mardi 11 août 2009

Dans une tentative pour expulser les palestiniens, l'occupation exécute une vaste campagne d'impôts contre les palestiniens à Qods occupée

Jérusalem - 10-08-2009
Par Palestine Info
Les autorités de l'occupation israéliennes ont effectué une vaste campagne d'impôts contre les commerçants et les habitants de la ville sainte d'Al Qods occupée.





















Des sources locales dans la ville ont confirmé, le samedi 8/8, que la police sioniste a envahi les boutiques commerciales des habitants palestiniens dans le quartier de "Wad" (rue Al-Wad, photo ci-dessus), en imposant des impôts qui dépassant les 250 dollars, en plus de 110 dollars pour la municipalité sioniste à Al Qods.

"Dans une tentative pour aggraver la situation très catastrophique des habitants palestiniens dans la sainte ville, les autorités sionistes ont imposé des impôts très élevés contre nos boutiques, nos biens afin de nous expulser de nos foyers, à travers ces amendes sionistes très sévères", ont affirmé les sources palestiniennes en protestant contre la politique discriminatoire de l'occupation sioniste qui vise à s'emparer de leurs maisons, boutiques et biens, dans la ville occupée d'Al Qods, notamment dans la vieille ville sacrée.

Dialogue interpalestinien: le Hamas espère pouvoir régler tous les différends avec le Fatah


21:14|10/ 08/ 2009

LE CAIRE, 10 août - RIA Novosti. Le Hamas espère pouvoir régler tous les différends avec le Fatah rival encore avant le départ du round décisif des négociations interpalestiniennes, prévu pour le 25 août prochain, a déclaré lundi au Caire un leader du mouvement islamiste palestinien Mahmoud Zahar.

"Nous ne tenons pas à ce que le dialogue interpalestinien se poursuive à l'infini. Aussi avons-nous proposé à l'Egypte d'organiser des rencontres préliminaires afin de régler tous les problèmes qui restent", a annoncé M.Zahar aux journalistes à l'issue d'une rencontre avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa.

Selon le leader islamiste, l'Egypte intervenant en médiateur aux négociations interpalestiniennes avait accepté d'organiser de telles rencontres entre les représentants des deux mouvements adverses.

En même temps, M.Zahar a dénoncé la "détention et la torture" des membres du Hamas par le Fatah. Il a jugé que l'emprisonnement des membres de son parti constituait un "obstacle majeur" pour ces pourparlers, appelant à une intervention des pays arabes pour obtenir leur libération.

Le round déterminant du dialogue interpalestinien doit se dérouler au Caire du 25 au 28 août prochains. Les six tours précédents des négociations n'ont toujours pas débouché sur un accord définitif sur le rétablissement de l'unité du système politique palestinien et la disparition de la division qui avait résulté du coup de force du Hamas dans la bande de Gaza.

Le programme politique du Fatah est critiqué par Israël

publié le lundi 10 août 2009

Leyla Jad
Samedi (8 août) , le Fatah a publié une déclaration confirmant ses orientations traditionnelles dans le programme politique.

Les autorités israéliennes ont déjà critiqué la plateforme [1].

« Le Congrès du Fatah est décevant et non prometteur, car au Proche-Orient, il n’y a pas d’autre moyen que de s’asseoir pour conclure un accord sur un programme de paix », a affirmé dimanche le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud Barak.

Pourtant, l’Autorité Palestinienne s’est engagée dans les négociations depuis les Accords d’Oslo en 1993, et la réalité sur le terrain a montré que c’est l’Etat hébreu qui n’a pas l’intention de « s’asseoir pour conclure un accords sur un programme de paix ».

Voici les différents points du programme :

1 – Le Fatah reste accroché à son identité de mouvement de libération nationale qui vise à mettre fin à l’occupation israélienne et à parvenir à l’indépendance pour le peuple palestinien.

Le Fatah fait partie du mouvement de libération arabe et du front des forces internationales qui cherchent d’aider la liberté et l’indépendance des peuples.

2 - Le Fatah souligne que sa principale contradiction est avec l’occupation israélienne et que toute autre contradiction est secondaire et peut être résolue à travers le dialogue.

Le Fatah se réserve le droit d’utiliser tous les moyens possibles pour défendre l’unité nationale, la légitimité palestinienne et la décision nationale palestinienne indépendante.

3 - Le Fatah reste fidèle aux martyrs et aux prisonniers, et exprime son attachement aux constantes du peuple palestinien, à savoir la libération de la terre et de Jérusalem, le démantèlement de la colonisation et le retour des réfugiés.

4 – Malgré le fait que le Fatah reste attaché à l’option d’une paix juste, il n’abandonnera pas les autres options. Le Fatah réitère le droit du peuple palestinien et de tout peuple occupé à la résistance contre l’occupation, conformément à la loi internationale.

Nabil Amro, faisant partie de l’entourage de Mahmoud Abbas, a souligné que ce message est envoyé au peuple palestinien, aux États-Unis et à Israël.

Le Fatah réitère l’importance des négociations, en s’adressant à Israël. Il dit aux Américains que le peuple palestinien aspire à la paix et que l’obstacle dans les négociations et sur le terrain est Israël, allié de Washington.

Le message pour le peuple palestinien est que « nous appuyons l’option de la paix mais pas à n’importe quel prix. Nous voulons tous nos droits », a déclaré Amro. [2]

[1] notamment Liebermann, ministre des Affaires étrangères, dirigeant d’extrême droite, qui se garde bien de reconnaître que les points qu’il refuse et qu’il accuse les Palestiniens de revendiquer, sont inscrits dans le droit international et les résolutions des Nations unies. Voir ci-dessous dans le NouvelObs :

Selon Lieberman, la paix avec les Palestiniens est "peu probable"

"Les positions radicales et intransigeantes des Palestiniens sur Jérusalem, le droit au retour (des réfugiés) et les blocs de colonies créent un fossé insurmontable entre nous", estime le chef de la diplomatie.

A l’occasion d’une visite d’une délégation démocrate du Congrès américain, le ministre des Affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman a déclaré lundi 10 août dans un communiqué qu’une perspective de paix avec les Palestiniens était peu probable dans les années à venir. "Les positions radicales et intransigeantes des Palestiniens sur Jérusalem, le droit au retour (des réfugiés) et les blocs de colonies créent un fossé insurmontable entre nous", a-t-il affirmé. "Par conséquent, la politique israélienne doit être basée sur une réalité et non pas une illusion, tout en maintenant le dialogue avec les Palestiniens et en améliorant les arrangements de sécurité et la situation économique des Palestiniens", a ajouté Avigdor Lieberman.

Une mise en garde

Le chef du parti ultranationaliste Israël Beiteinou considère que "tout objectif extravagant consistant par exemple à imposer un accord selon un calendrier défini se soldera une nouvelle fois par un échec, une déception, voire un affrontement". Une mise en garde à destination du président américain Barack Obama, qui a fait de la conclusion d’un accord de paix israélo-palestinien l’une des priorités de son administration. Le président israélien Shimon Peres qui recevait aussi la délégation américaine s’est efforcé de minimiser les divergences entre Israël et les Etats-Unis."Le seul point sur lequel nous divergeons est la construction dans les colonies existantes. Je crois que cela est négociable", a-t-il déclaré.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

[2] voir aussi Hassan Moali dans el Watan :

Israël agite l’épouvantail du Fatah

Le recentrage de la ligne politique du mouvement Fatah – dont les délégués au congrès élisaient hier la nouvelle direction – autour de la « légitimité de la résistance » contre Israël a, comme il fallait s’y attendre, eu l’effet d’une bombe.

Cette allusion au recours éventuel à une lutte armée et le rejet catégorique de la notion « d’Etat juif » tel que réclamé par Netanyahu a fait monter les responsables de l’Etat hébreu sur leur grands chevaux. La classe politique israélienne a réagi unanimement, hier, contre le « nouveau » programme adopté par les congressistes du Fatah, qu’elle assimile à une copie conforme de celui de son frère ennemi, le Hamas. A Tel-Aviv, le moral est désormais en berne. « Le congrès du Fatah est décevant et non prometteur car au Proche-Orient, il n’y a pas d’autre moyen que de s’asseoir pour conclure un accord sur un programme de paix », a dit le ministre de la Défense, Ehud Barak.

Pour le ministre de l’Environnement, Gilad Erdan, le programme montre « une absence de volonté de parvenir à un accord avec Israël ». Par ces déclarations volontairement pessimistes et faussement inquiètes, les responsables du cabinet du Premier ministre tentent de justifier par anticipation le gel des négociations de paix et le recours à la méthode forte des colonisations sauvages et des instructions en territoire palestinien. C’est une manière bien subtile de signifier à la communauté internationale, aux Etats-Unis surtout, que ce sont les Palestiniens qui freinent la cadence vers la paix. Pour ce faire, il brandissent cette fois l’épouvantail d’un Fatah soudainement devenu infréquentable pour avoir adopté, pour une fois, une stratégie réaliste face à un adversaire intransigeant. Longtemps désigné comme un partenaire crédible par Israël sans pour autant lui faire de « cadeau », le Fatah de Mahmoud Abbas a choisi cette fois la voie de la raison. Et cela ne plaît pas à Israël qui surfait allègrement sur l’extrémisme du Hamas pour justifier ses dépassements et reporter à plus tard les négociations. En face, le Fatah, qui a chèrement payé ses accointances infructueuses avec les travaillistes, la droite et maintenant l’extrême droite israélienne, ne veut plus servir de faire-valoir à une paix chimérique.

