vendredi 18 septembre 2009

Rosh Hashana: Cisjordanie bouclée

Ecrit par Leyla Jad
17/09/2009
JERUSALEM OCCUPEE – Israël a décidé de boucler complètement la Cisjordanie à l’occasion du Nouvel an juif, Rosh Hashana. Les fêtes commencent vendredi soir et s’achèvent dimanche soir.
«Le bouclage sera en vigueur à compter de jeudi 24H00 locales (21H00 GMT) jusqu'à lundi 24H00 (21H00 GMT)», a précisé un porte-parole militaire.

Seulement les cas humanitaires nécessitant un déplacement d’urgence seront autorisés à se rendre en Israël. Une exception spéciale sera accordée demain, le dernier vendredi du mois sacré de Ramadan, aux fidèles musulmans de Cisjordanie âgés de plus de 50 ans pour les hommes et de plus de 45 ans pour les femmes, qui pourront se rendre à Jérusalem pour prier à la Mosquée Al-Aqsa.

Prochainement, des bouclages seront aussi imposés à la Cisjordanie pour la fête juive de Yom Kippour, qui aura lieu du 27 septembre au soir jusqu'au lendemain. (PNN)

Que reste-t-il de Jérusalem ?

publié le mercredi 16 septembre 2009

Ahmad Y. Al-Qarei
Opinion : "la ville sainte est maintenant exposée plus que jamais à une attaque féroce visant à l’isoler totalement de son entourage arabe."

Les festivités de Jérusalem « capitale de la culture arabe » prendront bientôt fin et il est clair que les activités n’ont pas été au niveau prévu ou attendu. Depuis janvier dernier, à cause de la guerre contre Gaza (décembre 2008 - janvier 2009), les festivités ont été annulées pendant le premier trimestre de l’année. Or, il aurait été possible de profiter de ce qui se passe en même temps à Gaza et à Jérusalem, partant du principe que ces deux villes forment avec la Cisjordanie les terres historiques de la Palestine. Cependant, ce qui se passe sur la terre de Jérusalem est bien plus dangereux pour l’arabité de la ville, à cause du plan de judaïsation de la ville qui est une des priorités sur l’agenda israélien.

C’est ainsi que la ville sainte est maintenant exposée plus que jamais à une attaque féroce visant à l’isoler totalement de son entourage arabe. En parallèle à cette attaque coloniale féroce, est une campagne sioniste furieuse visant à tromper l’opinion publique internationale en faisant douter de l’arabité et du caractère saint de Jérusalem. Cette campagne est basée sur la diffusion de mensonges. A titre d’exemple, l’historien israélien Mordakhaï Kidar fait douter du miracle du voyage nocturne du prophète et prétend que cet événement n’a pas eu lieu entre la mosquée Al-Haram et la mosquée d’Al-Aqsa, mais entre deux autres mosquées dans le village Al-Gaârana entre La Mecque et Al-Taëf. Sans oublier qu’Israël nomme l’esplanade des Mosquées « le mont de Salomon » et appelle les juifs à y prier pour commémorer la destruction du temple de Salomon.

Face à cette campagne israélienne, il faut s’interroger sur la position des historiens, des géographes et des hommes de médias arabes afin de réfuter les prétentions et les mensonges sionistes qui sont diffusés de part le monde en différentes langues.

Aujourd’hui, Jérusalem a besoin plus que jamais du soutien de tous les forums et institutions intellectuels, culturels et médiatiques arabes, aidés par les témoignages et les points de vue d’historiens et d’intellectuels étrangers qui assurent l’arabité et le caractère saint de Jérusalem. Quant à la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique, elles peuvent assumer un rôle très important en supervisant un projet de documentation de la propriété des territoires palestiniens depuis la guerre de 1948 en prenant référence auprès des archives ottomanes et britanniques afin d’avoir accès à leurs registres de propriété à la place de ceux qui ont été usurpés par les Israéliens. Parmi ces documents importants, il y a les registres des waqfs (bien religieux) concernant des quartiers entiers à Jérusalem.

Cette responsabilité arabe et islamique peut aboutir à des résultats positifs, à condition d’organiser une action commune pour sauver Jérusalem. En effet, l’Administration égyptienne, en coopération avec une équipe de travail palestinienne, a réussi à élaborer de nouveaux registres pour tous les terres villes et villages de la bande de Gaza. Israël avait volé les registres fonciers du secteur de Gaza lors de l’agression tripartite sur l’Egypte et l’occupation de la bande de Gaza.

C’est ainsi que les historiens et les spécialistes en biens religieux et fonciers peuvent positivement participer aux festivités de l’année de Jérusalem. Il serait intéressant qu’un nombre de capitales arabes et islamiques décident de fonder des centres d’études concernant la ville de Jérusalem qui ne se contentent pas d’enregistrer le patrimoine et de publier de nouveaux ouvrages. Ces centres doivent entrer en contact avec les centres d’études européens et américains afin de coordonner leurs activités, en organisant plus de colloques et de tables rondes avec une présence intellectuelle et médiatique arabe et mondiale.

publié par al-Ahram hebdo en français

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Gaza, crimes de guerre, crimes contre l’humanité

publié le jeudi 17 septembre 2009

Alain Gresh
La mission des Nations unies sur les événements de Gaza a rendu son rapport le 15 septembre, disponible en anglais sous le titre : « Human Rights Situation in Palestine and Other Occupied Arab Territories. Report of the United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict ». C’est un texte de plus de 570 pages, résultat du travail de plusieurs mois mené par la commission présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone, un ancien membre de la cour constitutionnelle de son pays et un ancien procureur du tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie (TPIY) et sur le Rwanda (TPIR).

Cette mission s’est rendue à deux reprises à Gaza ; le gouvernement israélien lui a interdit l’accès à la Cisjordanie et à Israël, mais elle a pu entendre des témoins israéliens (dont le père de Gilad Shalit) à Amman. Elle a aussi effectué un certain nombre d’auditions publiques (sur son programme détaillé lire, « United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict. », qui donne les liens avec les auditions.

A écouter les commentateurs des médias, à lire la presse, on a l’impression que le rapport renvoie dos à dos les deux protagonistes, Israël et le Hamas. Effectivement, le rapport affirme que les deux sont coupables de « crimes de guerre », voire de « crimes contre l’humanité ». On serait donc dans une sorte d’équilibre... En fait, rien n’est plus faux. Et la lecture du rapport (on peut se demander si ceux qui en parlent l’ont lu), est accablante avant tout pour Israël.

Un des éléments les plus intéressants du rapport est la chronologie détaillée au chapitre III des événements entre le 18 juin 2008, date de la signature d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sous l’égide de l’Egypte, et le début de l’offensive israélienne. Il apparaît clairement du travail de la commission que :

- Israël n’a pas respecté ses engagements d’ouvrir les points de passage à Gaza et a maintenu une politique de blocus contre la population, la privant des denrées de première nécessité ;

- le cessez-le-feu a été, en gros, respecté par les deux parties jusqu’à début novembre ;

- le début de l’escalade a eu lieu le 4 novembre, à la suite d’une incursion israélienne.

Cela confirme que, contrairement à ce que reprennent la plupart des médias et aussi le président de la République, ce n’est pas le Hamas qui a rompu le cessez-le-feu.

Autre point fort du rapport, le lien fait entre l’offensive contre Gaza et l’ensemble de la politique israélienne. Ainsi, selon le point 1674 du texte, cette opération est dans la continuité des « objectifs politiques israéliens concernant Gaza et les territoires occupés dans leur ensemble. » On ne peut donc comprendre l’offensive israélienne comme un seul ensemble d’objectifs militaires. Le point 1675 explique que cette offensive ne peut être vue indépendamment de « la politique de blocus qui a précédé l’opération et qui représente, selon la commission, une punition collective infligée intentionnellement par le gouvernement israélien au peuple de Gaza ».

Le point 1676 souligne : « Nombre de mesures adoptées par Israël en Cisjordanie durant et après l’opération militaire contre Gaza ont renforcé le contrôle israélien sur la Cisjordanie, y compris Jérusalem, et montrent une convergence d’objectifs avec les opérations militaires à Gaza. Parmi ces mesures, un accroissement de l’expropriation des terres, la destruction des maisons, des permis pour construire dans les colonies, des restrictions plus sévères aux procédures permettant à des habitants de Gaza de séjourner en Cisjordanie. »

Le paragraphe 1683 est consacré au principe de proportionnalité, un principe qu’André Glucksman et Bernard-Henri Lévy affirment ne pas comprendre. Nous leur en conseillons donc la lecture. « La commission reconnaît que toutes les morts ne représentent pas une violation du droit humanitaire. Le principe de proportionnalité reconnaît que dans des conditions très strictes, des actions qui ont occasionné des morts civiles ne sont pas forcément illégales ». Mais, « les actions des forces israéliennes et les déclarations des responsables militaires et politiques avant et durant les opérations indiquent que, de manière globale, elles était fondées sur une politique délibérée d’usage disproportionné de la force visant non pas l’ennemi mais des infrastructures qui les supportent ce qui signifie ici la population civile ». Et le rapport souligne que l’attaque a commencé le matin d’un jour ouvrable à 11:30, une heure à laquelle les rues sont bondées, les écoliers rentrent chez eux, etc.

