaler que, même si l'on m'offrait une grande maison dans l'un de ces quartiers [juifs des petites localités], je refuserais d'y emménager. Après tout, comment pourrais-je accepter de vivre entouré d'une bande de racistes qui rejetteront très certainement tout Arabe souhaitant s'y installer ? Ils pourraient bien aussi rejeter toute personne qui ne leur ressemble pas.
Surpopulation
Ce qui me met hors de moi, c'est qu'on présente les Arabes comme des gens avides de profiter d'une société riche et cultivée, des gens qui fuient des villages primitifs ravagés par les conflits familiaux et la violence, pour emménager dans le paradis créé par l'homme blanc. Tout ça est absurde.
La  plupart des maux qui touchent les villages arabes résultent directement de leur horrible surpopulation. Ainsi, dans le village arabe de Yafia, les gens se battent pour une place de parking, tandis qu'il y en a en quantité dans [la ville juive] de Nazareth (la haute).
Nous qui possédions cette terre les premiers sommes maintenant considérés comme les mendiants aux portes de la ville. Les Arabes d'aujourd'hui partagent le sentiment du poète arabe de jadis : "Comme les chameaux dans le désert... tués par la soif... et portant l'eau de la vie".
Quartiers partagés
Voilà ce que ressentent les Arabes en passant près de Malul, de Saffouriyya ou d'Umm Al-Zinat [anciens villages arabes vidés et repeuplés par une population juive israélienne]. Leurs parents y possédaient beaucoup de terres, mais ils vivent maintenant "comme des cafards drogués dans une bouteille", pour reprendre les termes du général [israélien] Rafael Eitan.
Voici donc ma proposition : rendez-nous nos terres, laissez-nous construire de nouveaux quartiers qui correspondent à notre mode de vie, à notre idée de l'hospitalité, avec des jardins, de la vigne, des pruniers et des oliviers, entourés d'une bonne vieille clôture rustique, et je vous promets que nous garderons nos distances. Je travaillerai même à créer des quartiers partagés pour les membres des deux nations.
Rassurez-vous, la décision de la Cour suprême ne va pas empêcher les Arabes de dormir. D'abord parce que les Arabes n'attendent rien de cette Cour. Mais aussi et surtout parce que les Arabes ne veulent pas vraiment vivre dans ces quartiers, de toute façon. Toute personne qui est obligée d'y emménager le fait parce qu'elle n'a pas d'autre choix, pas parce qu'elle en a envie. Qui aime les racistes, après tout ?

Article paru en anglais dans l'édition pour les abonnés du Ha'aretz sous le titre : "To those who reject Israëli Arabs: We don't want to live among you anyway" [A ceux qui rejettent les Arabes israéliens : nous ne voulons pas vivre parmi vous de toute façon] (note ISM-France).

Plus de 3000 enfants de Gaza blessés dans la guerre

Bande de Gaza, Khan Younès - Ibrahim se déplace à travers tout l’hôpital, son sourire ne le quittant jamais.