Realpolitik

En s’engageant à « libérer la Palestine » pour laquelle il a été créé, le Fatah fait d’une pierre deux coups. Il coupe d’abord l’herbe sous le pied du Hamas qui revendique le monopole de la « résistance » et entend reprendre son aura perdue de mouvement de libération. Ensuite, il signifie à l’Etat hébreu que le temps des louvoiements est révolu et que désormais, le Fatah ne signera plus de chèque en blanc à des gouvernements israéliens qui se suivent et se ressemblent dans la spoliation des droits nationaux des Palestiniens. La plateforme politique du mouvement, adoptée samedi, confirme ce changement de cap. Le Fatah rappelle ainsi « son attachement à l’option d’une paix juste, mais réitère le droit du peuple palestinien à la résistance contre l’occupation, conformément à la loi internationale ». Il indique aussi que « le Fatah reste fidèle aux martyrs et prisonniers, et exprime son attachement aux constantes du peuple palestinien, à savoir la libération de la terre et de Jérusalem, le démantèlement des colonies et le retour des réfugiés » palestiniens. « Nous refusons de reconnaître Israël en tant qu’Etat juif afin de protéger les droits des réfugiés ainsi que ceux des Palestiniens de l’autre côté de la ‘ligne verte’ » entre Israël et la Cisjordanie, stipule ce texte en référence à près de 1,3 million de citoyens arabes d’Israël. Que le Hamas critique sévèrement les résolutions adoptées par le Fatah est un signe que ce dernier lui a peut-être ravi son fonds de commerce politique.

http://www.elwatan.com/Israel-agite...

publié par PNN

http://french.pnn.ps/index.php?opti...

note : C. Léostic, Afps

Une jérémiade

publié le lundi 10 août 2009

Uri Avnery, le 1er août 2009

— Lettre de Uri Avnery à Dov Yermiya —

Je pense qu’il est important de faire partager la déclaration d’un homme de votre qualité à ceux qui, dans notre camp, passent des nuits sans sommeil à s’inquiéter de la situation de notre État.

CHER DOV YERMIYA

J’ai reçu la lettre alarmiste que vous avez récemment adressée à un petit nombre d’amis. Vous peignez la réalité israélienne sous un jour sombre – mais vrai – et vous concluez en coupant vos liens avec elle.

« Par conséquent moi, sabra de 95 ans (né Juif israélien) qui ai labouré ses champs, planté ses arbres, construit une maison et engendré des fils, des petits fils et des arrière petits fils, qui ai aussi versé mon sang dans le combat pour la fondation de l’État d’Israël,

« déclare ici que je renonce à ma foi dans le sionisme qui a failli, que je ne serai pas loyal à l’État juif fasciste et à ses conceptions démentielles, que je ne chanterai plus son hymne nationaliste, que je ne me mettrai au garde à vous que lors des jours de deuil pour ceux qui sont tombés des deux côtés au cours des guerres, et que je regarde, le cœur brisé, un Israël en train de se suicider et les trois générations de descendants que j’y ai nourris et élevés. »

DEPUIS la première fois que je vous ai rencontré, Dov, il y a quelques cinquante ans, je vous ai toujours considéré comme le sel de la terre. Vous êtes né dans un village, fils de fermier, vous avez combattu au cours de la guerre de 1948 et êtes devenu par la suite colonel de l’armée, un homme modeste, une personne morale de chaque fibre de son être.

Lors de la première guerre du Liban, vous avez révélé les atrocités commises contre les réfugiés palestiniens dans la région de Tyr et de Sidon et votre courageux rapport ne m’a pas moins choqué que ceux sur le massacre de Sabra et Shatila. Vous n’avez pas hésité à rompre le silence, comme le font maintenant les jeunes gens de “Rompre le Silence” tout à fait conscient que vos pairs dans le corps des officiers allaient vous excommunier.

Vous êtes un homme de cœur, Dov. Voilà pourquoi vos propos m’inquiètent tant.

Je pense qu’il est important de faire partager la déclaration d’un homme de votre qualité à ceux qui, dans notre camp, passent des nuits sans sommeil à s’inquiéter de la situation de notre État.

VOUS COMMENCEZ votre lettre en citant les fondateurs du mouvement sioniste.

« Si Herzl pouvait revenir à la vie et voir ce que sont en train de faire ceux qui se réclament du sionisme, il s’enfuirait immédiatement, attristé et scandalisé, pour retourner dans sa tombe. Chaim Weizmann ferait de même ainsi que la plupart des pionniers, les pères et les mères de ma génération. C’étaient des gens de conscience et de moralité, animés par la conviction que les êtres humains sont bons et honnêtes. »

La plupart de vos violentes accusations concernent le traitement qu’inflige Israël aux Palestiniens. « Et ainsi, pendant 42 années, Israël a fait un gigantesque camp de détention de ce qui aurait du être la Palestine, et il y tient tout un peuple prisonnier, soumis à un régime oppressif et cruel, avec pour seul objectif de prendre aux Palestiniens leur pays, quoi qu’il en advienne !!!

« Les Forces Israéliennes de Défense neutralisent vigoureusement leurs tentatives de rébellion, avec le concours actif de voyous des colonies, par les moyens brutaux d’un apartheid compliqué et d’un blocus scandaleux, de harcèlement inhumain des malades et des femmes prêtes à accoucher, la destruction de leur économie et le vol de leurs meilleures terres et de leur eau.

« Sur tout cela flotte le pavillon noir de l’effrayant mépris pour la vie et le sang des Palestiniens. On ne pardonnera jamais à Israël le terrible tribut du sang répandu, et en particulier le sang des enfants, dans des proportions à faire dresser les cheveux sur la tête. »

Mais je pense que le terrible désespoir qu’expriment vos propos a aussi d’autres racines, C’est un sentiment qui trouble le cœur de beaucoup de gens de votre génération et de la mienne, le sentiment « qu’ils ont volé notre État », qu’il n’y a rien de commun entre l’État dont nous avons rêvé, pour lequel nous avons combattu et la chose qui en a pris la place.

QUAND JE pense à notre jeunesse, à la vôtre et à la mienne, une scène n’est jamais éloignée de mon esprit : le festival Dalia de 1947.

Des dizaines de milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes étaient assis sur la pente d’une colline dans l’amphithéâtre naturel voisin du kibboutz Dalia sur le mont Carmel. C’était apparemment un festival de danses folkloriques, mais c’était en réalité beaucoup plus que cela – une grande célébration de la nouvelle culture hébraïque que nous étions alors en train de créer dans le pays et dans laquelle les danses folkloriques jouaient un rôle important. Les groupes de danseurs venaient principalement des kibboutzim et des mouvements de jeunesse, et les danses étaient des créations hébraïques originales entremêlées de danses russes, polonaises, yéménites et hassidiques. Un groupe d’Arabes dansaient la Debka avec enthousiasme, dansant, dansant et dansant encore.

Au milieu de la fête, les hauts parleurs annoncèrent que des membres de la commission d’enquête des Nations Unies qui avait été envoyée pour décider de l’avenir du pays se joignaient à nous. Lorsque nous les vîmes entrer dans l’amphithéâtre, les dizaines de milliers de participants se mirent spontanément debout pour chanter la « Hatikva »,l’hymne national, avec une sainte ferveur que répercutaient les montagnes environnantes.

Nous ne savions pas alors que, six mois plus tard, la grande guerre hébraïco-arabe allait éclater – notre guerre d’indépendance et leur Nakba. Je pense que la majorité des 6.000 jeunes gens qui sont tombés de notre côté au cours de cette guerre, et aussi les milliers qui ont été blessés – comme vous et moi – étaient présents à ce moment-là à Dalia, se regardant les uns les autres et chantant ensemble.

À quel État pensions-nous alors ? Quel État nous apprêtions-nous à créer ?

Qu’est-il arrivé à la société hébraïque, à la culture hébraïque, à la moralité hébraïque dont nous étions alors si fiers ?

OUI, NOUS avons créé un État. Comme le dit la vieille chanson : « Sur le champ de bataille se dresse maintenant une ville ». Nous avons amené des millions de gens dans ce pays. À partir d’une communauté de 650.000 personnes, nous sommes devenus une population de 7,5 millions. Une quatrième et une cinquième génération parlent l’hébreu comme langue maternelle. Notre économie est importante et forte, même en ces temps de crise. Dans plusieurs domaines, nous sommes au premier rang de l’activité humaine.

Mais est-ce là la société, est-ce là l’État que nous avions en vue le jour où il fut établi ? Est-ce là l’armée à laquelle nous avons, vous et moi, prêté serment d’allégeance le jour où elle a été créée ?

Avions-nous rêvé de cette société corrompue, une société sans compassion où une poignée de très riches vivent des ressources du pays, avec une foule de politiciens, de gens des médias et autres laquais rampant dans la poussière à leurs pieds ?

Avions-nous rêvé d’un État qui est un ghetto isolé et tenu à l’écart dans la région, traitant avec arrogance et opprimant un ghetto palestinien à l’intérieur de ce ghetto ?