Et le point 1691 conclut que pour les autorités israéliennes, les attaques disproportionnées, celles contre les populations civiles et la destruction de bâtiments civils sont des moyens légitimes.

Un des points les plus importants concerne l’absence d’enquêtes sérieuses menées par les autorités israéliennes sur les crimes de guerre (points 1756, 1757 et 1758). Cela renforce, selon la commission, la nécessité d’utiliser le principe de juridiction universel qui permet à des tribunaux nationaux de juger des personnes de nationalité étrangère accusées de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Lire, dans Le Monde diplomatique de septembre, l’article de Sharon Weill, « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh ».

Le rapport n’épargne pas le Hamas, mais il est clair qu’il n’y a pas équivalence dans le texte entre une simple organisation et un Etat souverain. Le gouvernement israélien ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Il a décidé d’engager une grande offensive diplomatique pour contrer les effets du rapport, relatent Barak Ravid, Jack Khoury et Avi Issacharoff dans Haaretz le 16 septembre, « Israel girds for diplomatic war over ’biased’ UN Gaza report ». La crainte exprimée est de voir des responsables israéliens traduits devant la Cour pénale internationale.

Selon une dépêche de l’AFP en provenance de Jérusalem :

« “Nous allons faire tout notre possible pour empêcher qu’il y ait des suites juridiques à ce rapport en démontrant qu’il est malhonnête et politiquement biaisé”, a affirmé à la radio publique Gabriela Shalev, l’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU. (...) Dans un communiqué, le président Shimon Peres a estimé que ce rapport “se moque de l’Histoire”. “Les auteurs ne distinguent pas les agresseurs et ceux qui se défendent. C’est le Hamas qui a engagé cette guerre en commettant des crimes horribles. Ce rapport confère une légitimité au terrorisme et ne tient pas compte du devoir d’Israël de se défendre”, a affirmé M. Peres. “Goldstone n’aurait pas écrit ce rapport si ses enfants habitaient à Sderot”, une ville du sud d’Israël régulièrement visée par les roquettes palestiniennes, a ajouté le président israélien. »

Comme il est d’origine juive, le juge Goldstone a été violemment attaqué comme « juif honteux ». Interviewée par la radio militaire israélienne, sa fille a affirmé que son père est un « juif sioniste ».

Le porte-parole du Quai d’Orsay Bernard Valero a déclaré, le 16 septembre, que « les faits exposés dans le rapport de la Commission Goldstone sont d’une extrême gravité et méritent la plus grande attention (...) La France étudie actuellement le document dans le détail, ainsi que ses recommandations, sur lesquelles il est encore trop tôt pour se prononcer ».

Le rapport, toutefois, omet un problème important qui avait été souligné par Richard Falk, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, dans un article du Monde diplomatique de mars 2009, « Nécessaire inculpation des respoonsables de l’agression contre Gaza » :

« Israël a tout fait pour biaiser cette perception en obtenant des médias et des diplomates qu’ils se concentrent sur une seule question de droit international : son usage de la force était-il ou non "disproportionné" ? Or cette manière de poser le problème occulte la question fondamentale : celle de savoir si ces attaques avaient bien, au sens juridique, un caractère « défensif ».

Et là, nous rejoignons le domaine politique et ce fait fondamental abordé de manière oblique par la commission (ce n’était pas son mandat), l’origine du conflit et le fait qu’il résulte de l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël depuis plus de 40 ans, en violation de toutes les résolutions des Nations unies...

publié sur le blog du Monde diplomatique "Nouvelles d’Orient"

http://blog.mondediplo.net/2009-09-...

Leyla Al-Qadr: des milliers de fidèles prient à la mosquée Al-Aqsa

Ecrit par Maisa Abou Ghazala
17/09/2009
JERUSALEM OCCUPEE / Maisa Abou Ghazala – Des milliers de visiteurs, 300.000 d’après les troupes israéliennes, ont animé la dernière nuit à Jérusalem.
C’était la Leyla Al-Qadr, ou Nuit du Destin, qui se déroule vers la fin du mois sacré du Ramadan. Au cours de cette nuit, le prophète Muhammad aurait reçu les premiers versets du Coran par l’ange Gabriel.

Les musulmans venus avec des autobus depuis les villes palestiniennes en Israël, de Cisjordanie en franchissant les check-points et de Jérusalem ont prié à l’Al-Aqsa, sur l’esplanade des Mosquées, et ont animé les marchés de la Vieille ville.

Les forces israéliennes ont installé des nouveaux check-points à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem et ont fermé les rues principales.

Le directeur du Waqf, le cheikh Azzam Al-Khatib, a affirmé avoir offert 150.000 repas pour l’iftar, le déjeuner du soir.

Plusieurs personnes ont été secourues par les volontaires de l'Union des travailleurs arabes, après avoir perdu connaissance à cause de la fatigue du voyage, la chaleur et la grande foule.

L'Imam a récité des versets du Coran et a lancé un appel pour sauver la mosquée Al-Aqsa de fouilles archéologiques israéliennes et de la colonisation. Il a demandé de lever le siège imposé sur Gaza, libérer les prisonniers et a invité le peuple palestinien à s’unifier. (PNN)

Israël perdra-t-il les chances de la paix ?

publié le jeudi 17 septembre 2009

Abdel-Moneim Saïd
Une idée est ancrée depuis longtemps dans la pensée occidentale, que les Palestiniens ont perdu toutes les occasions qui leur étaient offertes pour faire la paix. En réponse à cela, il y a eu toujours des répliques en guise de défense, disant que les Palestiniens n’ont jamais eu de chances réelles.

Cette polémique qui se répétait sans cesse était l’un des outils de la guerre psychologique et de propagande dans le conflit arabo-israélien. Cependant, un intérêt moindre a été orienté vers les occasions qu’Israël n’a pas saisies tout au long de sa longue histoire. Depuis le début de l’itinéraire, « la question juive » est passée d’un simple récit de minorités juives haïes dans un nombre de pays pour se confiner à un Etat où se sont rassemblés les juifs. Les Israéliens ont laissé passer la chance dans les années 1920 après l’entente Fayçal-Eisman, de la mise en place ensemble d’un Etat indépendant garantissant les droits des minorités y compris les juifs. Ils ont laissé passer également une autre chance en 1948, lorsqu’ils ont transformé la Palestine d’un refuge des juifs persécutés en Europe en Etat israélien. Et une troisième fois, lorsque les forces israéliennes ont tenté d’envahir les terres palestiniennes, faisant fi de la résolution de partage, à un moment où les armées arabes luttaient afin de l’appliquer.

Mon objectif en étalant ces occasions perdues est de dire qu’il existe actuellement des chances pour la paix avec une administration américaine disposée à déployer un effort présidentiel mobilisant les efforts internationaux et régionaux afin de mettre un terme au conflit arabo-israélien. Ajoutons à cela qu’Israël n’a jamais maintenu le calme actuel sur tous ses fronts, même celui du Hezbollah et du Hamas, et jamais Israël ne disposait, comme il est le cas maintenant, de chances de développement économique et de prospérité. Non moins importante dans ce contexte est l’initiative arabe globale au règlement du conflit ne garantissant uniquement pas de mettre un terme à l’état de guerre avec Israël, mais en l’occurrence de coexister et de normaliser avec lui à la lumière d’un ordre régional sécurisé. Tout au long des derniers mois, les signaux provenant de nombreux pays se sont multipliés, faisant état d’une disposition à présenter des initiatives de bonne volonté. A l’heure où Le Caire a maintenu l’ouverture de nombreux canaux avec Israël pour saisir les chances qui lui sont disponibles.

Tout ceci porte à croire qu’Israël a une chance réelle de régler le conflit arabo-israélien, permettant à la région de coexister avec les autres pays. D’autre part, ceci donnerait l’occasion à son peuple de vivre normalement en contrepartie de son retrait des territoires arabes occupés en juin 1967 et de l’approbation de la mise en place d’un Etat palestinien indépendant avec comme capitale Jérusalem-Est. En réalité, Israël peut réaliser d’énormes gains en réalisant un règlement juste à la cause palestinienne.