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Wissam et Ibrahim sont étendus sur leur lit à l’hôpital Hilal Al-Ahmar, Khan Younès - Photo : Mohamed Othman
Les mouvements de ses mains montrent bien que c’est un jeune garçon. Quand il se sent trop fatigué, il se repose alors sur son lit, près de son frère plus âgé qui a été également blessé dans la même attaque aérienne. Il revient finalement à son fauteuil roulant. Ibrahim Khattab, âgé de 9 ans, a perdu sa jambe gauche.
Pendant les 51 jours de l’agression israélienne contre la Bande de Gaza, qui s’est interrompue le 28 août, Ibrahim et son frère Wassim, tous deux de Deir Al-Balah au centre de Gaza, ont quitté leur maison et ont été blessés par un raid aérien israélien. Ibrahim a perdu sa jambe gauche et Wassim a été gravement blessé aux jambes.
Wassim, le plus grand des deux et âgé de 15 ans était un passionné de football, jusqu’à ce que les drones israéliens aient tiré leurs fusées et en même temps brisé tous ses rêves en le laissant avec une invalidité permanente.
En dépit de ses graves blessures, Wassim me dit, ses yeux pleins d’espoir : « Je souhaite que les choses reviennent comme elles étaient. Je souhaite à nouveau pouvoir jouer avec mes amis, surtout au foot parce que j’aime tellement cela. Je suis impatient de retourner à l’école et de reprendre la classe dans la 10ème année. »
Au Centre de réhabilitation du Croissant Rouge à Khan Younès, j’ai rencontré les frères Khattab avant qu’ils ne partent suivre un traitement en Allemagne. Ibrahim, le plus jeune de la famille et dont la jambe a été amputée, se déplace à travers l’hôpital dans son fauteuil roulant, aidé par son père. Wassim parait mieux supporter sa condition que son père et son petit frère. Mais il me dit ses craintes pour son avenir, d’autant plus qu’il voit ses proches et ses amis marcher alors que lui ne le peut plus.
Ibrahim me demande avec innocence : « Comment vais-je vivre plus tard ? Ma jambe, qui me servait tant pour marcher et jouer, est maintenant amputée. Mon seul tort est d’avoir voulu aller à la maison de mon oncle. Comment est-ce que j’irai à l’école maintenant ? Comment vais-je jouer avec mes amis ? »
Ibrahim pose des questions jour et nuit, auxquelles il n’a pas de réponses. Il a perdu beaucoup de poids et pèse guère plus de 20 kilos.
Khaled Khattab, le papa, fait tout pour aider ses fils à s’adapter à leur nouvelle vie. Il me dit : « J’essaye d’être là pour eux, de façon à ce qu’ils puissent quitter l’hôpital avec le moins de dommages possibles. J’aide Ibrahim à se servir de sa jambe artificielle et j’essaye de trouver le meilleur traitement pour Wassim. »
La situation économique de Khaled est difficile. Il a été sans emploi pendant plus de huit années, en raison du siège israélien sur Gaza, et la charge est maintenant plus lourde avec les coûts quotidiens qu’impliquent les soins pour ses fils.
La douleur éprouvée par les frères Khattab est hélas commune à travers la Bande de Gaza
Selon des statistiques éditées par le Ministère de la santé à Gaza, le nombre de tués dans la guerre israélienne contre Gaza comprend 540 enfants, soit plus du quart des gens assassinés. Plus de 3000 enfants ont été blessés, dont certains ont dû se faire amputer d’un ou plusieurs membres ou sont dans un état critique.
Le responsable de l’Unité de réadaptation physique au Ministère de la santé, Ayman Al-Halabi, a déclaré que la souffrance éprouvée à cause des blessures peut être une expérience difficile pour des enfants alors qu’ils étaient en plein croissance. Un grand nombre d’enfants ne peuvent pas comprendre ce qui leur est arrivé et ont besoin d’un long moment pour pouvoir faire face à leur situation. Leurs parents peuvent également avoir été blessés ou tués lors des attaques, ce qui empire les conséquences psychologiques dont ils pâtissent.
Halabi m’a dit : « Quand les blessures sont graves, les patients ont besoin de soins médicaux intenses et de longues sessions de réadaptation afin de stabiliser leur état. Ils ont besoin également d’un support psychologique pour surmonter le traumatisme, en plus de leurs besoins économiques qui ne cessent d’augmenter. »
« Par exemple, les enfants dont les membres ont été amputés sont à la première phase de leur croissance, ce qui signifie que leur poids et leur taille changent constamment. Il faut donc leur changer les membres artificiels tous les six mois ou selon l’évaluation de leur état. Cela place les enfants et leurs parents sous une forte pression, » explique encore Halabi.
En raison du manque d’hôpitaux à Gaza pouvant fabriquer les membres artificiels, la situation est plus difficile puisque les familles dont les enfants ont été amputés des membres doivent assurer des dépenses supplémentaires pour acheter de nouvelles prothèses.
« La guerre, la destruction des maisons et le blocus israélien sur la Bande de Gaza ont très largement affecté les vies des habitants sur le plan économique. Les parents d’un enfant sont dans l’incapacité de changer la prothèse de leur enfant tous les six mois, parce que c’est très cher, sans compter qu’une personne qui a subi ce genre d’opération en dehors de Gaza devra retourner à l’endroit où elle a été opérée. C’est également très coûteux et une lourde charge pour une famille déjà pauvre, » dit Halabi.
Nous avons quitté Ibrahim et Wassim, en train de jouer, et rêvant à leurs vies futures, bien que terriblement marquées par la dernière guerre.
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Mohammed Othman est un journaliste de la bande de Gaza. Il est diplômé de la Faculté des médias au département de la Radio et de la Télévision à Université Al-Aqsa, à Gaza en 2009.
http://www.al-monitor.com/pulse/ori...
Traduction : Info-Palestine.eu – Naguib