Il y eut des jours où nous pouvions nous lever n’importe où dans le monde pour déclarer « Je suis israélien” » Personne ne peut plus le faire aujourd’hui. Le nom d’Israël est devenu de la boue. Depuis la guerre de Gaza au cours de laquelle notre armée a versé du plomb en fusion sur des hommes, des femmes et des enfants, beaucoup d’Israéliens évitent de parler hébreu dans les rues de villes étrangères et les Forces de Défense d’Israël ont ordonné que les visages de quelques uns de ses officiers – ceux dont le grade est équivalent au vôtre – soit voilés sur les photos publiées dans les médias.

POURQUOI CELA EST-IL arrivé ? Quand cela est-il arrivé ?

Mon objectif n’est pas d’entamer avec vous une discussion sur les éléments fondamentaux du sionisme, tant positifs que négatifs. Nous ne serions pas nécessairement d’accord. Je n’entrerai pas non plus dans la question de savoir si tout a vraiment commencé en 1967, avec la victoire enivrante et corruptrice ou si les graines du désastre avaient été semées plus tôt. Il y a une chose sur laquelle je suis entièrement d’accord avec vous : sur le fait que le pas fatal a été franchi alors, au lendemain de cette guerre, lorsque nous avions le choix entre l’or resplendissant de la paix et le vil métal de l’annexion et que nous avons tendu les mains vers ce dernier.

Ma conscience personnelle est pure. Je suis fier d’avoir été du petit nombre dans le pays et le seul à la Knesset à avoir proposé au cours même de la guerre de restituer les territoires occupés au peuple palestinien pour leur permettre d’établir leur État. Cette occasion unique a été manquée, comme vous l’indiquez dans votre lettre, à cause de l’avidité des fondateurs du mouvement de colonisation, les champions d’un Grand Israël.

À partir de ce moment, les choses se sont déroulées, comme dans une tragédie grecque, jusqu’au stade où nous nous trouvons maintenant, avec une bande composée de colons, de racistes, de nationalistes, de zélotes messianiques et de fascistes ordinaires aux commandes de l’État, faisant de la Knesset un cirque, sapant la Cour Suprême, pervertissant l’armée, imposant des lois religieuses obscurantistes, confiant les finances publiques à des hommes d’affaires incontrôlables, polluant le système d’éducation par un endoctrinement nationaliste primaire, persécutant les pauvres demandeurs d’asile, opprimant la minorité nationale et préparant des attaques militaires qui vont répandre la mort et la destruction dans des populations civiles.

Voilà l’État que vous détestez. Je n’ai aucun différend avec vous là-dessus.

Voilà l’État dont vous désespérez. Là-dessus je suis en désaccord avec vous.

VOUS PORTEZ le nom du prophète qui est le plus cher à mon cœur. Yirmiyahu, le prophète de la colère qui cria “Quel malheur pour moi, ma mère, que tu m’aies mis au monde ! Pour tout le pays, je ne suis qu’un homme contesté… tout le monde me maudit !” (Jér. 15, 10)

Mais Jérémie n’était pas seulement un accusateur, il était aussi quelqu’un qui soigne : « Tu auras à déraciner et à renverser, à détruire et à démolir, mais aussi à reconstruire et à replanter. » (Jér. 1, 10)

Vous, Dov, vous avez trop investi dans cet État pour lui tourner le dos dans un mouvement de colère et de désespoir. Le slogan le plus ressassé et le plus éculé en Israël exprime aussi une vérité : « Nous n’avons pas d’autre État ! »

D’autres États dans le monde ont sombré dans les profondeurs de la perversion et commis des crimes indicibles, bien au-delà de nos pires péchés, et sont quand même revenus dans la communauté des nations et ont sauvé leur âme.

Nous et tous les membres de notre génération qui avons participé à la création de cet État portons pour cela une lourde responsabilité. Une responsabilité envers notre progéniture, envers ceux qui sont opprimés par cet État, envers le monde entier. Cette responsabilité, nous ne pouvons pas nous en dégager.

Même à votre âge respectable, et précisément à cause de cet âge et à cause de ce que vous représentez, vous devez être une boussole pour les jeunes et leur dire : Cet État vous appartient et vous pouvez le changer, ne laissez pas les naufrageurs nationalistes vous en déposséder !

C’est vrai, il y a 61 ans nous pensions à un autre État. Maintenant, après que notre État est tombé là où il est aujourd’hui, nous devons nous souvenir de cet autre État et rappeler à chacun, tous les jours, ce à quoi cet État aurait du ressembler, ce à quoi il peut ressembler et ne pas laisser notre vision s’évanouir comme un rêve. Prêtons nos épaules à chaque effort pour réparer et soigner !

Vous avez proclamé le message de Jérémie, le prophète de la colère. Je vous supplie de proclamer aussi Jérémie, le prophète de l’espoir !

Article écrit le 1er aout 2009, publié sur le site de Gush Shalom, en hébreu et en anglais – Traduit de l’anglais « A Jeremiad »pour l’AFPS : FL

SIX REMARQUES SUR LE CONGRÈS DU FATAH

Par Zuheir Andraos, Arabs48
lundi 10 août 2009, par : Rédaction Enfants de (la) Palestine,

- 1) Plus de deux mille ans après la naissance du Christ à Bethléem, la ville abrite aujourd'hui l'accouchement par césarienne du nouveau Fatah et sa transformation de mouvement de libération de la Palestine en parti du pouvoir.

A notre avis, l'opération va produire une créature anormale. Il suffit de se rappeler le discours inaugural de Mahmoud Abbas dans lequel la lutte armée a été remplacée par la résistance populaire telle qu'énoncée par "la légalité internationale". En conséquence, et en toute logique, on peut se poser les questions suivantes : pouvons-nous continuer à considérer le Fatah comme le mouvement de libération de la Palestine ? depuis quand un mouvement de libération nationale annule-t-il la lutte armée pour chasser l'envahisseur ? et pour revenir à la légalité internationale, si une telle chose existe encore, rappelons-nous qu'elle énonce textuellement le droit des peuples qui sont soumis à une occupation illégale à lutter contre l'occupant jusqu'à la fin de l'occupation.. Le problème c'est que, 54 ans après le premier coup de feu de la révolution palestinienne, nous ne sommes arrivés à rien et même pire, au lieu de chasser l'occupant nous sommes devenus ses amis. Et pendant ce temps, tout au long des années et des décennies, l'occupant a poursuivi ses crimes, son implantation sur la terre de Palestine par tous les moyens, à preuve le pillage des terres par les colons en Cisjordanie et dans Jérusalem occupée, pillage encouragé par tous les gouvernements israéliens sans exception. Nous pouvons donc confirmer que nous sommes en présence de la première révolution dans le monde qui commence par la lutte armée et termine par la résistance populaire sans avoir réalisé quoi que ce soit de matériel ou d'immatériel sur le terrain.

- 2) Le peuple palestinien peut désormais entrer dans le Guinness Book. Il a réussi, sous une direction politique "rationnelle, réfléchie et pragmatique", à devenir le premier, et peut-être le dernier, peuple dépourvu d'État mais pourvu de deux gouvernements, l'un à Gaza et l'autre à Ramallah. Le sixième congrès du Fatah qui s'est tenu au bout de ...vingt ans après le cinquième, est venu diviser ce qui était déjà divisé, partager ce qui était déjà partagé et consacrer le fait accompli. On peut dire sans exagération que le congrès a morcelé le peuple palestinien entre Gaza, la Cisjordanie, les camps de réfugiés, les prisonniers, les martyrs, les blessés et réduit à la portion congrue les Palestiniens qui sont toujours sur leur terre, les Arabes de l'intérieur comme on les appelle, ou les Palestiniens de 48.

En outre, le congrès a annoncé au monde entier que le Fatah est désormais le parti du pouvoir, ni plus ni moins, qui se conforme à l'agenda préétabli en coordination avec les Israéliens et les Américains. Pour ce qui est de la démocratie dont Monsieur Abbas s'est montré si fier dans son discours de 6.290 mots qui a duré deux heures et demi, elle s'est illustrée dans les discussions très chaudes sur les problèmes qui se sont accumulés pendant vingt ans, qui avaient parfois un caractère personnel et qui concernaient entre autres des transactions ayant pour objet un siège au comité central ou un autre au conseil de la révolution, à un tel point que les agents de la garde rapprochée du président Abbas, dont le mandat s'est terminé en janvier dernier, se sont permis de tabasser les congressistes qui ont osé s'exprimer, parmi lesquels Toufic el Tirawi, ex-chef des renseignements militaires de l'autorité abassienne (voir l'émission Hissad al Youm de la chaîne Al Jazeera du 05/08/09).

- 3) Il n'est pas question de mettre en doute qui que ce soit parmi les cadres du Fatah qui sont entrés sur les domaines de l'autorité incomplète de Ramallah avec des autorisations israéliennes, après étude et analyse minutieuses des services de sécurité (Shabak), d'autant que nombreux d'entre eux ont sacrifié à la révolution palestinienne, quand elle existait, le meilleur de leur vie, car ce mouvement avait rassemblé et continue de rassembler dans ses rangs des milliers de militants et de patriotes prêts à tout pour la cause de leur peuple.