En premier, Israël se débarrassera en partie de l’hostilité à son égard et l’état de suspicion qui entoure la légitimité de son existence, voilà plus de six décennies, et ceci auprès de larges secteurs de l’opinion publique arabe. Y compris les pays ayant signé avec Israël des traités de paix, comme l’Egypte et la Jordanie. Jusqu’à maintenant, il s’avère que les relations sur le niveau populaire sont froides en raison de l’absence de la confiance mutuelle. D’autant plus que l’opinion publique populaire a tendance à classer Israël dans la case de l’ennemi et notamment dans les périodes d’affrontements entre Israël et les parties arabes. Ce qui s’est manifestement révélé pendant la guerre du Liban en juillet 2006, la guerre de Gaza en décembre 2008 et en 2009 avec le Hezbollah et le mouvement du Hamas.

La paix peut représenter un nouveau début pour une éventuelle coopération économique efficace dans la région du Moyen-Orient, ce qui sera bénéfique certes pour Israël.

La conclusion de la paix avec les Palestiniens va contrecarrer les prétextes des factions armées, avec en tête le Hamas et le Djihad islamique de poursuivre l’affrontement avec Israël. Le fait de se dérober à la paix et d’ignorer les droits du peuple palestinien engendre souvent des mouvements de violence chaotiques, tels que les soulèvements (intifada) et les opérations kamikazes, d’une manière qui mènerait la région à sombrer dans un état de violence et de contre-violence.

Les actes de violence connaîtront une escalade si les Palestiniens n’ont d’autre choix que de continuer à résister contre l’occupation. La preuve en est que le mouvement Fatah a renouvelé son engagement, durant sa dernière conférence, à résister par tous les moyens contre l’occupation israélienne. Il est difficile également de parier sur le calme actuel qui règne sur Gaza tant qu’il y a une dégradation de la situation en raison de la persistance du blocus d’une part et du trébuchement du règlement politique de l’autre. Nous ne pouvons pas non plus parier sur la tendance du Hamas à la modération tant que ceci n’est pas lié à un règlement politique global, sinon de nouveaux courants plus rigoristes que le Hamas émergeront en surface. Et enfin, la mise en place de la paix avec les pays arabes pourrait réduire l’influence de certaines forces qu’Israël considère comme menaçant son existence, telles que l’Iran.

Mais selon toute vraisemblance, Israël laissera passer cette occasion au même titre que les autres. Ceci revient à deux facteurs intrinsèquement liés. Le premier se rapporte à la compréhension du statut actuel et l’autre se rapporte aux résultats découlant de cette compréhension. Lorsque j’étais à Washington, un ami américain, travaillant dans un centre de recherches renommé, disait à propos de cette compréhension de ce statut actuel qu’il y a aujourd’hui un état de décontraction en Israël et Tel-Aviv ne ressent effectivement aucune menace à l’heure provenant de Gaza ou de Cisjordanie. En conséquence à cet état de faits, ils ne sont pas véritablement motivés pour la négociation. D’ailleurs, on les entendait souvent prétexter pendant « les jours de menaces » que la partie palestinienne pratiquait la violence et qu’il n’était pas prêt à s’asseoir comme allié sur une même table de négociations. Que désire Israël ? Le calme ou la violence ? Cette logique inversée à toujours été à l’origine des chances perdues. Lorsque le calme règne, la paix est écartée parce qu’elle n’est plus une urgence. Mais si au contraire, l’affrontement est le mot d’ordre, la paix est écartée parce qu’on est en temps de guerre.

Quant au second facteur, il se rapporte au comportement de l’actuel gouvernement israélien qui n’a pas ménagé un effort pour s’affirmer davantage par des opérations d’implantation actives et agressives. Mais, ceux qui ont vécu l’expérience du conflit arabo-israélien depuis le début savent qu’il n’y a pas de paix avec la colonisation, surtout après le rétrécissement au maximum de la terre palestinienne.

publié par al-Ahram hebdo en français

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Al-Quds, capitale du ciel

Izzidîne al-Manasira, poète palestinien
jeudi 17 septembre 2009, par : Fadwa,

Al-Quds… cœur de la Palestine… matérialisation sincère de l'attachement de la terre au ciel et de l'être humain aux valeurs.

Al-Quds dans le christianisme : plus de 47 vestiges et monuments chrétiens parsèment la ville d'al-Quds, appartenant aux diverses églises chrétiennes (catholiques, orthodoxes, coptes, arméniennes etc..) : surtout des églises et des monastères.

Al-Quds dans l'islam : plus de 197 vestiges musulmans sont enracinés dans la ville sainte, des mosquées, dômes, palais, écoles, etc.. appartenant aux diverses époques musulmanes. Parmi les plus importants, la mosquée al-Aqsa, qui comprend tout ce qui se trouve dans l'enceinte sacrée est incontestablement le lieu saint le plus important en Palestine et l'un des plus importants dans le monde.

Dans le cimetière Bab al-Rahma sont enterrées de nombreuses personnalités musulmanes, ayant habité al-Quds avant d'y mourir. Outre le cimetière Ma'manullah, les tombes des pieux, les diverses mosquées, les zawiyas et les takiyas (lieux de retraite spirituelle), se trouve la Khanqa Salihiyya fondée par Salah Eddine al-Ayyoubi. Rien que dans la ville d'al-Quds, se trouvent plus de 15 zawiyas, plus de trente écoles historiques et plusieurs bibliothèques renfermant les livres religieux, historiques et linguistiques les plus rares..

1948 : Partage d'al-Quds, massacres et expulsion collective

Suite à la résolution de l'ONU sur le partage de la Palestine en novembre 1947, les forces sionistes déclenchent une attaque contre les quartiers arabes situés hors du mur historique de la ville d'al-Quds. Dans la partie occidentale d'al-Quds, Les Arabes vivaient surtout dans les quartiers al-Qatamon, al-Buqaa, Talbiya, Wa'riya, Ma'manullah, Musrara et Deir Abu Thur. Les quartiers arabes ont été fondés hors du mur au XIXème siècle, et surtout au temps du mandat britannique qui a encouragé aussi la création de quartiers étrangers et d'autres réservés aux colons juifs. Les quartiers juifs se situaient au nord et à l'ouest de la partie occidentale d'al-Quds, entourés du nord au sud par des villages arabes comme Lifta, sheikh Badr, Deir Yassine, Ain Karem, Malha et Beit Safafa. Au cours de la guerre de 1948, la défense de la ville a été organisée par les forces « Jihad al-Muqaddas » dirigées par le grand combattant Abdel Qader al-Hussaynî, qui comprenaient près de 380 hommes de la ville et 250 des villages voisins. Plus de 100 à 150 combattants de l'armée constituée par la Ligue arabe, sous la direction de Fawzî Qawiqjî, y ont également participé.

L'agression sioniste contre les quartiers et les villages arabes a pris la forme d'explosions et d'expulsion de la population. A Lifta et sheikh Badr, les explosions et les destructions des maisons ont entraîné l'expulsion forcée de la population dès le début de 1948, alors que la plupart des habitants de Qatamon avaient refusé de quitter leur quartier après la grande explosion menée par les sionistes de l'hôtel Semiramis le 4 janvier 1948.

Le 6 avril 1948, la Haganah (bande terroriste sioniste) commence à exécuter les plans Delta et Nahshon pour occuper les villages palestiniens et expulser leurs habitants. Dans les banlieues d'al-Quds, elle occupe al-Qastal, où tombe en martyr le héros et dirigeant Abdel Qader al-Hussaynî et le 9 avril, les forces sionistes commettent l'horrible massacre de Deir Yassine, pour « donner une leçon » aux Palestiniens, et notamment aux habitants d'al-Quds et ses environs. Le massacre entraînera la fuite collective d'al-Quds et des villages voisins, malgré les appels successifs du comité national d'al-Quds. Cette attaque constitue le début de l'épuration ethnique et religieuse de la ville d'al-Quds.

Après la chute des quartiers arabes de la ville arabe d'al-Quds, l'agence juive installe les nouveaux colons dans les maisons des Palestiniens. Et au cours de l'été 1949, les colons juifs sont installés dans le village de Deir Yassine. En mai 1949, Israël s'empare de la partie nord du village de Beit Safafa, après un accord signé avec la Jordanie, et élève un rempart qui divise les familles et sépare la population de ses terres.

Il ne reste plus que quelques centaines de Palestiniens dans la partie occidentale d'al-Quds. Tous les autres sont devenus des réfugiés. Les forces sionistes détruisent 37 villages sur les 41 qui existaient dans la partie occidentale tombée sous leur domination dans la province d'al-Quds. Le nombre des Maqdisis ayant été expulsés de leurs maisons et dont les propriétés leur ont été arrachées s'élèvent, en 1948, à 98.000 Palestiniens. La superficie de leurs propriétés s'élèvait à 273.000 dunums. Le nombre de villages ayant subi le nettoyage ethnique s'élève à 39.