Mais on ne peut pas non plus passer sous silence les déclarations gouvernementales israéliennes selon lesquelles les autorités d'occupation, tant au niveau sécuritaire que politique, ont fait tout leur possible pour assurer le succès du sixième congrès du Fatah dans Bethléhem occupée.

On se rappelle par ailleurs, en toute objectivité et transparence, que le secrétaire général du FPLP, Abou Ali Moustafa, était également rentré dans son pays et sur sa terre avec une autorisation israélienne, sauf que l'occupant lui avait permis de rentrer dans sa patrie pour l'assassiner sur les ordres du ministre travailliste de la Guerre de l'époque (août 2002), Beniamin ben Elizer, à la suite du bombardement aérien de son bureau à Ramallah. Ce qui montre bien la différence de traitement entre les personnes acceptées par l'État hébreu, tels les "nouveaux Palestiniens", et les véritables militants qui sont restés convaincus jusqu'à leur dernier souffle que la lutte armée est la seule voie pour la libération de la terre et des hommes et l'établissement d'un État palestinien laïc et démocratique.

- 4) Monsieur Abbas a mentionné dans son discours "la période tunisienne a été très importante et nous a permis de profiter dans ce pays cher à notre coeur de l'expérience de nos frères en matière de réalisme, dans le cadre de l'école politique de Habib Bourguiba et de son successeur Zein el Abidine Ben Ali". Certes, nous avons beaucoup appris des deux leaders tunisiens, nous avons appris par exemple du président Ben Ali comment on transforme un État en une basse-cour privée. C'est ainsi que la constitution a été modifiée pour permettre au président tunisien d'obtenir un mandat supplémentaire. De manière générale, les élections dans le monde arabe constituent une manipulation à visage découvert sous la forme d'un virus qui "tue" des dizaines de millions d'Arabes au nom de la "démodictature" importée de l'occident. En ce qui concerne le réalisme de Bourguiba, on se demande ce qu'il a apporté au peuple palestinien. Le réalisme politique consiste-t-il à négocier avec l'occupant pour obtenir un État et réaliser le rêve d'autodétermination du peuple palestinien ?

L'école réaliste exige-t-elle qu'on annule toutes les formes de résistance armée et qu'on qualifie d'absurdes les missiles de la résistance ?

Ou consiste-t-elle à faire confiance à la politique impérialiste des États-Unis et à compter, comme le fait Abbas, sur Obama qui a promis la solution des deux États ?

Abbas, qui se prend pour un fin politicien, ferait-il semblant d'oublier que le précédent président américain avait promis la même chose ?

Comment peut-il ignorer que cette même administration s'est contentée d'exprimer ses regrets lorsque deux familles palestiniennes de Jérusalem ont été expulsées de leur maison dans le quartier de Sheih Jarrah, pour laisser la place à des colons dans le cadre d'une politique de nettoyage ethnique délibérée de Al Quds ?

- 5) Monsieur Abbas s'est remémoré la Nakba et rappelé la Naksa, mais il a délibérément "oublié" de reconnaître que les accords d'Oslo, qu'il présidait avec certains de ses proches, ont été source de misère pour le peuple palestinien ; il a aussi omis de mentionner que ces accords ont réussi à cumuler les méfaits de la Nakba et de la Naksa ; comme il s'est abstenu de raconter que les négociations secrètes avec les Israéliens, préalables à Oslo, se sont déroulées derrière le dos des leaders arabes, qu'il a pourtant couvert de louanges dans son discours "historique". Il aurait mieux fait de déclarer officiellement la mort et l'enterrement des accords d'Oslo au bout de 16 ans, au lieu de rappeler le plan de paix américain appelé feuille de route en se vantant des avancées palestiniennes dans son application. Rappelons que le premier paragraphe de cette feuille de route énonce textuellement que l'autorité d'Oslo est dans l'obligation de supprimer le "terrorisme palestinien", ce qui nous donne peut-être la clé du mystère des rafles et emprisonnements et tortures jusqu'à la mort par des méthodes dignes des services de renseignements israéliens, des combattants palestiniens dans les geôles de l'Autorité. Et c'est peut-être en application de cette feuille de route que Abbas a refusé de relâcher les membres de Hamas emprisonnés par l'Autorité, pour permettre aux cadres du Fatah de Gaza de se rendre au congrès.

- 6) Le président de l'Autorité a volontairement omis de mentionner les Palestiniens de 48 en tant que partie intégrante du peuple palestinien. Cette posture dangereuse montre bien que Abbas considère que nos positions "extrémistes" en tant que Palestiniens de 48, nuisent à la solution du problème palestinien. De plus, elle est dans la droite ligne israélienne officielle qui nous considère comme un ramassis de tribus et de confessions. En fait, Abbas a déclaré au monde entier et à la face des députés arabes de la Knesset qui ont participé à l'inauguration du congrès (Mohammad Barakeh, Talab el Saneh et Ahmad al Tibi), la rupture officielle avec les Palestiniens de l'intérieur. Il est donc temps d'affirmer, pour ceux qui ont oublié ou fait semblant d'oublier, que le mouvement national palestinien, et plus précisément l'organisation de libération de la Palestine, a adopté depuis les accords d'Oslo, une stratégie fautive qui impose aux Palestiniens de 48 d'accepter tous les accords négociés avec l'État hébreu, notamment les accords d'Oslo qui les ont exclus comme ils ont exclu l'ensemble des réfugiés. La preuve la plus évidente en est que les négociateurs d'Oslo ont accepté la condition israélienne de ne pas libérer les prisonniers politiques de l'intérieur sur le fondement qu'ils sont des citoyens traîtres à leur nation accusés de collusion avec l'ennemi, qui est depuis devenu un ami, en temps de guerre. De plus, les Palestiniens de 48 continuent, jusqu'ici, à faire l'objet d'une marginalisation totale par rapport à la solution du problème palestinien, en raison, entre autres, de l'incapacité regrettable de certains dirigeants arabes de l'intérieur qui se sont abstenus, pour des raisons objectives ou personnelles, de participer à la construction de la décision nationale palestinienne, en dépit du fait qu'ils sont aussi des victimes de la Nakba..

Il est temps pour les partis et dirigeants de l'intérieur de revoir la notion de participation à l'élaboration de la solution du problème palestinien. En réponse à cette marginalisation, nous disons à Monsieur Abbas, au Fatah, aux Arabes et aux autres, que nous n'avons besoin ni de certificat d'affiliation ni d'acceptation de personne pour continuer à faire partie de la nation arabe et du peuple palestinien. Et nous affirmons à tous ceux qui veulent l'entendre que nous sommes nés en Palestine et que nous demeurons attachés à notre appartenance à notre peuple et que nous refusons de devenir les Arabes d'Israël et que ni le Fatah, ni l'Autorité incomplète, ni l'OLP ne peuvent compter, comme ils l'ont fait jusqu'à présent sur notre accord implicite dans aucune négociation faite en notre nom.

Conclusion : Puisque Monsieur Abbas a mentionné dans son discours le président Gamal Abdel Nasser, rappelons-lui la célèbre déclaration du regretté président egyptien : "Les peuples qui transigent avec l'impérialisme au sujet de leur liberté ratifient en même temps leur contrat d'esclavage".

Source : arabe 48

lundi 10 août 2009

Le comité exécutif Orthodoxe : le patriarche "Theofilos" et la Patriarcat orthodoxe participent au judaïsme d'Al Qods

Jérusalem - 09-08-2009
Par Palestine Info
Le comité exécutif du congrès orthodoxe en Palestine a accusé le patriarche "Theofilos" et le Patriarcat orthodoxe de Jérusalem de participer directement à la judaïsation continuelle d'Al Qods, notamment la terre limitrophe de Dir Mar Ilyas.

Le comité exécutif a demandé au Patriarche "Theofilos" d'annuler ses transactions avec les entreprises de l'occupation et de remplir ses promesses écrites à propos des accords avec les arabes Orthodoxes.

Le Comité exécutif a condamné dans un communiqué de presse publié, le samedi 8/8, les tentatives et extensions coloniales continuelles dans la ville sainte d'Al Qods, par des transactions commerciales illégales, tout en avertissant sur des activités inacceptables et en appelant à l'arrêt des ventes du patrimoine, des terres et des biens des Orthodoxes arabes aux colons extrémistes sionistes.

Notons que le précédent Patriarche de Jérusalem "Arinios", avait signé le 14 décembre 2007 un contrat avec l'entreprise sioniste, " Bara", puis avec l'entreprise sioniste "New Telbiout", en leur fournissant une liberté totale pour la gestion des biens qui appartiennent au Patriarcat de Jérusalem.

Le comité exécutif Orthodoxe a mis en garde dans son communiqué contre ces transactions illégales de la part de certains patriarches, en appelant tous les fils orthodoxes, ainsi que leurs représentants et tous leurs organismes nationaux, à s'unir et coopérer ensemble pour protéger leurs biens patriotiques, les legs pieux, le patrimoine, les propriétés et les droits des Orthodoxes arabes face aux violations sionistes

Tawfiq Tirawi : "Jérusalem ne pourra être récupérée sans milliers de martyrs"

Palestine - 09-08-2009
Par Tawfiq Tirawi
Lors d'une allocution diffusée sur la télévision Al-Filistiniya le 23 juillet 2009, Tawfiq Tirawi, conseiller de la sécurité du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a déclaré : "Jérusalem ne pourra être récupérée sans milliers de martyrs. Quiconque pense qu'Israël nous accordera quelque chose se fait des illusions".

Tawfiq Tirawi: "Je dis ces choses pour que nous comprenions que les mots sont inefficaces. L'action est efficace. Aujourd'hui, vous avez choisi de parler du "Retour [des réfugiés] et Jérusalem."
Croyez-moi, mes frères : quiconque pense qu'Israël nous accordera quelque chose se fait des illusions. Pourquoi nous accorderaient-ils quoi que ce soit ?
Les Palestiniens sont divisés et les Arabes sont faibles. Des négociations qui ne sont pas basées sur une position de force n'apportent rien de la part de l'ennemi. En effet, pourquoi nous laisseraient-ils exercer nos droits si nous sommes faibles, divisés et dispersés ?

C'est pourquoi [nous avons besoin d']action. Nous ne sommes pas dans une position de force nous permettant d'entamer des négociations. Toutefois, comme l'a déclaré Shamir en 1993, si nous voulons négocier pour négocier, cela peut durer des dizaines d'années."


"Jérusalem a besoin de milliers de martyrs"

"Mais je peux vous dire que Jérusalem a besoin de milliers de martyrs. Si nous vivons jusqu'à ce jour et que vous devenez les dirigeants du futur, souvenez-vous de mes paroles: Jérusalem ne pourra nous être restituée sans milliers de martyrs.
Quiconque imagine que l'Amérique nous rendra Jérusalem se leurre. Elle ne nous rendra jamais Jérusalem. Et si elle ne nous la rend pas, comment pourrait-elle nous accorder le Droit de retour ?

Ce sont là les deux symboles que vous avez choisis… Ces deux symboles impliquent du sang, de l'action, des efforts, de la résistance et l'unité palestinienne."

Voir les extraits vidéo sous-titré en anglais:
http://www.memritv.org/clip/en/2189.htm
Source : http://memri.org/bin/french/
Traduction : MEMRI

Adam, le “Terroriste”

Palestine - 09-08-2009
Par Sami, le bédouin
Cette photo est celle de ma femme et de notre bébé, je l’ai prise hier soir, le 5 août 2009, juste à la tombée de la nuit. Aujourd’hui, 6 août, ma femme est allée voir son frère dans une prison « israélienne » et bien sûr, elle a emmené notre bébé Adam. Adam a moins de 2 mois, il a exactement 54 jours aujourd’hui, lorsqu’il est allé rendre visite, pour la première fois, à son oncle détenu.
























La prison « israélienne » est à quelques 40 km de chez nous, et dans un pays normal, le trajet prend entre 30 et 40 minutes. Dans un pays normal, tout est normal, mais dans un régime raciste comme en « Israël », tout est l’enfer pour les indigènes palestiniens « moins humains ».

Aujourd’hui, ma femme s’est levée de bonne heure, et elle s’est préparée pour aller chez son père et sa sœur, à Jenin, avant qu’ils aillent ensemble prendre le bus de la Croix Rouge Internationale qui les emmène dans la prison « israélienne ». Elle y est donc allée, avec notre bébé, et ils sont tous montés dans le bus, et il semblait que tout soit ok.

Les bus roulent une 20ne de minutes avant d'atteindre le mur israélien de ségrégation et d’apartheid et entrer dans les Territoires Palestiniens occupés en 1948, c’est-à-dire le régime « israélien » raciste.

Lorsqu’ils y sont arrivés, les bus ont été arrêtés et les soldats « israéliens », ou les agents secrets, sont montés dans les bus pour scruter chaque humain et tout ce qui trouve à l’intérieur, ils veulent faire du voyage des visiteurs un enfer, et ils y arrivent toujours.

Le soldat, enquêteur, agent de sécurité ou qui diable il pouvait être, continuait à tout fouiller jusqu’à ce qu’il arrive à ma femme. Il l’a regardé avec colère, demandant au sujet de notre bébé :

- Qui c’est ?
- C’est mon bébé, a répondu ma femme.
- Et qu’est-ce qu’il fait là ?
- C’est mon bébé, a redit ma femme, étonnée par la question.
- Tu violes les règles, il n’a pas l’autorisation d’entrer, a dit le soldat d’un ton décidé.
- Quoi ? C’est juste un bébé, a crié ma femme, abasourdie.
- Il n’a pas d’autorisation et tu violes la loi. La prochaine fois, tu seras punie.
- Quoi ? dit ma femme, n’en croyant toujours pas ses oreilles.
- Il n’est pas un parent au premier degré, et donc il n’a pas d’autorisation de visite, a répliqué le soldat en colère.

Et pour ceux qui ne connaissent pas le « droit » « israélien », leurs lois racistes, seule la famille au premier degré est autorisée à visiter un prisonnier, c’est-à-dire sa mère, son père, ses sœurs et ses frères… Et Adam, notre bébé de 54 jours, n’est pas autorisé simplement parce qu’il est juste un neveu, et pas un parent au premier degré… Que la « loi » du régime « israélien » raciste aille au diable !!!

La chance de ma femme, qui n’avait pas vu son frère en prison depuis sept mois, c’est d’avoir eu avec elle son vieux père, un homme de 70 ans. Il a suggéré de revenir chez lui et de confier le bébé à sa grand-mère jusqu’au retour de sa fille, puisque cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu son frère.

Oui, voilà comment ça s’est passé aujourd’hui, un pays raciste dingue appelé « Israël » a empêché notre bébé de 54 jours d’aller voir son oncle, parce que ses « lois » ont décidé qu’il était interdit qu’un neveu voit son oncle, même s’il a moins de deux mois.

Mon petit Adam a été heureux de passer un joyeuse journée avec sa grand-mère, jusqu’à ce que sa mère revienne, tard dans la soirée, furieuse et épuisée par un voyage qui a duré plus de 12 heures !!!

C’est cet « Israël » raciste qu’Adam doit connaître et combattre. Je lui apprendrai à se battre pour sa liberté, même s’il doit perdre sa vie pour une vie digne !!!

Que la « loi » israélienne aille au diable, que tous les régimes racistes aillent au diable !!

Sami, le Bédouin.
6 Août 2009
Source : Uruknet
Traduction : MR pour ISM

Netanyahu : Le retrait de Gaza, une erreur qui ne se reproduira pas

10/08/2009

Le retrait israélien unilatéral de la bande de Gaza réalisé il y a quatre ans a été une erreur qui ne se reproduira pas, a affirmé hier le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
« Le retrait de la bande de Gaza ne nous a apporté ni la paix ni la sécurité. Ce territoire est devenu une base contrôlée par le Hamas pro-iranien, et nous ne commettrons pas à nouveau une telle erreur », a déclaré M. Netanyahu au début de la séance hebdomadaire de son gouvernement. « Nous n'allons pas créer de nouveaux évacués », a-t-il ajouté en allusion aux colons juifs qui pourraient être éventuellement évacués de Cisjordanie occupée dans le cadre d'un arrangement permanent avec les Palestiniens. « Nous voulons un accord reconnaissant qu'Israël est l'État du peuple juif et prévoyant des arrangements assurant notre sécurité », a encore dit M. Netanyahu, selon des propos diffusés par la radio publique israélienne.

En septembre 2005, les troupes israéliennes se sont retirées de la bande de Gaza après 38 ans d'occupation, conformément au plan de désengagement unilatéral du Premier ministre de l'époque, Ariel Sharon. Quelque 8 000 colons juifs avaient alors été évacués de ce territoire.
l'orient le jour

Israël critique vivement le programme « belliqueux » du Fateh

10/08/2009

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, réélu à l’unanimité à main levée samedi à la tête du Fateh, a été parmi les premiers à voter hier. Abbas Momani/AFP
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, réélu à l’unanimité à main levée samedi à la tête du Fateh, a été parmi les premiers à voter hier. Abbas Momani/AFP
PROCHE-ORIENT Abbas a été reconduit à la tête de son parti, les résultats du scrutin seront publiés aujourd'hui.