1967 : occupation et annexion : destruction et modification humaine dans al-Quds

L'ennemi israélien a occupé la partie orientale de la ville d'al-Quds en juin 1967, alors qu'elle se trouvait sous administration jordanienne depuis 1949. Cette partie comprend l'ancienne ville et les quartiers hors mur ainsi que des villages situés au nord, au sud et à l'ouest.

Quatre jours après l'occupation d'al-Quds, les forces de l'occupation détruisent le quartier al-Maghariba jouxtant la mosquée al-Aqsa, y compris les 135 maisons où vivaient 650 personnes, ainsi que deux mosquées, pour le transformer en une grande place réservée à la prière des Juifs. 24 autres maisons seront ensuite détruites par l'armée sioniste, par explosifs, qui prétend se venger des actes de la résistance. En 1969, les autorités sionistes détruisent 14 bâtiments religieux et historiques, dont la mosquée et la zawiya al-Fakhriya. En conséquences de ces actes de terreur, plus de 1000 personnes d'al-Quds seront refoulées. Le 21 août 1969, les colons tentent d'incendier la mosquée al-Aqsa, mais les habitants d'al-Quds se mobilisent pour éteindre l'incendie qui a provoqué des dégâts importants dans sa partie méridionale.

Les autorités de l'occupation annoncent l'unification des deux parties d'al-Quds le 28 juin 1967, ce qui signifie l'annexion de la partie orientale et l'application des lois israéliennes sur ses habitants, en ce qui concerne les tribunaux, l'éducation et la vie économique, dans une tentative d'israéliser la ville et ses habitants. Suite à l'annexion, les autorités de l'occupation comment à creuser sous la vieille ville, et notamment sous la mosquée al-Aqsa, prétextant être à la recherche d'un prétendu temple. Mais les excavations, qui ont dénaturé la ville et ébranlé les fondations de la mosquée, ont prouvé le contraire : il n'y a aucun temple juif dans la ville d'al-Quds.

Concernant les Maqdisis (la population d'al-Quds), les autorités de l'occupation ont suivi la politique de judaïsation et d'epxulsion : elles expulsent plus de 70.000 Maqdisis hors de la ville et refusent d'enregistrer des milliers qui y sont nés.. Plus de 40 colonies sont installées dans la ville après 1967, dont le quartier juif dans la vieille ville, Gilo, French Hill, Talpot, Kfar Adomim, Maale Adomim, Atarot, pour encercler la ville par les colonies juives qui la séparent de son environnement arabe en Cisjordanie. D'autres colonies sont installées dans la vieille ville et des quartiers arabes comme sheikh Jarrah, où des groupes de juifs extrémistes essaient de s'emparer des maisons par la force, en vue de s'étendre le plus possible.

La résistance

Les Maqdisis ont résisté aux projets de colonisation et de la mainmise sur les lieux saints dès le début de la colonisation sioniste, comme ils ont participé à toutes les protestations, manifestations et grèves qui se déroulaient dans les villes palestiniennes.. La révolte d'al-Bouraq a été déclenchée à al-Quds en 1929 après les agressions sionistes sur le mur al-Bouraq et le déferlement des colons. 133 sionistes ont été tués lors de cette révolte alors que 116 Palestiniens y sont tombés martyrs . Les autorités britanniques arrêtent 900 citoyens.

Après l'occupation de la totalité de la ville en 1967, les résistants ont mené plusieurs opérations, ciblant les colonies et les soldats avec des charges explosives et des tirs de mitraillettes. Dans les années 80, les opérations de la résistance se développent : les charges explosives ciblent les colonies comme French Hill, le quartier Ramot, la rue Herzl et les résistants ciblent également les véhicules des colons et des services du Mossad. Dans les années 90, les résistants utilisent plus souvent les poignards et les couteaux, pouvant ainsi facilement approcher les colons et les soldats. Et dès 2008, la bataille des bulldozers prend le relai au moment où des opérations militaires de qualité sont menées : en mars 2008, des résistants maqdisis mènent une opération audacieuse dans une école religieuse dans la partie occidentale de la ville, tuant et blessant plusieurs colons.

Les Maqdisis ont participé à la première intifada avec tous leurs moyens disponibles, ils organisent les protestations populaires, mènent des grèves et boycottent les institutions sionistes. Des appels émis dans al-Quds appellent à la désobéissance civile, au refus de payer les taxes et impôts et le boycott des produits israéliens.

Au cours de l'intifada al-Aqsa, la résistance mène d'importantes opérations (explosions, assassinat du du terroriste Rahbaam Ze'ivi), dont l'explosion d'une voiture piégée dans la colonie Talpot en 2001, dans le marché Mahnie Yehouda et la colonie Gilo. Plusieurs opérations martyres ont lieu dans la station de bus qui transportent les colons, ébranlant l'entité sioniste dans son ensemble.

Il faut indiquer la résistance populaire menée par les masses d'al-Quds pour protéger la mosquée al-Aqsa et la vieille ville menacée par la colonisation. Les Palestiniens de 48 (vivant dans la partie de la Palestine occupée en 48) ont largement participé à cette résistance, sous la direction de sheikh Ra'ed Salah, proclamé « sheikh d'al-Aqsa ». Ayant réussi à rénover le lieu de prière al-Marwanî dans l'enceinte maqdisie, loin de la surveillance des appareils sionistes, le mouvement islamique de sheikh Ra'ed Salah organise des visites quotidiennes, par dizaines de bus, de l'intérieur palestinien vers la ville d'al-Quds, pour défendre la mosquée al-Aqsa, s'opposer aux excavations et également, encourager l'activité économique dans l'ancienne ville, après que la ville a été séparée de son environnement en Cisjordanie et la bande de Gaza.

Les poursuites contre les Maqdisis se sont intensifiées ces dernières années, des dizaines de citoyens ont été arrêtés. Le nombre des prisonniers de la ville d'al-Quds s'élèvent aujourd'hui à environ 550 prisonniers, certains étant considérés comme d'anciens prisonniers, ayant été arrêtés avant les accords d'Oslo en 1994 (soit plus de 15 ans de détention). Le plus ancien prisonnier maqdisi est Fouad Qassim Razzâm, arrêté le 30 janvier 1981, membre du Jihad islamique. Les institutions nationales et d'al-Quds plus particulièrement réclament que les prisonniers d'al-Quds fassent partie de toutes les opérations d'échanges de prisonniers, refusant les critères de l'ennemi qui considèrent les prisonniers d'al-Quds et ceux de la Palestine 48 comme étant hors du mouvement national des prisonniers.

Suite à l'intifada al-Aqsa qui a assisté à une résistance armée et populaire dans al-Quds, les autorités de l'occupation ont procédé à l'isolement de la ville de son environnement palestinien en fermant les voies de passage entre la Cisjordanie et al-Quds et en installant le mur de l'annexion et de la colonisation, qui sépare les villages voisins de la ville, pour s'emparer de leurs terres et les annexer à l'entité sioniste. Il a fermé, détruit et pillé les institutions nationales, dont Bayt al-Machriq (la maison de l'Orient) symbole de la fermeté de la population face à l'occupation. Les sionistes ont pillé le contenu de Bayt al-Sharq comme les documents historiques importants, comme ils ont fait en occupant la ville, volant le contenu du musée national et des bibliothèques palestiniennes. Mais les Maqdisis poursuivent leur ferme résistance en enracinant leur présence dans la ville et en fondant des institutions et des associations sociales, culturelles et religieuses, malgré les mesures répressives.

Récemment, il est apparu que l'Etat sioniste projette de bâtir une ville juive qui démantèle une grande partie de la partie orientale d'al-Quds, allant du quartier Sheikh Jarrah jusqu'au quartier de Silwân, en passant par la mosquée al-Aqsa, profitant des tunnels qu'il a creusés et qui font partie de cette ville semi-souterraine. Et au cours de cette année choisie pour être la capitale de la culture arabe, les autorités sionistes ont pris un ensemble de mesures pour empêcher une quelconque manifestation culturelle dans la ville, au moment où elles poursuivent leur politique de destruction des maisons des Maqdisis, en vue de les faire partir.

Plusieurs institutions maqdisies mènent depuis plusieurs années des actions soutenues pour faire échec à ces projets, parmi lesquelles la coalition civile pour la défense des droits des maqdisis dans al-Quds, qui rassemble plusieurs institutions et le front islamo-chrétien pour la défense d'al-Quds. Par ailleurs, plusieurs institutions dans le monde arabo-musulman se sont organisées pour soutenir la fermeté exemplaire de la population, par divers moyens, médiatiques ou économiques.

La proclamation par l'Imam al-Khumaynî de la journée mondiale pour al-Quds, le dernier vendredi de chaque mois de ramadan, constitue un des moyens importants pour soutenir la résistance de notre peuple dans la ville d'al-Quds.

Cirepal (Centre d'Information sur la résistance en Palestine)

Vote historique des syndicats britanniques en faveur du boycott d'Israel

Publié le 17-09-2009


Dans une décision historique, les syndicats britanniques ont voté à une écrasante majorité la décision de mettre en œuvre un mouvement de masse pour boycotter, désinvestir et sanctionner Israël jusqu’à l’obtention d’un accord négocié fondé sur la justice pour les Palestiniens.

Communiqué du 17 septembre 2009

"La motion a été votée lors du TUC (Trade Union Congress) au Congrès Annuel 2009 de Liverpool ce jeudi, par des syndicats représentants 6,5 millions de travailleurs anglais.

Hugh Lanning, président de la Campagne de Solidarité avec la Palestine, a déclaré : « Cette motion est le point culminant des motions passées dans les congrès syndicaux cette année, à la suite des violences lors de la guerre sauvage d’Isarël contre Gaza, et reflète la montée massive du soutien en faveur des droits des Palestiniens. Nous avons travaillé avec les TUC pour développer une campagne massive de boycott des produits israéliens, en particulier les produits agricoles qui sont produits dans les colonies israéliennes illégales, dans la Cisjordanie palestinienne ».

De plus, a motion engage le Conseil Général des TUC à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il mette un terme aux ventes d’armes à Israël, et qu’il soutienne les mouvements pour la suspension des accords économiques entre l’Europe et Israël. Les syndicats ont aussi encouragé le désinvestissement des entreprises qui profitent des 42 ans d’occupation israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

La motion a été présentée par l’Union des Compagnies de Pompiers. Les syndicats les plus importants de grande-Bretagne, dont Unite, le syndicat du secteur public, et UNISON, qui représente les travailleurs des services de santé, ont voté en faveur de la motion.

La motion a également condamné les déclarations de l’Hisradrut, le syndicat israélien, qui soutient la guerre d’Israël contre Gaza qui a tué 1450 Palestiniens en trois semaines, et a appelé à appelé les TUC à revoir leurs relations avec l’Histadrut.

Les syndicats britanniques rejoignent ainsi ceux d’Afrique du Sud et d’Irlande dans leur vote pour qu’une campagne massive de boycott soit utilisée comme outil capable de ramener Israël dans la droite ligne du droit international, et l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU qui encouragent justice et égalité pour le peuple palestinien."

(Traduit Par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine)

Palestine Solidarity Campaign

Box BM PSA

London

WC1N 3XX

Tel : 020 7700 6192 - Fax : 020 7609 7779

Email : info@palestinecampaign.org

site : www.palestinecampaign.org

CAPJPO-EuroPalestine

jeudi 17 septembre 2009

Le Syndicat des Médecins arabes apporte 11 camions de fournitures médicales et scolaires à Gaza

Gaza - 16-09-2009
Par Palestinian News Network
L’Egypte ayant ouvert ses frontières avec la Bande de Gaza pour le deuxième jour, le syndicat des Médecins arabes a pu faire entrer à Gaza 11 camions chargés de médicaments et de fournitures scolaires interdits par le blocus israélien.

En plus des fournitures médicales3.000 cartables, 75.000 livres, 30.000 cahiers, 9.000 boîtes de peinture, 9.000 règles, 9.000 gommes et 60 cartons de papiers photos.

Le Syndicat des Médecins arabes répond à l’appel des ministres de la santé et de l’éducation, a dit Mohammad Majdalawi à la presse aujourd’hui.

Le Syndicat a déclaré qu’il s’efforçait « de combattre l’embargo économique imposé au peuple palestinien et au gouvernement et le gel des ressources pratiqué par les gouvernements occidentaux et les sionistes. »

Les médecins arabes ont demandé que « tous les peuples du monde arabe et islamique, ainsi que les supporters des droits de l’homme et de la démocratie, et la population honorable du monde occidental, travaillent en coopération et en cohésion pour lever le siège imposé au peuple palestinien.»

Majdalawi a cité « le siège étouffant imposé aux enfants du peuple palestinien» comme raison pour laquelle le Syndicat des Médecins arabes essaient de soulager les fardeaux accumulés.
Source : PNN
Traduction : MR pour ISM

Des colons juifs fanatiques donnent l’assaut à la Mosquée Aqsa

Jérusalem - 16-09-2009
Par Palestine Info
Les fidèles palestiniens présents aujourd’hui à la Sainte Mosquée Aqsa ont été confrontés à un groupe de 20 colons juifs fanatiques qui ont donné l’assaut au lieu saint, escortés par des hommes de la sécurité israélienne.

Les sources locales ont dit que les fidèles n’avaient pas laissé les colons envahir le site et avaient obligé les hommes de la sécurité à les évacuer.

La tentative d’aujourd’hui, jour où les Musulmans se rassemblent au lieu saint pour célébrer Lailat El-Qadr, ou nuit de la révélation, pendant le mois de Ramadan, est considérée par les fidèles comme « une atteinte flagrante à la foi musulmane. »

Ils ont dit que l’autorité israélienne d’occupation et les colons fanatiques voulaient affirmer leur intention « maligne » de cibler le lieu saint.
Traduction : MR pour ISM

Sabra et Shatila

Liban - 16-09-2009
Le massacre inoubliable, impardonnable des Israéliens contre les Palestiniens - 16-17 Septembre 1982 + VIDEO
Par Sabbah
Il y a un autre anniversaire significatif cette semaine, mais celui-ci n'attire pas la même attention que les commémorations du 11 septembre.
Au matin du samedi 18 septembre 1982, les journalistes qui sont entrés dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Shatila, près de Beyrouth au Liban ont eu une vision d'horreur.
Des piles de corps jonchaient les rues poussiéreuses des camps, des fosses communes avaient été construites à la hâte et les bâtiments avaient été rasés au bulldozer sur les cadavres.








Photo : exemple des images découvertes par ceux qui entraient dans le camp le 18 septembre, au lendemain du massacre


Les personnes assassinées étaient des hommes âgés, des femmes et des enfants. Un massacre avait eu lieu. Le nombre de morts était estimé à plusieurs milliers.

Que s'y était-il produit ? Qu'est ce qui avait pu provoquer ce type de massacre inhumain ? Qui avait fait cela ?

C'étaient les questions qui ponctuaient le silence du matin après que le massacre se soit arrêté. On se pose encore aujourd'hui ces questions, plus de deux décennies après les événements.

Pour essayer de répondre à ces questions, relisons une nouvelle fois l'histoire :

Le 6 juin 1982, l'armée israélienne a envahi le Liban dans ce qu'elle a décrit comme étant des "représailles" pour la tentative d'assassinat sur l'Ambassadeur israélien à Londres, Argov, le 4 juin. L'invasion, appelée ensuite "Opération Paix en Galilée", a progressé rapidement.

Le 18 juin 1982, Israel avait cerné les forces armées de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) dans la partie occidentale de la capitale libanaise. Un cessez-le-feu, négocié par l'envoyé des Etats-Unis, Philip Habib, a eu comme conséquence l'évacuation de l'OLP de Beyrouth le 1er septembre 1982.

Le 11 septembre 1982, le ministre de la défense israélien, Ariel Sharon, l'architecte de l'invasion, a annoncé que "2.000 terroristes" étaient restés à l'intérieur des camps de réfugiés palestiniens autour de Beyrouth.

Le mercredi 15 septembre, le lendemain de l'assassinat du chef de la milice phalangiste alliée des Israéliens et président élu libanais, Bashir Gemayel, l'armée israélienne a occupé Beyrouth-Ouest, "encerclant et bouclant" les camps de Sabra et Shatila, où vivaient des civils libanais et palestiniens. Israel a justifié son initiative dans Beyrouth-Ouest par un besoin de maintenir l'ordre et la stabilité après l'assassinat de Gemayel.

Cependant, plusieurs jours plus tard, Ariel Sharon a déclaré à la Knesset, le parlement israélien : "Notre entrée dans Beyrouth-Ouest était destinée à faire la guerre contre l'infrastructure laissée par les terroristes."

L'armée israélienne a alors désarmé, dans la mesure où elle le pouvait, les milices anti-Israéliennes à Beyrouth-Ouest, alors qu'elle a laissé ses armes aux milices phalangistes chrétiennes de Beyrouth.