Les délégués au congrès du Fateh ont commencé à voter hier pour élire la nouvelle direction du mouvement palestinien, après avoir réaffirmé la légitimité de la « résistance » contre Israël. Cette allusion à un recours à une lutte violente si le processus de paix devait être enterré, doublée d'un refus de reconnaître Israël comme État juif, a suscité des critiques de ministres israéliens.
Réunis à Bethléem en Cisjordanie, les quelque 2 000 délégués ont commencé à voter pour élire 18 candidats parmi 95 se présentant au Comité central et 80 autres parmi plus de 500 briguant une place au Conseil révolutionnaire, les deux principales instances du mouvement laïc en perte de vitesse. Quelque 400 membres du Fateh bloqués à Gaza par le mouvement islamiste rival Hamas, qui leur a interdit de quitter le territoire, votaient par téléphone, selon un responsable du Fateh. Les deux instances comptent respectivement 21 et 120 membres, et les non-élus doivent être cooptés ou désignés. Le scrutin, reporté à plusieurs reprises depuis le début, mardi, du congrès sans précédent en 20 ans, a démarré dans l'après-midi et devait se prolonger tard dans la nuit. La dernière élection pour une nouvelle direction avait eu lieu il y a 20 ans. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, réélu à l'unanimité à main levée samedi à la tête du parti, a été parmi les premiers à voter. Les résultats du scrutin devraient être rendus publics aujourd'hui, selon des responsables.
Samedi, le Fateh a confirmé ses orientations traditionnelles. Dans sa plate-forme politique, il rappelle « son attachement à l'option d'une paix juste, mais réitère le droit du peuple palestinien à la résistance contre l'occupation, conformément à la loi internationale ». Il indique aussi que « le Fateh reste fidèle aux martyrs et prisonniers, et exprime son attachement aux constantes du peuple palestinien, à savoir la libération de la terre et de Jérusalem, le démantèlement des colonies et le retour des réfugiés » palestiniens. « Nous refusons de reconnaître Israël en tant qu'État juif afin de protéger les droits des réfugiés ainsi que ceux des Palestiniens de l'autre côté de la ligne verte », entre Israël et la Cisjordanie, stipule ce texte en référence à près de 1,3 million de citoyens arabes d'Israël. Les Palestiniens craignent qu'une reconnaissance du caractère juif de l'État, réclamée par Israël, revienne à renoncer au droit au retour des réfugiés de 1948.
« Il n'y a aucun changement sur le fond. Nous avons adopté la voie des négociations pour atteindre nos objectifs et répété que nous aurons recours à toutes les formes de lutte pour en finir avec l'occupation », a expliqué à l'AFP Hossam Khader, un délégué du Fateh. Mais la classe politique israélienne s'est élevée contre ce programme. « Le congrès du Fateh est décevant et non prometteur, car au Proche-Orient, il n'y a pas d'autre moyen que de s'asseoir pour conclure un accord sur un programme de paix », a dit le ministre de la Défense, Ehud Barak. Pour le ministre de l'Environnement, Gilad Erdan, le programme montre « une absence de volonté de parvenir à un accord avec Israël ».
Le Fateh monopolisait le pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne avant d'être battu aux législatives en 2006 par le Hamas, qui l'a ensuite délogé par la force de Gaza en 2007. Son pouvoir se limite, depuis, à la Cisjordanie occupée par l'armée israélienne. Son déclin s'est accéléré depuis la mort en 2004 de son fondateur et chef historique Yasser Arafat. L'administration américaine tente d'amener M. Abbas et Israël à la table des négociations, qui sont au point mort.
l'orient le jour

La France a fait dérailler le métro des colons. Maintenant c’est au tour de l’Italie.

publié le dimanche 9 août 2009

entretien avec Omar Barghouthi
Après le cas Véolia, interview d’Omar Barghouti, promoteur de la campagne BDS – boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël.

A Rome pour une journée de travail sur le boycott promue par International Solidarity Movement ISM (Italie), Forum Palestine et Regard sur le Moyen-Orient, Omar Barghouti ne se décourage pas face aux « difficultés de l’Italie dans l’adhésion au mouvement BDS » contre Israël. L’intellectuel palestinien promoteur du BDS raconte l’expérience de la France où, en novembre 2008, Français et Palestiniens ont lancé le boycott de Véolia, la société qui est en train de contruire le métro qui reliera les colonies de Jérusalem occupée au centre de la Ville. « Dès lors », rappelle Barghouti, « Véolia a perdu 8 milliards de dollars de contrats en France, en Suède, en Grande-Bretagne, en Iran et en Australie et a annoncé qu’il se retirera du projet. »

M.C Les massacres de Gaza ont fait gagner des consensus à la campagne BDS. Comment avance votre travail ?

O.B. Pendant la guerre d’agression contre Gaza, la réponse a été émotive. Après les massacres, la campagne de s’est pas arrêtée mais elle a fourni un instrument de protestation institutionnalisée contre les politiques israéliennes. Et dans les derniers mois nous avons enregistré des adhésions dans des pays jusqu’alors « froids » comme la France, l’Italie, la Hollande, la Belgique. En France, la Fédération syndicale unitaire FSU (enseignants, 168.000 membres) a adhéré. En Italie, La FIOM (Fédération italienne des Ouvriers métallurgistes) même si son boycott est plus symbolique qu’opérationnel.

M.C. L’Autorité » palestinienne (ANP) collabore avec Israël et Etats-Unis, Hamas cherche une reconnaissance internationale, et la société palestinienne propose le boycott. Trois stratégies différentes, n’est-ce pas trop ?

O.B. A partir du processus d’Oslo, l’ANP n’a obtenu aucun résultats pour les droits des Palestiniens. Les dites « négociations » entre dominants et esclaves se sont avérées totalement inutiles, car la seule façon d’abattre les privilèges des colonisateurs est la résistance. Et maintenant, la direction du Hamas est en train d’essayer de suivre la voie déjà empruntée par l’ANP dans les années 90. La majeure partie de la société civile est pour la résistance et BDS est une forme de résistance non-violente.

M.C. Pourquoi voulez-vous isoler Israël ?

O.B. Notre appel est pour mettre fin à l’oppression israélienne des Palestiniens, en particulier l’occupation/colonisation, le système de discrimination raciale vis-à-vis des citoyens non-juifs de l’Etat d’Israël et la négation du droit au retour des réfugiés palestiniens. Ces trois conditions persistent et l’occupation/colonisation est de plus en plus dure. Les motifs pour le boycott sont toujours plus valides. En quatre ans, nous avons obtenu beaucoup plus que l’ANP en quinze ans d’inutiles négociations : nous avons réussi à isoler Israël dans des secteurs toujours plus larges de la société internationale. Nous n’avons pas encore vu les résultats sur le terrain mais nos camarades sud-africains ont eu besoin de 25 ans pour récolter les premiers fruits.

M.C. Qu’est-ce que vous proposez de boycotter ?

O.B. Une décision morale et individuelle avant tout : ne pas acheter de produits israéliens parce qu’ils sont souillés du sang palestinien. Puis doivent être boycottées les institutions qui soutiennent l’occupation. Et dans quelques cas, les individus : je ne comprends pas pourquoi en Italie a été invitée la chanteuse Noa, qui a soutenu et justifié les massacres de Gaza. Si un chanteur ghanéen, américain ou brésilien avait soutenu que les femmes ne sont pas des êtres humains, je suis sûr que les Italiens l’auraient boycotté. Pourquoi cette hypocrisie quand il s’agit d’Israël ? Pourquoi accepter qu’un Etat se comporte au-dessus des lois des nations ?

Entretien Michelangelo réalisé par Cocco

publié par el Manifesto le 12 juillet 2009

(traduction de l’italien par Bernard Ravenel)

Les colons attaquent la famille Al-Ghawi à Cheikh Jarrah, 4 blessés

Ecrit par Maisa Abou Ghazala
Sunday, 09 August 2009
JERUSALEM / Maisa Abou Ghazala – Trente colons israéliens ont attaqué la tente de solidarité du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est.
Les colons ont agressé des Palestiniens qui protestaient contre la récente évacuation de cinq maisons dans le quartier, dans ce qui ressemble être le début de la destruction complète de Cheikh Jarrah et d'autres grandes zones de Jérusalem-Est.

Des colons juifs habitent maintenant dans les maisons palestiniennes.

La tente en question était celle de la famille Al-Ghawi, expulsée de son propre domicile dimanche dernier.

Les forces israéliennes ont contraint les Palestiniens à quitter de force leurs foyers sur la base des documents de propriété fournis par les colons qui se sont révélés faux,

Dans un deuxième temps, les Israéliens n’ont pas reconnu la falsification et n’ont pas pris en compte les documents remontant à l’empire Ottoman dans les mains des Palestiniens.

Hillary Clinton, la présidence suédois de l’Union Européenne et le leadership palestinien ont condamné l’expulsion de la famille Al-Ghawi et de la famille Hanoun, evacuée le même jour.

Dans les affrontements de samedi soir, ont été lancées des chaises, des bouteilles et des pierres. Quatre Palestiniens ont été blessés.

Les colons ont aussi pris les armes contre les manifestants et tiré du gaz. La police est arrivée sur les lieux et arrêté le palestinien Khaled Al-Ghawi.

Nasser Al-Ghawi a dit, «La tente de protestation s'est transformée en un champ de bataille. Ce n'est pas la première attaque depuis la saisie de notre maison dimanche dernier. Nous sommes exposés quotidiennement à des provocations par les colons.» (PNN)

LE SIONISME A GOMMÉ LES DIFFÉRENCES IDÉOLOGIQUES

Par Pierre Stambul
dimanche 9 août 2009, par : Rédaction Enfants de (la) Palestine,

i le sionisme naît à la fin du XIXe siècle, une importante scission se produit en son sein il y a environ 80 ans. Un nouveau courant qui s'intitule lui-même « révisionniste » apparaît. Son principal animateur se nomme Vladimir (Ze'ev) Jabotinsky.

Le « transfert » : un vieux projet

Jusque-là, les immigrants sionistes installés en Palestine sous mandat britannique, avaient tendance (comme la plupart des colonialistes) à ignorer l'existence même du peuple autochtone. Israël Zangwill avait proféré le mensonge fondateur en affirmant qu'il fallait trouver « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » et que cette terre serait la Palestine. David Ben Gourion avait bien remarqué que le pays était peuplé. Il pensait (à juste titre) que ces « fellahs » étaient les descendants des Hébreux. Mais, feignant d'ignorer la réalité coloniale, il imaginait que ces « fellahs » s'intègreraient au projet sioniste. La révolte palestinienne de 1929 (à Hébron) et surtout l'insurrection de 1936 allaient démentir ces rêves.

Dès lors pour Jabotinsky (admirateur du fascisme italien) et ses disciples, la voie à suivre est claire. Puisqu'il est entendu que les Palestiniens sont valeureux et prêts à résister avec détermination, il faut les expulser au-delà du Jourdain. Dès la fin des années 30, le terrorisme de la droite sioniste se développe, s'en prenant aussi bien aux Palestiniens qu'aux Britanniques. Pour la majorité sioniste qui se revendique du socialisme, cette droite est infréquentable et ces « socialistes » n'hésitent pas à la qualifier de raciste et de terroriste, voire de fasciste.

Pourtant, dès le départ, « gauche » et droite sionistes sont d'accord sur l'essentiel : privilégier à tout prix la construction du futur Etat Juif au détriment de toute autre considération.

Deux démarches complémentaires

En 1933, les Juifs Américains décrètent un blocus économique contre l'Allemagne où Hitler vient de devenir chancelier. Ben Gourion s'y oppose et le commerce entre le Yichouv (communauté juive en Palestine avant la création de l'Etat d'Israël) et l'Allemagne nazie se poursuivra.

À droite, le groupe Stern s'est lancé dans une guerre totale contre les Palestiniens et les Britanniques. Sa faction la plus dure dirigée par le futur Premier Ministre Itzhak Shamir assassinera des soldats britanniques et prendra des contacts avec le régime hitlérien alors que le génocide nazi bat son plein. Ce même groupe assassinera le comte Bernadotte pendant la guerre de 1948 pour bien signifier que le nouvel Etat d'Israël ne respectera pas le droit international.

Avec l'ouverture des archives, les historiens israéliens ont confirmé ce que les Palestiniens disaient depuis longtemps. La « Naqba » (catastrophe), c'est-à-dire l'expulsion de 800 000 Palestiniens de leur propre pays était préméditée et elle avait largement commencé au moment de l'entrée en guerre des pays arabes voisins en mai 1948. Les groupes terroristes d'extrême droite et l'armée régulière dirigée par la « gauche sioniste » (la Haganah, le Palmach) ont joué des rôles complémentaires. Ainsi à Deir Yassine, c'est un groupe terroriste, l'Irgoun, dirigé par le futur Premier Ministre Menahem Begin qui massacre la population, mais c'est l'armée régulière qui occupe le village. Deir Yassine n'existe plus, c'est devenu le quartier de Giv'at Shaul et le tunnel routier qui passe en dessous porte le nom de l'assassin : Menahem Begin.

Les responsabilités de la « gauche sioniste »

« Gauche » et sionisme, c'est un oxymore. Si la droite sioniste a toujours revendiqué la nécessité du nettoyage ethnique (certains regrettent aujourd'hui qu'on n'ait pas terminé la guerre de 48 et qu'il reste des « Arabes » en Israël), la gauche l'a pratiqué sans vergogne.

En fait la « gauche » sioniste est compromise dans tous les crimes commis contre le peuple palestinien. En 1948, la « gauche » est au pouvoir pendant la guerre. Non seulement, elle planifie l'expulsion, mais elle confisque les terres des expulsés et s'oppose à tout retour des réfugiés palestiniens dès la signature de l'armistice. L'idée du pays « de gauche » aidé par l'URSS avec des kibboutz et des pionniers défrichant leur pays pour en faire un jardin,est fausse au départ : ce pays est né d'un nettoyage ethnique. En 1956, la « gauche » est au pouvoir quand l'armée israélienne, alliée aux impérialistes français et anglais, conquiert le Sinaï. La même année, 49 Palestiniens d'Israël sont massacrés à Kafr Kassem. Ils protestaient contre le vol de leurs terres. En 1967, on sait maintenant que la crise autour du détroit de Tiran était un prétexte. La conquête était préméditée et dès l'été 1967, la colonisation est décidée.

C'est un ministre « de gauche » Yigal Allon, chef d'un petit parti « socialiste » (l'Ahdut Ha'avoda) qui organise la colonisation de la Cisjordanie. Comme il n'a pas le personnel politique pour coloniser, il va rencontrer le seul courant religieux sioniste, celui des disciples du rabbin Kook. Il leur offre des millions de shekels pour qu'ils partent coloniser. Aujourd'hui, ce courant national-religieux, soutenu au départ à bout de bras par la « gauche », représente 1/4 de la société israélienne et une bonne partie des 500 000 Israéliens installés dans les territoires conquis en 1967 s'en réclame. Bien sûr, l'arrivée au pouvoir des disciples de Jabotinsky en 1977, avec la déroute électorale de la « gauche » face à Begin, ressemble à un tournant historique. C'en est un surtout parce que, pour la première fois, l'électorat séfarade sanctionne les fondateurs de l'Etat d'Israël tout en faisant le jeu de la droite raciste.

En 1987, Yitzhak Rabin est ministre de la Défense quand la première Intifada est réprimée avec une très grande brutalité. En 1993, cette même « gauche » semble avoir accepté l'idée de « la paix contre les territoires » en signant les accords d'Oslo. Pendant les quelques mois qui séparent ces accords de l'assassinat de Rabin, 60 000 nouveaux colons sont installés. Pourquoi ? L'épisode de Shimon Pérès au pouvoir avant sa défaite face à Benjamin Nétanyahou est une succession de crimes destinés à relancer la guerre : massacre du village de Cana au Liban, assassinat à Gaza de YahiaAyache, « artificier » du Hamas (d'après Pérès) en pleine période de trêve (1996).

À partir de cette période, la « gauche » sioniste participe à de nombreux gouvernements de coalition. C'est un ministre « de gauche » (Fouad Ben-Eliezer) qui est à l'origine du mur qui balafre la Cisjordanie (appelé clôture de séparation en novlangue). C'est un ministre travailliste réputé sensible aux questions sociales (Amir Péretz) qui, en tant que ministre de la défense, organise l'attaque contre le Liban en 2006. Et c'est un autre ministre « de gauche », Ehud Barak qui commande le carnage qui vient d'être commis à Gaza. Il y a tellement peu de différence entre « gauche » et droite sionistes que, quand Ariel Sharon (un pur disciple de Jabotinsky), plus clairvoyant que ses anciens compagnons, décide d'évacuer Gaza (pour mieux pouvoir détruire cette région), une partie des travaillistes (avec Shimon Pérès à leur tête) le rejoint dans le parti Kadima.

À l'origine du consensus

Juste avant d'attaquer à Gaza, Tzipi Livni a consulté l'ensemble des partis sionistes et tous ont donné leur accord, y compris le Meretz dont plusieurs dirigeants étaient à l'origine des accords d'Oslo. L'ancien mouvement de masse Shalom Arshav (La Paix Maintenant) est devenu un appendice du parti travailliste. Les grands écrivains considérés comme des consciences morales (Amos Oz, Avraham Yehoshua, David Grossman) ont approuvé l'agression contre Gaza après avoir approuvé celle contre le Liban deux ans auparavant.

Michel Warschawski a toujours considéré que la minorité anticolonialiste en Israël est une petite roue. En 1982, cette petite roue en avait entraîné une grande et des centaines de milliers de manifestants avaient dénoncé l'invasion du Liban et les tueries de Sabra et Chatila. C'est fini. Les manifestations contre le carnage à Gaza (en dehors de celles organisées par les Palestiniens d'Israël), n'ont rassemblé que 10 000 participants. La frontière ne passe pas en Israël entre « gauche » et droite. Elle sépare les sionistes des non sionistes ou des antisionistes.

Le « complexe de Massada » a réussi à convaincre la majorité de la population israélienne qu'elle est en danger, qu'on veut la détruire, que les victimes, ce sont les Juifs, qu'il n'y a pas de partenaires pour la paix et que les Palestiniens poursuivent le projet d'anéantissement nazi. Le Hezbollah et le Hamas ont été habilement érigés en épouvantails infréquentables. Puisque l'ennemi est monstrueux, le permis de tuer existe et il n'y a pas de question à se poser. Le discours des fanatiques religieux (« les Palestiniens sont des Amalécites, la Torah dit qu'il est permis de les tuer ainsi que leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux ») est devenu le discours dominant. D'ailleurs le rabbinat militaire a officialisé ce discours raciste et intégriste en excusant à l'avance tous les crimes de guerre commis à Gaza. Les barrières morales se sont écroulées.

Les électeurs ont préféré l'original à la copie.

Les dernières élections en Israël, c'est un peu comme si l'OAS avait gagné la guerre d'Algérie et que des élections françaises se jouent entre Philippe de Villiers, Bruno Mégret et Jean-Marie Le Pen.

Sans doute l'ancien gouvernement Livni-Barak avait des arrière-pensées électorales en attaquant Gaza et s'imaginait y gagner des voix. Il est symptomatique de voir que les trois partis qui sont arrivés en tête aux dernières élections israéliennes sont trois « héritiers » différents de Jabotinsky.