A midi le 15 septembre 1982, les camps de réfugiés étaient complètement encerclés par des tanks et des soldats israéliens, qui ont installé des points de contrôle aux endroits stratégiques et aux carrefours autour des camps afin d'en surveiller toutes les entrées et les sorties.

En fin d'après-midi et toute la soirée, les camps ont été bombardés.

Le jeudi 16 septembre 1982 vers midi, une unité d'environ 150 Phalangistes armés (c'est ce que prétend Israel) est entrée dans le premier camp.

Pendant les 40 heures suivantes, les membres de la milice phalangiste ont violé, tué et blessé un grand nombre de civils non armés, dont la plupart étaient des enfants, des femmes et des personnes âgées à l'intérieur des camps encerclés et bouclés. L'estimation des victimes varie entre 700 (chiffre officiel des Israéliens) et 3.500.

Les victimes et les survivants des massacres n'ont jamais eu droit à une enquête officielle sur la tragédie, puisque la Commission Kahan d'Israel n'avait pas de mandat juridique et n'avait pas de pouvoir judiciaire.

Ce massacre est considéré comme le seul massacre sanglant de l'armée terroriste israélienne et il revendique la participation d'alliés, mais on peut penser qu'il ne sera pas le dernier. En particulier, après ce que nous avons vu dans la dernière guerre israélienne contre le Liban.

Si les Américains ont préparé avec agitation l'anniversaire du 11 septembre, beaucoup d'habitants du camp de Shatila et de son voisin plus petit Sabra ont redouté la date importante de samedi qui marquera 24 ans de souffrance et d'enquête futile de la justice.

Pour les Palestiniens, ce sera certainement un rappel bien loin des cérémonies de New York et de Washington où les responsables américains ont dit au monde que leur fameuse puissance militaire allait s'assurer que la justice pour les victimes triompherait du mal quel qu'en soit le prix.

Les survivants palestiniens des massacres de 1982 se réuniront probablement pour entendre des discours à l'endroit où leurs proches ont été enterrés dans des fosses communes : une parcelle vide et poussiéreuse signalée par un pathétique monument provisoire en parpaings.

Mais, le monde n'observera pas une minute de silence pour les victimes innocentes de Sabra et Shatila, ni de reportages au sujet des survivants et de leur existence malheureuse sur les lieux de ce crime horrible.


Enquête sur le massacre de Sabra & Chatila : Qui sont les coupables ? - Partie 1 (en français)


Enquête sur le massacre de Sabra & Chatila : Qui sont les coupables ? - Partie 2 (en français)

Lire le témoignage de Musa Al-Hindi.
Traduction : MG pour ISM

Est-ce que la Cisjordanie va être assiégée comme Gaza ?

Cisjordanie - 16-08-2009
Par Jonathan Cook
Rappelant les restrictions déjà bien en place à Gaza, Israël a commencé à bloquer les déplacements entre Israël et la Cisjordanie à tout détenteur de passeport étranger, y compris aux travailleurs humanitaires et aux milliers de résidents palestiniens.
Cette nouvelle politique a pour but de forcer les citoyens étrangers de choisir entre une visite en Israël, y compris à Jérusalem-Est qu’Israël a annexé illégalement, et une visite en Cisjordanie. Dans la plupart des cas, se déplacer entre les deux secteurs ne sera plus possible.
























La nouvelle réglementation est une violation des engagements pris par Israël vis-à-vis des gouvernements occidentaux dans le cadre des Accords d’Oslo, engagements qui permettaient à leurs citoyens de continuer à avoir accès aux territoires occupés.

Israël, qui contrôle les registres de population des Israéliens et des Palestiniens, n'a pas laissé entendre qu’il y avait des raisons de sécurité pour cette nouvelle restriction.

Les groupes de défense des droits de l'homme se plaignent du fait que le changement séparera Jérusalem-Est, la future capitale supposée d'un État palestinien, de la Cisjordanie. Cela ajoutera également des pressions sur les familles lorsque l’un des membres, détenteur d'un passeport étranger, voudra quitter la région et cela perturbera l’assistance que les organismes d'aide sont en mesure de donner aux Palestiniens.

Selon les observateurs, cette règle a été mis en place discrètement, il y a trois mois au passage du pont Allenby, la frontière avec la Jordanie, le seul point de passage international pour les Palestiniens de Cisjordanie. Les responsables israéliens, qui contrôlent la frontière, délivrent maintenant aux visiteurs étrangers un visa pour «les Territoires de l'Autorité Palestinienne seulement", ce qui les empêche d'entrer en Israël et à Jérusalem-Est.

Des responsables du Ministère de l'Intérieur disent qu’une politique similaire est en cours d'adoption à l'aéroport international israélien de Ben Gurion, près de Tel Aviv, pour empêcher les détenteurs de passeports étrangers qui arrivent par ce chemin d’accéder à la Cisjordanie.

Depuis longtemps, Gaza n’est plus accessible aux Palestiniens qui n’y réside pas et est fermé à la plupart des Israéliens et des étrangers depuis début 2006, quand Israël a commencé son blocus.

«Il s'agit d'une intensification et d’un affinage de la politique de séparation qui a commencé avec la création des postes de contrôle israéliens en Cisjordanie et avec la construction du mur", a déclaré Sam Bahour, un américano-palestinien vivant à Ramallah, qui dirige la Campagne pour le Droit d'Entrée qui met en évidence les restrictions israéliennes imposées à la circulation des Palestiniens.

"Les gouvernements étrangers comme les États-Unis devraient s’insurger parce que cette règle viole les droits de leurs citoyens en vertu des accords diplomatiques. Jusqu'à présent, ils ont gardé le silence."

M. Bahour, 44 ans, dit que les premières victimes de cette nouvelle politique seront les milliers de Palestiniens vivant à l'étranger qui, comme lui, sont revenus en Cisjordanie au cours de la période la plus optimiste d’Oslo.

Bien éduqués, et souvent avec des carrières bien établies, ils ont été d'une importance vitale tant pour la reconstruction de l'économie palestinienne locale en investissant et en créant des entreprises que pour l'épanouissement d'un société civile naissante en dirigeant des organisations de bien public et en enseignant dans des universités.

Bien que beaucoup d’entre eux se soient mariés avec des conjoints locaux et qu’ils aient élevé leurs enfants en Cisjordanie, Israël a souvent refusé de leur délivrer des permis de résidence, les obligeant à renouveler leur visa de touriste tous les trois mois en quittant temporairement la région, souvent pendant des années.

M. Bahour dit que le dernier changement de réglementation doit être compris comme une mesure faisant partie d’un ensemble de restrictions imposées par Israël qui étranglent la vie normale des Palestiniens.

En plus du mur et des checkpoints, dit-il, Israël a régulièrement expulsé des «étrangers», des Palestiniens et des travailleurs humanitaires, qui arrivait dans la région ; il a refusé la réunification des familles pour empêcher des couples palestiniens de vivre ensemble ; il a souvent annulé le droit de résidence des Palestiniens qui étudient à l'étranger pendant de longues périodes, et il a confisqué les carte d’identité de Jérusalem aux palestiniens afin de les pousser à vivre en Cisjordanie.

Début 2006, M. Bahour, qui est marié et père de deux filles, avait été affecté par un autre changement de réglementation quand Israël a refusé de renouveler les visas de touristes aux Palestiniens ayant des passeports étrangers, les forçant à se séparer de leurs familles en Cisjordanie.

Après un tollé international, Israël a annulé cette politique, mais a insisté pour que les Palestiniens comme M. Bahour demandent des autorisations auprès des autorités militaires israéliennes pour rester en Cisjordanie.

"Cette dernière règle, comme la précédente, s'inscrit dans l'objectif global d'Israël de "nettoyage ethnique", a t-il ajouté. "Israël rend la vie de plus en plus difficile pour inciter les Palestiniens qui le peuvent, comme ceux qui ont des passeports étrangers, à partir."

M. Bahour dit que les nouvelles restrictions sépareront encore plus la Cisjordanie de Jérusalem, le centre de la vie culturelle et commerciale de la Palestine.

Du jour au lendemain, dit-il, son entreprise de conseil à Ramallah a perdu un quart de ses clients – tous de Jérusalem-Est - parce qu'il a désormais l’interdiction de quitter la Cisjordanie.

Il a perdu ses privilèges limités le mois dernier quand il a enfin reçu des papiers d’identité palestiniens. Il a dit qu'il avait été forcé de prendre cette carte d'identité, qui remplace son passeport américain aux yeux des autorités israéliennes, pour éviter le risque d'être expulsé.

"Cette carte d’identité m’est agréable mais aussi amère. Cela signifie que je ne peux pas être séparé de ma famille ici, mais cela signifie aussi que mon passeport américain n'est pas reconnu et que je suis maintenant soumis aux bouclages et aux arrestations comme les Palestiniens ordinaires."

Sari Bashi, une avocate de GISHA, une organisation israélienne qui conteste les restrictions imposées aux déplacements des Palestiniens, a déclaré que la nouvelle politique était un gros problème pour les organisations humanitaires, ainsi que pour les étrangers travaillant dans des organisations de bien public et des institutions universitaires palestiniennes.

"Beaucoup d'organisations d'aide travaillant en Cisjordanie ont leurs bureaux et leurs équipes à Jérusalem-Est et même en Israël, et il est difficile de voir comment ils vont s’en sortir face à cette nouvelle restriction."

Elle a déclaré que le personnel de grandes organisations internationales comme l'Organisation des Nations Unies pour les Réfugiés, l'UNRWA, et son département humanitaire, OCHA, s'était vu refuser l'entrée à l'aéroport Ben Gourion, après avoir déclaré qu'ils travaillaient en Cisjordanie.

"Quand Israël empêche l'accès à une zone, cela pose la question de savoir ce qui s'y passe», dit-elle. «Qu'est-on empêché de voir?"

Les groupes des droits de l'homme sont également préoccupés par la formulation de la nouvelle restriction, qui limite les citoyens étrangers aux "Territoires de l’Autorité Palestinienne". L’Autorité Palestinienne ne gère qu’environ 40% de la Cisjordanie. Ces groupes craignent qu’à l'avenir, Israël cherche à empêcher les étrangers de se déplacer entre les enclaves de Cisjordanie contrôlées par l'Autorité Palestinienne et les 60% sous contrôle israélien.

Guy Imbar, un porte-parole du coordinateur des activités du gouvernement israélien dans les Territoires, a déclaré que la phrase faisait référence à la totalité de la Cisjordanie.

Mais Jeff Halper du Comité israélien Contre les Démolitions de Maisons a mis en garde: "Compte tenu des antécédents d'Israël, il faut se méfier que cette restriction soit réinterprétée à une date ultérieure."
Traduction : MG pour ISM

Israël bloque l’argent destiné aux handicapés de Gaza

Gaza - 17-09-2009
Par Jonathan Cook
Jonathan Cook est écrivain et journaliste, installé à Nazareth, Israël. Ses derniers ouvrages sont : “Israel and the Clash of Civilisations: Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East” (Pluto Press) et “Disappearing Palestine: Israel's Experiments in Human Despair” (Zed Books). Son site web : http://www.jkcook.net/ Cet article a été publié initialement dans The National(Abu Dhabi) le 10 septembre 2009.
Yunis al-Masri a eu plus de chance que ses deux frères de Gaza. Bien que le camion qui a percuté leur voiture alors qu’ils allaient travailler en Israël il y a 24 ans ait tué Jaber et Kamal sur le coup, M. al-Masri a survécu malgré de multiples fractures, une hémorragie interne et des lésions cérébrales.
Aujourd’hui, à 49 ans et après de nombreuses opérations, il marche avec difficulté et a du mal à se souvenir de ce qu’il doit faire. Tout espoir de travailler est resté en 1985 dans les débris de la voiture.


Comme des dizaines de milliers d’autres manœuvres palestiniens qui travaillaient en Israël avant que Gaza ait été progressivement fermée au monde extérieur au début des années 1990, M. al-Masri a régulièrement versé des cotisations salariales au fonds de sécurité sociale d’Israël.

Reconnu comme handicapé par un comité médical israélien, il a droit à une allocation mensuelle de 800$ de l’Institut National de l’Assurance d’Israël, avec laquelle il doit faire vivre sa femme et dix enfants, dans leur maison de Beit Hanoun, au nord de Gaza.

Début janvier, cependant, les versements de son allocation-handicapé ont cessé d’arriver sur son compte bancaire à Gaza. Environ 700 autres ouvriers blessés sont dans la même situation.

La raison, ont-ils appris, en est que pendant que l’armée israélienne se déchaînait à travers la Bande de Gaza pendant son attaque hivernale, la Banque d’Israël a rompu toute relation avec les banques de Gaza.

La fin des relations financières entre Israël et Gaza, qui aggravent les trois années de blocus de l’enclave dirigée par le Hamas, signifie que M. al-Masri et les autres ouvriers handicapés sont sans ressources depuis neuf mois.

M. al-Masri dit qu’il a dû s’endetter lourdement pour continuer à nourrir sa famille, et il ajoute que toute la famille dépend maintenant de sa fille, Noura, 26 ans. Pendant le Ramadan, elle a commencé un travail de secrétaire à temps partiel, qui rapporte 100$ par mois, mais c’est un boulot loin d’être sûr. «Combien de temps cet argent pourra-t-il nourrir et soutenir une famille de 12 personnes ? » dit-il.

Noura ajoute : « Lorsque l’allocation a cessé d’arriver, nous avons appelé l’Institut National de l’Assurance et on nous a dit que c’était une décision politique, et que lorsque Gilad Shalit serait rendu, nous aurions notre argent. » Le sergent Shalit, soldat israélien, a été capturé par le Hamas en juin 2006. On pense qu’il est détenu à Gaza.

Hasna, la belle-soeur d’al-Masri, qui a perdu son mari Jaber dans l’accident de voiture, dit qu’aucun de ses quatre enfants ne gagne d’argent et que la famille est sans revenus. Elle a dit récemment à son fils aîné, qui fait des études en Roumanie, qu’il n’y avait plus d’argent pour payer ses cours.

« Nous serions heureux d’aller au checkpoint d’Erez pour récupérer le chèque en personne, si c’est ce qu’il fallait faire, » dit M. al-Masri.

Le Centre al-Mezan pour les droits de l’homme, basé à Gaza, et Adalah, un groupe juridique israélien, s’occupent des dossiers des ouvriers et ont déposé une requête contre la décision du gouvernement auprès de la Cour suprême la semaine dernière.

Mahmoud abu Rahma, porte-parole d’al-Mezan, dit que les 700 ouvriers blessés faisaient partie d’une importante population active d’au moins 80.000 Gazaouis qui travaillaient régulièrement en Israël pendant les années 1970 et 1980. Leur nombre n’a commencé à décroître qu’au début des années 1990, lorsqu’Israël a lancé sa politique de bouclage et a construit la barrière électronique qui encercle Gaza. Les accords d’Oslo, dans les années 1990, qui portaient l’espoir d’une autonomie palestinienne, ont réduit davantage les possibilités de travail lorsqu’Israël a mis en place sa politique de séparation.

Une grande partie du travail manuel, réalisée jadis par les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, l’est maintenant par 300.000 travailleurs immigrés, venant principalement des Philippines, de Thaïlande, de Chine et d’Europe de l’Est.

M. Abu Rahma dit que les travailleurs handicapés, par la perte de toute chance de travailler, souffrent maintenant l’indignité de ne pas être en mesure de subvenir aux besoins de leurs familles.

« Israël a le contrôle absolu non seulement des frontières physiques de Gaza, mais aussi de notre système monétaire, » dit-il. « Nous dépendons du shekel, la monnaie israélienne, et les banques d’Israël peuvent ouvrir et fermer les flux d’argent comme elles veulent. »

Le blocus israélien de Gaza a été progressivement resserré depuis que le Hamas a remporté les élections de l’Autorité Palestinienne début 2006. Suite à la mise en déroute par le mouvement islamique d’une tentative de coup d’Etat du groupe rival Fatah à l’été 2007, Israël a déclaré Gaza « entité ennemie » et a commencé à couper les livraisons de fuel et d’électricité. Aujourd’hui, seuls les produits les plus essentiels entrent.

Les deux seules banques israéliennes qui traitent avec Gaza, Hapoalim et Discount, ont reçu l’accord de la Banque d’Israël pour couper leurs liens pendant l’attaque contre Gaza. La Banque centrale s’était auparavant opposée à cette mesure, craignant qu’elle n’entraîne l’effondrement de l’économie de Gaza.

Cette semaine, un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement note que 90% de la population de Gaza vit en dessous du seuil de pauvreté, les offres d’emploi étant presque entièrement cantonnées à l’administration gouvernementale et publique et à quelques petites industries de service.

M. Abu Rahma dit que les ouvriers handicapés font partie des plus pauvres et des plus vulnérables des 1,5 million de Gazaouis, et beaucoup sont en danger de famine si les paiements ne reprennent pas rapidement. « Ils n’ont aucune autre source de revenus et doivent vraiment se battre, sans leurs prestations. »

En 1998, Fadil Qomsan est tombé du septième étage d’un immeuble en construction à Ashdod, 25km au nord de Gaza, se brisant le dos.