Celui qui apparaît le plus infréquentable a été videur dans une boîte de nuit en Moldavie. Avigdor Lieberman, comme un certain politicien célèbre en France, a la réputation de dire tout haut ce qu'une bonne partie de l'opinion publique israélienne pense tout bas. Il a proposé, il y a quelques années, qu'on lance une bombe atomique sur Téhéran ou qu'on bombarde le barrage d'Assouan. Ce « diplomate » un peu particulier est aujourd'hui ministre des Affaires étrangères. Son succès électoral est venu d'une idée plus que centenaire, celle qui a été à la base de tous les nationalismes meurtriers : un état ethniquement pur. Il propose sans rire que le million et demi de Palestiniens d'Israël prêtent allégeance au dieu sionisme, et qu'en cas de refus, ils soient déchus de leur nationalité et expulsés. Il ne se dit pas opposé à un Etat Palestinien du moment qu'Israël garde l'essentiel, à savoir les colonies. Si son succès était prévisible dans l'électorat russophone, son discours sécuritaire (qui a failli aboutir à l'interdiction des partis politiques des Palestiniens d'Israël) lui a permis d'énormes progrès, dans les colonies ou à Sdérot. Il est cocasse d'entendre les médias français se demander si son arrivée au ministère ne va pas « mettre un coup d'arrêt au processus de paix ». Quel arrêt ? Quel processus ? Quelle paix ?

L'héritier « légitime » de Jabotinsky, Bégin et Shamir, c'est Nétanyahou. Il n'a pas varié, il est toujours hostile à tout Etat palestinien. Face à la question démographique (5 millions et demi de Juifs et 5 millions de Palestiniens entre Méditerranée et Jourdain), sa stratégie, c'est le Grand Israël et l'Apartheid : confiner les Palestiniens dans des zones de plus en plus restreintes, les pousser à partir, installer 300 000 nouveaux colons. N'ayant rien à proposer aux Palestiniens, même pas quelque chose qui pourrait remettre en selle l'Autorité palestinienne, il fait diversion en proposant une attaque « préventive » contre l'Iran. Cette idée est populaire en Israël où l'on a toujours préféré noyer la question palestinienne dans un univers plus grand : celui du choc des civilisations et de la guerre du bien contre le mal. Héritière de Jabotinsky et de Sharon, qualifiée de « centriste » par les médias, Tzipi Livni (ancienne du Mossad où elle a organisé des attentats contre des Palestiniens) est à l'origine du carnage à Gaza.

Sans doute, Barack Obama aurait préféré qu'elle gagne les élections pour maintenir la fiction de négociations possibles. Les Etats-Unis essaieront sûrement de la ramener au pouvoir d'ici quelque temps. Le parti Kadima ne se dit pas hostile à un Etat Palestinien à condition qu'Israël garde Jérusalem Est, Maale Adoumim, Ariel, les blocs de colonies, la vallée du Jourdain ... Bref, il y aurait des bantoustans éclatés, non viables reliés par des tunnels et on appellerait cela l'Etat Palestinien.

Une classe politique nulle

Et les autres partis ? L'empressement d'Ehud Barak à rallier le parti travailliste à l'extrême droite n'a rien de surprenant. Rien ne les oppose sur le fond.

C'est Barak qui a imposé l'idée qu'il n'y a pas de partenaire de la paix et qu'il n'y a aucune alternative à l'écrasement du Hezbollah ou du Hamas. C'est Barak qui a convaincu les hésitants à l'idée d'une guerre sans fin. Son alliance rappelle les pires moments de la guerre d'Algérie quand les « socialistes » Guy Mollet, Robert Lacoste, Max Lejeune faisaient cause commune avec les militaires « pacificateurs » (les généraux Massu et Bigeard), les adeptes de la torture ou les futurs dirigeants de l'OAS. Le parti socialiste français a mis 20 ans à s'en remettre. Laminé aux dernières élections, le parti travailliste israélien risque de subir le même sort.

À sa gauche, le Meretz est dans l'impasse. Prisonnier du sionisme, il a échoué dans l'idée d'un « sionisme à visage humain » qui accepterait grosso modo un retrait sur les frontières d'avant 1967. De toute façon, cette frontière internationalement reconnue (la ligne verte) n'existe plus. Elle ne figure sur aucune carte israélienne. L'annexion n'est plus rampante, tout a été fait pour la rendre définitive. L'autoroute Tel-Aviv/Jérusalem traverse les territoires occupés à Latrun. De gigantesques entreprises s'installent en Cisjordanie occupée. Les ruines d'Hérodion ou de Qumran (Cisjordanie) sont devenues des parcs nationaux israéliens, la plus grande partie de Jérusalem-Est a été transformée en banlieue résidentielle. Les routes de contournement ont redessiné la carte de la Cisjordanie. Pour que la solution de « deux peuples, deux Etats » sur la base de la ligne verte existe, il faudrait que les 500 000 colons partent ou acceptent de devenir citoyens palestiniens. L'un comme l'autre sont devenus plutôt irréalistes. Faute d'avoir posé les questions essentielles (le colonialisme, l'égalité des droits), le Meretz n'a plus rien à proposer.

Du côté des religieux, ceux qui ont conservé méfiance ou aversion vis-à-vis du sionisme (comme le groupe Nétouré Karta) sont aujourd'hui très minoritaires. Ce qui a le vent en poupe repose sur une synthèse entre messianisme fanatique (« Dieu a donné cette terre au peuple juif »), nationalisme guerrier et racisme. Ainsi, le chef spirituel du Shass (parti séfarade religieux ayant 11 députés), le rabbin Ovadia Yossef, a pu déclarer que les Palestiniens étaient tous des serpents et que la Shoah était une punition divine contre les Juifs qui s'étaient mal conduits. Le franco-palestinien Salah Hamouri est en prison pour être soupçonné (sans preuves) d'avoir eu des intentions hostiles contre ce chef « spirituel » d'une autre époque. Les partis religieux rivaux ne valent pas mieux.

Ce qui unifie la classe politique israélienne, c'est la corruption.

Sharon et ses fils ont eu affaire à la justice. Ehud Olmert aussi, mouillé dans des affaires de permis de construire monnayés quand il était maire de Jérusalem, a dû démissionner. Nétanyahou lui-même a connu des moments d'éclipse. Lieberman est aujourd'hui poursuivi pour des détournements sur le financement des partis qui pourraient lui coûter son poste. Il y a deux ans, une membre de son parti, Esterina Tartman, a menti effrontément sur ses diplômes pour pouvoir devenir ministre des sciences (à la place d'un « Arabe » pressenti à ce poste). Elle a été poussée à la démission quand la vérité est apparue. Au moment du déclenchement de la guerre du Liban, le général en chef de l'armée Dan Halutz avait fait un délit d'initié en vendant toutes ses actions et en précipitant la chute (de 8%) de la Bourse de Tel-Aviv. Quand les dirigeants israéliens ne sont pas poursuivis pour détournements, ils le sont pour délits sexuels comme l'ancien président Moshé Katzav, accusé de harcèlement sexuel et de tentative de viol. Il n'y a rien à attendre de cette classe politique où le fric et l'individualisme sont devenus les valeurs dominantes. Il est peu probable que sorte de cette classe quelqu'un comme le Sud-Africain De Klerk, capable de négocier un compromis historique et de se projeter dans l'avenir. Rabin a payé de sa vie le fait d'avoir paru l'être.

Quel espoir ?

Les Palestiniens ont retenu de leur histoire tragique qu'il faut résister, ne plus partir.

On en est à la 4ème génération depuis la Naqba. Le rêve fou des sionistes, que les Palestiniens disparaissent en se fondant dans le monde arabe environnant ou qu'ils ne soient plus (à l'image des Amérindiens aux Etats-Unis ou des Aborigènes d'Australie) en situation de réclamer leurs droits n'est pas possible. En même temps, aucune paix juste ne sera possible tant que le projet sioniste sera à l'œuvre parce que ce projet a toujours reposé et repose sur la négation de la Palestine. Alors ?

Peu avant le carnage à Gaza, les élections municipales de Tel-Aviv avaient donné un résultat surprenant. La principale liste d'opposition était dirigée par un jeune membre du Hadash (le parti communiste) qui était refuznik (= objecteur de conscience) et antisioniste. Il y avait des Palestiniens de Jaffa sur cette liste qui a obtenu 36% des voix. Il semble que les jeunes aient massivement voté pour un refuznik (c'est un indice). Mais le score obtenu montre une aspiration à vivre « normalement » sans une guerre tous les deux ans, sans une mobilisation permanente, sans cette fuite en avant criminelle et suicidaire.

Tout Israélien qui réfléchit sait que la politique actuelle de destruction de la Palestine et de crimes répétés ne peut pas durer indéfiniment sans des conséquences très graves pour les Israéliens. Si la société israélienne prenait le temps de se retourner, elle aurait le temps de voir ses vrais problèmes : la violence, l'ultralibéralisme, l'effacement des identités, le militarisme, la segmentation, la perte des repères et des valeurs. Le dépassement du sionisme suppose de répondre à ces défis.

Mais pour quand ? Le temps passe, les crimes s'accumulent. Ce changement indispensable et cette rupture du « front intérieur » urgent.

Pierre Stambul (Bureau National de l'UJFP)

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php ?ar...