Pendant les deux semaines d’hospitalisation à Tel Aviv, dit-il, le propriétaire de l’immeuble est venu le voir à l’hôpital pour lui dire que la société de construction rejetait toute responsabilité. « Il m’a dit que j’étais tombé parce que je prenais des drogues. La police a fait plusieurs analyses sanguines pendant mon séjour, mais elles étaient toutes négatives. J’ai fini par obtenir l’allocation d’invalidité. »

M. Qomsan, 46 ans, du camp de Jabaliya, qui a besoin d’un corset pour marcher, a un taux d’invalidité de 81%. Il touchait 450$ pour faire vivre sa femme et leurs trois enfants, dont le plus jeune a sept ans. « Notre situation financière était déjà désespérée lorsque nous touchions les chèques, mais maintenant, nous sommes au-delà de la misère. »

Il dit que la famille a été obligée d’avoir recours à la charité de parents et d’amis pour survivre.

Taysir al-Basoos est aveugle depuis qu’il a 16 ans, lorsqu’un clou tiré d’une cloueuse électrique sur un chantier d’Ashkelon, à 10km au nord de Gaza, s’est fiché dans sa poitrine, a coupé le circuit sanguin vers le cerveau et l’a rendu aveugle.

M. al-Basoos, 47 ans, dit que sa femme et leurs six enfants, dont le plus jeune a cinq ans, dépendent entièrement de son allocation d’invalidité mensuelle.

« Des ouvriers comme moi ont aidé à construire l’Etat d’Israël ; nous n’avons pas mis le Hamas au pouvoir, » dit-il. « Je n’ai aucune activité politique, alors pourquoi suis-je puni ? Notre affaire est de nature humanitaire. »

Sawsan Zaher, avocate d’Adalah, dit que six affaires représentatives des ouvriers handicapés de Gaza qui se sont vus refuser les indemnités ont été présentées à la Cour suprême d’Israël. Elles comprennent des ouvriers du bâtiment qui sont tombés, un jardinier d’un conseil local qui a été écrasé par la chute d’une grue et un laveur de voiture qui a perdu deux doigts.

Mme Zaher dit qu’Adalah a commencé par prendre contact avec l’Institut National de l’Assurance, la Banque d’Israël et plusieurs ministères en avril, lorsque le changement de politique est devenu évident, mais qu’ils se sont tous dérobés à leurs responsabilités.

« L’Institut national de l’Assurance nous a dit qu’il essayait de négocier une solution avec l’Autorité Palestinienne, peut-être par le transfert des fonds par la Cisjordanie (dirigée par le Fatah), mais ça n’a mené nulle part. »

Adalah affirme que la décision de bloquer les paiements à Gaza viole le droit israélien. « L’argent est la propriété des ouvriers handicapés et cette décision les prive injustement de leur bien, » dit Mme Zaher.

Adalah affirme également que la décision, parce qu’elle n’affecte que les droits à l’aide sociale des ouvriers palestiniens et pas ceux des Israéliens, est du racisme.

M. Abu Raham dit qu’une autre inquiétude existe, celle que certains des ouvriers ne puissent acheter les médicaments essentiels nécessaires à leur traitement.

Sharif Qarmout, 58 ans, du camp de Jabaliya, est paraplégique depuis 1979 lorsqu’il est tombé du sixième étage d’un immeuble en construction à Rishon Letzion, près de Tel Aviv. La perte de son indemnité mensuelle de 1.150$ a plongé sa famille dans d’énormes difficultés car elle se bat non seulement pour acheter la nourriture, mais aussi pour payer la facture mensuelle de 350$ pour les quinze médicaments dont il a besoin pour contrôler son incontinence, améliorer la circulation sanguine de ses jambes et prévenir la dépression.

« Il y a un an et demi, Israël a arrêté de donner à ma femme l’autorisation d’aller chercher les médicaments à l’hôpital, » dit M. Qarmout, qui est en chaise électrique. « J’ai été obligé depuis de les acheter moi-même à Gaza, mais aujourd’hui, je n’ai plus d’argent. Je suis allé dans diverses pharmacies, en payant à crédit, mais je ne peux pas continuer. J’ai commencé à réduire les doses pour que les médicaments durent plus longtemps. »

M. Qarmout dit que ses trois enfants adultes vivent dans sa maison pour pouvoir s’occuper de lui, car sa femme est la plupart du temps alitée, avec de graves problèmes de dos, après avoir passé 30 ans à le lever.

« Personne ne prend la responsabilité de gens comme moi – ni le Hamas, ni Israël. »

Marie Badarne, de la Voix des Travailleurs, un groupe de droit des travailleurs basé à Nazareth, dit que les abus du gouvernement israélien envers les ouvriers handicapés fait écho à un problème bien plus large que rencontrent les Gazaouis qui ont, jusqu’à récemment, travaillé en Israël.

Elle dit que les contrats de milliers d’ouvriers de Gaza en Israël ont été résiliés sans préavis par les employeurs au printemps 2004, peu de temps après que le gouvernement d’Ariel Sharon ait annoncé qu’il se « désengagerait » de l’enclave à l’été 2005.

La plupart d’entre eux travaillaient dans le bâtiment, des garages, des usines textiles, des ateliers de menuiserie ou étaient ouvriers agricoles en d’Israël, ou dans une poignée de colonies juives à Gaza, qui ont été démantelées en août 2005.

« En une nuit, plus de 20.000 travailleurs se sont vus retirer leurs permis de travail et ont perdu leur gagne-pain, » dit-elle. « Ils ont cotisé au système de sécurité sociale, certains pendant des décennies, mais ils ont été privés de leurs droits juridiques, comme les indemnités de licenciement, les heures supplémentaires et les indemnités de congés. »

La Voix des Travailleurs dit que ses investigations ont montré également que la plupart des employeurs israéliens avait payé les ouvriers de Gaza en dessous du salaire minimum.

Selon ses calculs, il est dû à chacun des travailleurs de Gaza mis à pied entre 12.000 et 50.000$, ce qui veut dire que les employeurs israéliens ont «escroqué la population active de dizaines, sinon de centaines, de millions de dollars, » dit Mme Badarne.

En juillet, le groupe de Nazareth a présenté les réclamations de plus de 40 travailleurs au tribunal du travail de Beersheba, qui a accepté de s’en occuper. Tous ces travailleurs étaient employés par une usine de meubles, la plupart comme menuisiers, dans la zone industrielle d’Erez, à côté de la Bande de Gaza.

Mme Badarne dit que la société n’a pas nié devoir de l’argent aux ouvriers, mais a justifié sa position par le fait que Gaza avait été déclarée « entité ennemie ».

« Leurs avocats ont dit que parce que Gaza était une entité ennemie, les habitants devaient être traités comme une population hostile, » dit-elle. « Ils ont dit au juge qu’Israël ne devait pas ouvrir sa porte à des terroristes et que mettre fin au blocus économique travaillerait contre les intérêts de l’Etat israélien. »

« Pour essayer de renforcer leur argument que la demande des ouvriers devaient être rejetée, les avocats ont même envoyé au tribunal une copie de la charte du Hamas et une analyse de ce qu’elle signifie. »

Elle a ajouté qu’en dépit du fait que les employeurs israéliens aient déduit les cotisations sociales des salaires des Gazaouis, les travailleurs ne peuvent plus bénéficier des prestations auxquelles ils ont droit.

« Si par exemple ils sont malades, ils devraient avoir le droit d’aller dans les hôpitaux israéliens puisqu’ils ont payé l’assurance-maladie, mais bien sûr cette obligation n’est plus honorée. Dans certains cas, étant donné la détérioration des soins de santé à Gaza à cause du blocus, ce droit peut faire la différence entre la vie et la mort. »

Ronit Gedultir, porte-parole de l’Institut national de l’Assurance d’Israël, dit que les responsables cherchent une solution pour les familles des ouvriers handicapés touchées par la décision de la banque.

« C’est une question très délicate et nous ne la négligeons pas, » dit-elle. «L’argent attend ici les familles, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé le moyen de le leur remettre. »

Israël cherche également le moyen de mettre fin au droit des civils palestiniens de demander réparation des préjudices subis aux mains de l’armée israélienne.

Une loi exemptant l’Etat des plaintes juridiques portées par les Palestiniens pour dommages corporels ou matériels infligés par l’armée pendant la deuxième intifada a été adoptée à l’été 2005, mais elle a été cassée un an plus tard par la Cour suprême.

Hassan Jabareen, directeur d’Adalah, a déclaré que la loi avait été modifiée récemment pour essayer de contourner la Cour et qu'elle devait être à nouveau présentée au Parlement ce mois-ci.
Source : IMEMC
Traduction : MR pour ISM